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Legault n’est pas au bout de ses peines

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Si la victoire d’un gouvernement caquiste a consacré la fin du bipartisme en 2018, l’actuelle campagne indique que la transformation du paysage politique québécois se poursuivra inévitablement au lendemain de l’élection.

François Legault a ravi une majorité de Québécois en début de mandat. La Loi sur la laïcité, son discours sur la fierté retrouvée et sa proximité avec le peuple en ont fait un capitaine de gestion de pandémie à la cote de popularité stratosphérique.

Depuis, les choses ont changé.

La première semaine de campagne a été marquée par le dévoilement de ses engagements pour le portefeuille des Québécois. 

Mais ensuite, François Legault a rapidement paru agacé par le rythme du marathon ainsi que par les questions incessantes sur le troisième lien et l’immigration, pourtant alimentées par ses propres maladresses.

L’absence de véritables nouveautés dans le programme caquiste a aussi contribué à un essoufflement hâtif.

Au premier débat, tout le monde a constaté que le PM avait envie d’être ailleurs. 

Comme dans une relation entre deux amants devenue plus confortable que passionnée, les Québécois ont signalé au chef caquiste qu’ils étaient plus nombreux à lorgner une autre flamme, à travers des sondages devenus moins extatiques.

Dur deuxième mandat

Le chef caquiste n’est pas au bout de ses peines. 

Il aura à gérer un deuxième mandat en regardant constamment derrière son épaule, devant rester à l’affût des loups qui commenceront à jouer leurs cartes, publiquement et privément, pour prendre la succession du parti qu’il a fondé. La cohésion et la discipline seront plus difficiles à maintenir.

En entrevue éditoriale avec Le Journal samedi dernier, on avait du mal à le croire quand il affirmait qu’il « n’y a pas de clivage à la CAQ ».

Si son incapacité à faire des gains significatifs sur des enjeux cruciaux pour l’avenir du Québec auprès d’Ottawa persiste, Sonia LeBel et Bernard Drainville ne se retrouveront pas du même côté de la clôture sur laquelle ils se tiennent tant bien que mal en équilibre.

L’opposition morcelée

Pendant ce temps, le Parti conservateur d’Éric Duhaime, qui fera possiblement élire un député ou deux, profitera surtout de coffres remplis à la suite du suffrage exprimé, pour rêver à une plus grande percée en 2026.

Qu’on l’aime ou non, et bien que les mesures sanitaires à la base de son succès initial deviennent graduellement un souvenir plus lointain, ses propositions de droite ont leur place et pourraient rejoindre un public grandissant.

Des observateurs ont cru à la disparition du PQ au lendemain du 3 octobre, mais la remontée opérée par Paul St-Pierre Plamondon permettra au parti de se maintenir en vie. 

Le désistement forcé de la candidate solidaire dans Camille-Laurin pourrait faciliter l’élection de PSPP au détriment de la CAQ, et faire la preuve tangible que QS et PQ ont tout avantage à s’unir dans l’espoir de former un gouvernement en 2026.

Bien qu’il existe déjà des terrains d’entente sur certains thèmes, les positions diamétralement opposées des deux formations sur la laïcité et l’immigration seront difficiles à concilier.

Le Parti libéral du Québec, fédéraliste et multiculturaliste, pourrait-il alors accueillir des solidaires déçus ?

Pour assurer sa pérennité, il faudra bien que le parti de Jean Lesage et Robert Bourassa trouve d’autres clientèles que son noyau de l’ouest de l’île, sur lequel il risque d’être confiné au lendemain de l’élection.

Dominique Anglade a essayé tant bien que mal, mais ses virages étaient durs à suivre, et les cicatrices laissées par Philippe Couillard sont profondes.

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