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Chassez les bernaches qui survolent les eaux

Campeau bernaches
Photo courtoisie Michel La Haye propose des approches performantes pour déjouer les bernaches.

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Depuis le 24 septembre, il est possible de prélever ces grandes migratrices que sont les bernaches ailleurs que sur les terres agricoles.

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Les outardes, comme on les appelle communément, en ont vu de toutes les couleurs du 6 au 23 septembre dans les champs, et elles commencent à être plus méfiantes face aux différents subterfuges mis en place par les nemrods. Un petit changement de décor est amusant et rehausse le défi.

Un connaisseur

Michel La Haye est un vieux routier dans le domaine des oiseaux migrateurs. En plus de fabriquer des appeaux et d’enseigner l’art de l’appel, il est propriétaire du service de guidage sauvaginemlh.com.

J’ai souvent entendu ce passionné parler des diverses facettes de la chasse aux bernaches lors de ses conférences. 

Il a souvent fait allusion au dortoir de jour. Je lui ai demandé de bien vouloir partager ses connaissances sur le sujet avec les lecteurs du Journal. Voici l’essentiel de ses explications.  

Mise en situation

Michel a guidé le canard pendant de nombreuses années au-dessus des grands plans d’eau du Québec et de l’Ontario. 

« Je m’arrangeais toujours pour être situé à la fois dans un bon endroit pour la passe du canard au petit matin et pour chasser la bernache plus tard durant la matinée. Je choisissais des emplacements magiques, des dortoirs de jour, comme je les appelle, où le gibier va et vient toute la journée », précise M. La Haye.

De manière générale, durant les arrêts qu’ils font au cours de leur migration, ces oiseaux se déplacent normalement entre deux points au quotidien, soit entre les aires de repos et les aires d’alimentation. 

Prospection

Le chasseur en quête de sensations fortes doit trouver les dortoirs. 

Il s’agit de sites de gagnage – ou d’attroupement, si vous préférez –, où les canards vont passer la nuit à l’abri des prédateurs, comme dans une grande baie ouverte ou un élargissement de rivière.

L’amateur doit aussi localiser les aires d’alimentation ou de gagnage secondaires comme les dortoirs de jour, où les oiseaux passent la journée en attendant de retourner à leur aire de bouffe en après-midi.  

Vous avez également intérêt à identifier les corridors de déplacement entre ces deux derniers sites. 

Différences 

Dans les terres agricoles, les canards sont moins enclins à effectuer de longs déplacements comme ceux des bernaches entre le site de gagnage quotidien et le dortoir de nuit. 

On retrouve donc plus fréquemment des canards dans ce type de milieu de repos diurne, contrairement aux bernaches qui préfèrent en général retourner au dortoir de nuit après chacune de leurs sorties. C’est ce que Michel surnomme un dortoir de jour.  

Près des grands plans d’eau, les bernaches vont plutôt fréquenter un dortoir de jour, souvent plus à découvert que ceux de nuit, avant de sortir aux champs à la fin de la journée et de retourner au dortoir de nuit au coucher du soleil. Les canards sont plus matinaux que les bernaches et certains groupes vont s’attrouper dans les mêmes dortoirs de jour que les bernaches. Par conséquent, vous pouvez effectuer une belle chasse mixte.

« Sauf en fin de saison, quand vous avez la certitude que ces dortoirs vont geler au cours des jours suivants, il faut éviter à tout prix de déranger les bernaches et les canards dans leur dortoir de nuit, sans quoi ils seront désorganisés et décideront probablement de continuer leur migration. N’oubliez pas qu’à nos latitudes, la majeure partie des populations de sauvagine ne sont que de passage à l’automne, en transit vers leurs habitats hivernaux », précise le guide expert. 

Préparation

Si vous ne souhaitez pas chasser des canards, vous pouvez attendre une heure après le lever du jour pour aller prospecter et dénicher votre site pour le lendemain, et parfois du jour même si de nombreuses bernaches fréquentent l’endroit. Vous pouvez aussi vous installer dans un tel emplacement en commençant par effaroucher les bernaches doucement avec votre embarcation, sans faire feu. 

Vous positionnez, ensuite, vos appelants, et camouflez votre chaloupe rapidement. Il ne vous reste qu’à attendre leur retour par petits groupes.  

Pour la chasse, si vous ne possédez pas de chien rapporteur, il est impératif de récolter les oiseaux interceptés efficacement, c’est même une obligation légale. Une embarcation de type chasseuse – souvent appelée duck boat –, entièrement camouflée, est idéale pour cette chasse.

Les appelants ont deux fonctions principales : attirer l’attention des bernaches au loin pour ensuite les inciter à se poser, puis survoler une zone de tir mortel avec le meilleur angle possible.  

Dans un dortoir de jour déjà fréquenté, quelques appelants flottants accompagnés d’une paire ou deux leurres de champ installés près de la rive feront l’affaire. Disposez-les en laissant beaucoup de distance entre les individus et les attroupements pour imiter des oiseaux au repos et en confiance. Formez trois petits groupes avec une ouverture au centre, directement devant votre embarcation ou votre cache.  

Si vous chassez plus à la passe dans un corridor de vol, disposez au moins quatre douzaines d’appelants flottants avec un bon nombre d’appelants de champ en rive. Vous pouvez ajouter quelques canards factices si vous désirez faire une chasse mixte. 


► Pour en savoir plus, visitez le site sauvaginemlh.com ou composez le 613 677-1705.

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