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La pénible ride de la CAQ

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On s’attendait à une ride facile, à la limite banale pour François Legault et la CAQ 

Des annonces ici et là, des promesses bien ciblées et un François Legault voguant vers le bonheur sur les magnifiques routes du Québec.

Tellement qu’au jour 2 de la campagne, le chef caquiste débarquait à Matane – alors seul espoir péquiste – pour promettre, tout sourire, de donner une ride à son « ami » Pascal Bérubé. 

Campagne hasardeuse

Alors, pourquoi cette campagne caquiste a été si difficile ?

N’avait-elle pas tout pour réussir ?

Un bilan enviable, des sondages positionnant le parti dans la stratosphère (25 points de plus que le PLQ en début de campagne !), des candidats vedettes, un chef à sa quatrième campagne électorale face à des chefs recrues, et un contexte propice à la stabilité politique. 

On a plutôt senti que le PM Legault avait hâte d’en finir. Comme s’il avait entouré la date du lendemain des élections dans son calendrier, plutôt que celle du jour des élections.

À sa défense, il n’est jamais facile pour un gouvernement d’aller chercher un deuxième mandat.  

Le gouvernement Marois, en 2014, et celui de Couillard, en 2018, se sont cassé les dents. Denis Coderre, quant à lui, les avait toutes perdues aux municipales de 2017.

Tout comme Lucien Bouchard et Jean Charest qui, même s’ils ont fini par gagner, ont perdu du mordant. C’est le même phénomène qui touche la CAQ aujourd’hui.

Le deuxième mandat maudit

Ce fut une campagne difficile, donc, car on ne sait toujours pas pourquoi la CAQ veut un deuxième mandat. 

On se questionne encore sur ce que la CAQ souhaite « continuer ».

En 2018, c’était clair : mettre fin au régime libéral et casser le moule constitutionnel.

En 2022, qu’est-ce que la CAQ a à offrir, mis à part la prudence et la gestion de la vie quotidienne ? 

Je veux bien un bouclier contre l’inflation, des baisses d’impôt, des chèques, des maisons des aînés, un troisième lien, la volonté d’un système de santé efficace, mais tout ceci rapiécé ne constitue pas un horizon. 

On est davantage dans un projet de réno, ici.

Et parfois, c’est même insaisissable. Sur l’immigration et l’indépendance, la CAQ affirme une chose et son contraire le lendemain. En environnement, elle se définit par la défense du statu quo et le rejet de QS et du PQ.  

Elle n’a été efficace que lorsqu’elle définissait ses adversaires : les taxes orange contre QS, la calculatrice égarée du PLQ, le Trump agitateur du PCQ et le référendum du PQ...

Normal, dira-t-on à la CAQ, quand on se fait attaquer de toutes parts.

Peut-être, mais je demeure convaincu que les difficultés caquistes à cette élection ne sont pas que de passage, elles relèvent d’autre chose. La CAQ n’a pas encore établi son offre politique pour les quatre prochaines années.

Téflon

Malgré tout, la CAQ se dirige vers une large victoire.

La campagne électorale ne montre qu’une légère érosion du vote caquiste, au profit du PQ. Une perte de cinq points pour la CAQ, une montée de six points pour le PQ, c’est à la fois beaucoup et peu lorsqu’on traduit ça en nombre de députés. 

Après deux ans de pandémie, il y a quelque chose de politiquement inachevé à la CAQ.

Reste à voir comment le gouvernement Legault évoluera.

Seulement se satisfaire du pouvoir, quand on bénéficie d’une telle confiance des Québécois, serait assurément tout un gaspillage.

Source : sondages Léger publiés depuis le début de la campagne électorale

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