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«Je suis tombée en amour avec le kayak» -Florence Hamel

Florence Hamel pourrait marcher dans les traces de sa mère, qui a pris part aux Olympiques en 2000

Florence Hamel
Photo courtoisie, Liza Racine Liza Racine (à gauche) et Florence Hamel (à droite) à la Régate des espoirs olympiques en 2021 en République tchèque.

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Olympienne en 2000, à Sydney, la kayakiste Liza Racine pourrait revivre la frénésie des Jeux alors que sa fille fait tourner des têtes et s’impose comme l’un des beaux espoirs canadiens.

Âgée de seulement 16 ans, Florence Hamel revient tout juste du championnat mondial junior (U-18) à Szeged, en Hongrie, où sa mère était présente elle aussi pour un boulot avec Kayak Canada.

Si elle pratique le kayak à temps plein depuis deux ans seulement, Hamel rame depuis sa tendre enfance. Elle fut initiée au kayak au chalet familial, en bordure du lac Sergent, dans Portneuf. 

« Je dormais dans la vieille chambre de ma mère au chalet où je pouvais voir toutes ses accréditations pour les grands événements et ses médailles des championnats canadiens et des PanAm. C’est maintenant à mon tour de compétitionner sur la scène internationale. »

« Dès mes débuts au lac Sergent, je suis tombée en amour avec le kayak, de poursuivre l’étudiante en cinquième secondaire du Collège Sainte-Anne, à Lachine. Quand je me suis jointe au club de Lachine, je suis retombée en amour encore plus. Nous avons un bon groupe d’entraînement et ça me motive encore plus. »

Les Olympiques dans sa mire

Hamel ne cache pas ses objectifs. 

« Je rêve depuis toujours de participer aux Jeux olympiques, raconte celle qui a pris part à la Régate des espoirs olympiques au cours des deux dernières années. C’est un but à long terme. En 2024 à Paris, je n’aurai que 19 ans et il y a une cohorte forte devant. C’est plus réaliste de penser aux Jeux de Los Angeles en 2028. »

La fille est-elle en avance sur la mère au même âge ? 

« Ce n’est pas comparable, débite Racine qui a raté les Jeux d’Athènes, en 2004, en raison d’une hernie discale. Je ramais tout croche à son âge et je n’avais aucune connaissance. Florence est de loin en avance sur moi. Je n’ai jamais fait les Jeux du Canada ou le mondial junior et ce fut long avant de mériter ma place au sein de l’équipe canadienne. »

Racine est heureuse de voir la progression de sa fille, mais elle est encore plus contente de son état d’esprit.

« Je trippe de la voir heureuse, exprime celle qui campait un rôle de réserviste à Sydney. Elle travaille fort, elle est passionnée et veut se dépasser. Ce désir de se dépasser dans le sport amène aussi le goût du dépassement à l’école. »

Conseils

Si elle ne s’immisce pas dans l’entraînement de sa fille, Racine s’assure que Florence s’amuse. 

« J’ai beaucoup souffert d’anxiété de performance au cours de ma carrière et je veux m’assurer de partager le plus possible cette expérience. La gestion de la santé mentale est très importante. Je m’assure qu’elle s’amuse et qu’elle pratique le kayak pour les
bonnes raisons. »

En préparation pour le mondial junior, Racine a entraîné Florence une semaine, mais elle a laissé toute la place aux entraîneurs de l’équipe canadienne au moment de la compétition.

« Je me suis effacée, image Racine. On a créé une coupure saine. C’est important qu’elle développe une relation avec ses entraîneurs. En plus de veiller sur sa santé mentale, ma responsabilité est de m’assurer qu’elle mange bien et qu’elle évite les blessures. Au club de Lachine, elle est entre bonnes mains. »

Précieux conseils

Difficile de diriger un athlète dont un parent a évolué au plus haut niveau ? 

« Ça dépend quel parent, souligne l’entraîneur-chef du club Lachine, Dominic Gomez. Dans le cas de Liza, elle me fait confiance et c’est facile. Elle a plus d’expérience que moi et je peux apprendre d’elle. Mon père [Franck] qui dirige l’équipe du Québec peut me donner un coup de main si j’ai besoin d’aide. »

Florence n’hésite pas à consulter sa mère.

« La veille des compétitions, je peux être très anxieuse et c’est le fun que ma mère puisse me partager son vécu, confie-t-elle. Elle peut me comprendre. Je suis très autonome, mais la présence de ma mère après une mauvaise course est rassurante. Je peux m’ouvrir totalement. » 

Florence Hamel impressionne son entraîneur 

À seulement 16 ans, la kayakiste s’est qualifiée pour les mondiaux juniors

Florence Hamel et sa partenaire Alina Tverie au championnat mondial junior en K-2 500m.
Photo courtoisie, Liza Racine
Florence Hamel et sa partenaire Alina Tverie au championnat mondial junior en K-2 500m.

La jeune athlète a fait sauter des barrières en se qualifiant dès l’âge de 16 ans pour le championnat mondial junior.

Son potentiel était perceptible, mais elle gravit les échelons plus rapidement que prévu.

« Je voyais bien son potentiel à l’entraînement alors qu’elle battait les garçons, mais c’est impressionnant et rare qu’une fille de 16 ans se qualifie pour les mondiaux qui sont réservés aux athlètes de 18 ans et moins, raconte son entraîneur au club de Lachine, Dominic Gomez. Les rares fois qu’une fille de 16 ans se qualifiait, elle le faisait par la peau des fesses. »

« La sélection de Florence était évidente, de poursuivre Gomez. Elle a gagné facilement sa place. Je voyais qu’elle était une bonne courseuse, mais elle m’a impressionné en course. Elle possède encore deux ans d’admissibilité chez les juniors. »

En remportant l’épreuve du K-2 500m en compagnie d’Alina Tverie lors des Essais nationaux, en plus de finir au deuxième rang en K-1, la kayakiste montréalaise a obtenu son billet pour la Hongrie. À Szeged, Hamel a remporté la Finale B en K-2 500m et pris le troisième rang de la Finale B en K-4 500m.

