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Legault a perdu la campagne

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François Legault remportera très probablement l’élection de lundi, mais il a perdu la campagne. Depuis le début, il a semblé nerveux, peu inspiré. Pourtant, rarement un chef n’a entamé une campagne en aussi bonne posture. 

François Legault s’est montré extrêmement malhabile sur l’enjeu de l’immigration, crucial pour la nation québécoise. Question qui semble l’obséder, mais que, paradoxalement, il ne maîtrise pas. Que ce soit par stratégie ou par ignorance, il risque d’avoir entaché le nationalisme dont il se dit pourtant fier porteur. Il n’a pas été à la hauteur de celui des Camille Laurin, Gérald Godin et René Lévesque, entre autres, pour qui le nationalisme impliquait la création d’un creuset québécois accueillant, en français.

Mauvaise campagne

On entend ces jours-ci que, malgré tout, Dominique Anglade a réussi à faire une « bonne campagne ». Admettons que, malgré les tuiles quotidiennes, la cheffe libérale resta imperturbablement souriante et énergique. État de déni assez normal pour une cheffe politique. Avait-elle d’autres choix, si elle voulait sauver les meubles et éviter que son équipe ne se démoralise ?

Reste que les sourires, les moments TikTok relèvent du cosmétique. Pour être qualifiée de « bonne », une campagne ne peut comporter une erreur de 16 milliards $ dans un cadre financier ; une évaluation totalement erronée de l’électricité nécessaire à un projet écologique phare ; une volte-face quasi totale sur un sujet aussi vital que la langue française. Le PLQ se cherche. Seul un vrai passage au purgatoire lui permettrait de se retrouver.

Climax orange ?

La campagne de 2018 s’était déroulée au ras des pâquerettes. Le PLQ n’avait pour projet de société, par exemple, que de « faciliter la vie des Québécois ». En 2022, QS et Gabriel Nadeau-Dubois ont osé faire des propositions hardies qui (qu’on soit d’accord ou non) ont élevé le débat : imposition des plus fortunés, achat de maisons par l’État ; plan climat. Même si le parti orange s’est professionnalisé, des fils pendent de certaines de ses propositions. Pour cette raison, l’expression « taxe orange » a collé. Pour vivre le « climax orange » que représenterait son accession au statut d’opposition officielle, il lui aurait probablement fallu se recentrer encore plus.

Cendrillon au ralenti

Le PQ et Paul St-Pierre Plamondon s’étaient autoproclamés « équipe cendrillon ». On dira qu’ils ne pouvaient que remonter. Mais PSPP a agréablement surpris, notamment dans les deux débats. Ce fut pour lui la meilleure manière de se faire connaître. Son programme a aussi surpris, notamment en environnement. Coup de pouce du sort, le désistement de la qsiste Rancourt permettra peut-être au chef d’être élu, ce qui paraissait totalement impossible il y a une semaine. En fin de campagne toutefois, le PQ est un peu l’arroseur arrosé, avec son voleur de dépliants dans Masson et ses candidats aux propos limites. Cela plombera peut-être son sprint final.

Parti de rien

Éric Duhaime a déjà beaucoup gagné : il a réussi à être intégré au système des partis du Québec. En cela, il doit beaucoup – voire tout – à Claire Samson. En plus, il a mené une campagne étonnante pour un parti parti de rien. Affichage omniprésent ; propositions multiples qui ont permis à la formation de se distinguer radicalement des autres. Certes, elles sont souvent caricaturales, comme celles sur la vitesse des VTT. Et comme certaines positions de certains de ses candidats.

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