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Des cadres financiers dépassés

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Le temps est à la grande morosité financière. 

La Bourse accuse des baisses allant de 13 à 30 %, selon les indices. La valeur des obligations négociables et autres titres à revenu fixe a fondu de 10 à 19 %. Les taux d’intérêt ont augmenté plus de 3 points de pourcentage. Le prix des maisons risque de chuter de plus de 15 %. La croissance du PIB réel est de plus en plus faible. Le coût de la vie a explosé. 

Et la cerise sur le sundae ? Les probabilités d’entrer prochainement en récession sont très élevées. Pas seulement ici, mais également dans l’ensemble du Canada, des États-Unis, de l’Europe, etc., etc.  

Pendant ce temps-là, les chefs des partis politiques ont semé à tout vent les cadeaux électoraux dans le but de courtiser les électeurs.  

Dommage qu’il reste seulement deux jours avant la tenue du scrutin. Il aurait fallu se mobiliser pour exiger des cinq chefs de refaire leurs cadres financiers respectifs en fonction de la nouvelle réalité économique et financière.  

Les prévisions économiques sur lesquelles le ministre des Finances, Éric Girard, s’est basé pour préparer le Rapport préélectoral sur l’état des finances du gouvernement du Québec apparaissent aujourd’hui manifestement trop optimistes.  

Cela laisse présager que les revenus (taxes, impôts, etc.) figurant dans ledit Rapport préélectoral pour les cinq exercices allant de l’exercice 2022-23 à celui de 2026-27 sont probablement trop élevés.  

À la suite de la panoplie de cadeaux électoraux offerts par les partis politiques, il est évident que le solde budgétaire présenté dans les cadres financiers des partis ne tient plus la route puisque les revenus anticipés par tout un chacun seront inférieurs à leurs prévisions.  

L’IMPRUDENCE DE LEGAULT 

C’est fou braque ce que la plupart des partis politiques nous ont présenté comme hausses effarantes des dépenses gouvernementales.  

Cela dit, j’en veux plus particulièrement au premier ministre sortant, François Legault.  

Pourquoi ? Parce que lui, à la suite de tous les sondages, a 99,9 % de chances de rester au pouvoir, tellement il distance ses adversaires par de grandes longueurs.  

M. Legault et son trio économique, composé du ministre des Finances, Éric Girard, de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, et du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, avaient la responsabilité et le devoir de présenter un cadre financier de « bon père de famille », c’est-à-dire à la hauteur de nos moyens financiers.  

En accordant sur 5 ans des cadeaux électoraux de 25,7 milliards $, l’establishment du gouvernement sortant de François Legault a manqué de prudence en fragilisant les finances de l’État.  

LES LIBÉRAUX, PAS MIEUX... 

On va me dire que c’est pire avec les libéraux de Dominique Anglade alors que leurs engagements électoraux s’élèvent à 31,1 milliards $. 

La différence entre les libéraux d’Anglade et les caquistes de Legault ? Malgré le dynamisme de leur cheffe, les libéraux ont zéro chance de reprendre le pouvoir à la suite de la présente campagne électorale.  

Les libéraux auront eu beau promettre la lune, la masse des électeurs n’en a rien à foutre, politiquement parlant, et c’est pourquoi le Parti libéral lutte actuellement pour sa survie.  

Au nombre des engagements pertinents de Mme Anglade, notons « l’Allocation aînés » de 2000 $ par année non imposable qui serait versée aux 70 ans et plus qui ne sont pas en hébergement de longue durée. Coût de cette mesure : 10 milliards $ sur 5 ans. 

LA BONNE IDÉE PÉQUISTE  

Afin d’aider les ménages les plus mal pris avec la flambée de la hausse du coût de la vie, le Parti Québécois de Paul St-Pierre Plamondon a eu la brillante idée d’offrir cette année une allocation financière ponctuelle de 1200 $ aux personnes gagnant 50 000 $. Les gens gagnant de 50 000 $ à 80 000 $ auraient droit, quant à eux, à une allocation ponctuelle de 750 $. 

Cette allocation au pouvoir d’achat représente une dépense de 6,3 milliards $. S’ajoute à cela une dépense ponctuelle de 900 millions $ pour doubler le crédit d’impôt de solidarité qui s’adresse aux ménages à faibles revenus.  

Ce genre d’aide financière ponctuelle, que la CAQ offre également (600 $ aux personnes gagnant moins de 50 000 $ et 400 $ aux 50 000 $ à 100 000 $), m’apparaît nettement plus pertinente qu’une baisse d’impôt ou de taxes.  

LE CHOC CONSERVATEUR 

Le Parti conservateur d’Éric Duhaime se distingue des autres partis en offrant aux électeurs québécois de faire un immense ménage dans les finances de l’État.  

Au cours des cinq exercices budgétaires, les conservateurs de Duhaime mettraient la hache dans une foule de programmes gouvernementaux de manière à économiser au total la somme de 31,7 milliards $.  

Parallèlement à ces coupes drastiques, Duhaime promet de réduire les impôts et taxes de 24,4 milliards $.  

Résultat : de tous les partis, seul le Parti conservateur bouclerait les cinq exercices financiers en « meilleure » position budgétaire que dans le Rapport préélectoral.  

Q.$. 

Avec Québec solidaire et son co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois, les « riches » passeraient dans le tordeur de la fiscalité.  

Et avec QS, on entre dans la sélecte catégorie des « riches » dès que notre revenu franchit la barre des 100 000 $.  

Ces « riches » subiraient une ponction fiscale supplémentaire de 5,1 milliards $ au cours des quatre prochaines années.  

De plus, feront partie des « grandes fortunes et des grandes successions » tous ceux qui détiennent un actif net supérieur à 1 million $.  

Et pour aider un « gouvernement » de Québec solidaire à financer ses 36 milliards de dollars d’engagements électoraux, ces gens « fortunés » seraient assujettis à une nouvelle ponction fiscale qui rapporterait dans les coffres du gouvernement près de 10 milliards de dollars sur quatre ans. 

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