« Sa septième place en K-1 à la Régate des espoirs olympiques, c’est très bon, indique Gomez. La prochaine étape est qu’elle se qualifie de nouveau pour les mondiaux, ce qui n’est pas encore fait même si les chances sont très bonnes. L’an prochain, on pensera aux performances et à un podium à sa dernière année junior. »

Hamel a goûté son expérience. 

« Ce fut vraiment une belle expérience en Hongrie d’affronter des filles plus vieilles, souligne-t-elle. Je veux continuer de courir sur la scène internationale. Parce que le championnat mondial U-23 se déroulait au même moment, j’avais hâte de voir certaines filles que je considère comme des modèles et qui avaient participé au mondial senior plus tôt dans l’été à Halifax et leur parler. »

Développement

Liza Racine veut s’assurer que sa fille ne sautera pas d’étapes. 

« Pour le moment, la priorité est qu’elle gagne en force et non pas qu’elle accumule les kilomètres sur l’eau, explique-t-elle. Les camps en Floride sont une bonne chose, mais c’est important de ne pas la brûler. C’est une étudiante avant tout. »

Racine s’inspire de la philosophie prônée par Louis Bouchard, qui a dirigé le fondeur Alex Harvey pendant toute sa carrière. 

« Louis priorise l’être humain et j’adore sa vision. Ça ne donne rien de développer des machines à scorer. Quand un athlète est performant surtout à cet âge, il faut préserver l’équilibre. »

L’aide du paternel

Gomez abonde dans le même sens. 

« Je ne vois pas l’utilité de passer de longs camps en Floride à cet âge, indique-t-il. Il faut y aller pour une plus courte période afin de donner le goût d’y retourner. Il ne faut pas qu’elle perde le goût de ramer. »

Au club de Lachine, Hamel peut compter sur les conseils de Dominic Gomez, mais aussi sur la présence du paternel Franck Gomez, qui est l’entraîneur-chef de l’équipe du Québec. 

« Team Gomez, c’est le meilleur des deux mondes, résume-t-elle. Je suis vraiment, vraiment chanceuse. »

Le fils peut profiter de l’expérience du paternel. 

« Au même âge, Florence enregistre les mêmes performances qu’Émilie Fournel qui a participé à trois Jeux olympiques [2008, 2012 et 2016]. Mon père a entraîné Émilie et on peut tracer des comparatifs. » 

Une expérience multisport profitable 

Pas plus tard qu’il y a deux ans, le hockey sur gazon était le sport de prédilection de Florence Hamel.

La kayakiste de 16 ans s’est initiée au hockey sur gazon quand la famille a déménagé à Oakville en banlieue de Toronto, en 2011, alors qu’elle n’était âgée que de cinq ans. Florence ne voulait pas jouer au soccer, et Liza souhaitait que sa fille pratique un sport collectif.

Quelle ne fut pas la joie de la jeune fille quand sa famille a déménagé en Angleterre en 2019 pour des raisons professionnelles ! 

« C’est gros le hockey sur gazon en Angleterre, raconte Florence. C’est l’un des principaux sports pour les filles. J’aime beaucoup gagner ou perdre en équipe. En kayak, je retrouve aussi cette facette dans les bateaux d’équipe en K-2 et K-4. »

Déménagement

En raison de la pandémie, la famille est rentrée à Montréal en juin 2020. Bien plus que le déménagement, la jeune fille a dû faire une croix sur le hockey sur gazon, qui n’est pas pratiqué dans la métropole. Elle s’est alors inscrite au club de kayak de Lachine, sport auquel elle consacre maintenant toutes ses énergies et tous ses efforts.

« Même s’il y avait eu du hockey sur gazon à Montréal, je pense que j’aurais fait du kayak, souligne-t-elle. J’ai grandi en pratiquant plusieurs sports [soccer, natation, ski de fond, kayak et hockey sur gazon]. J’ai développé une grande ouverture et mes capacités athlétiques. »

Pour Liza Racine, qui a grandi dans le kayak et qui enseigne l’éducation physique dans une école secondaire, il était essentiel que ses deux enfants découvrent le multisport.

« Nos deux enfants ont suivi à la lettre ce que les jeunes devraient faire en pratiquant plusieurs sports, explique-t-elle. Jusqu’à 14 ou 15 ans, c’est important de toucher à plusieurs sports. C’est une fondation pour la vie, peu importe ce que tu vas faire plus tard. Les acquis se transposent dans ton sport principal au moment où tu te spécialises. »

Entraîneur de Hamel, Dominic Gomez constate plusieurs avantages dans le parcours sportif de sa protégée. 

« Le désir d’y aller fort, d’en mettre beaucoup et l’intensité sont des aspects qui viennent du hockey sur gazon, explique-t-il. C’est souvent plus long de développer ce désir de vaincre chez des filles qui n’ont fait que du kayak. Son cardiovasculaire est aussi très développé. »

« J’encourage mes athlètes à pratiquer plusieurs sports, d’ajouter Dominic, dont le père, Franck, est l’entraîneur-chef de l’équipe du Québec. C’est facile de lui enseigner la technique parce qu’elle est en contrôle de son corps. »

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