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La consigne pour simplifier le zéro déchet

Une PME estime avoir éliminé neuf tonnes de déchets

Laurent Rochat
Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

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Une entrepreneure québécoise veut éliminer 25 tonnes de déchets d’ici 2024 tout en permettant à ses clients de voir en temps réel les emballages retranchés grâce à la consigne.

« Je veux repenser le système de distribution alimentaire et montrer que la consigne, ça fonctionne et c’est rentable », lance Lauren Rochat, fondatrice de BocoBoco, le premier commerce en ligne québécois d’épicerie zéro déchet. 

La jeune entreprise montréalaise a obtenu plusieurs distinctions cette année pour son modèle d’affaires innovant basé sur l’économie circulaire : la Bourse d’honneur de PME Montréal, une bourse de recherche par Adopte Inc., et un investissement de près de 400 000 $ par Recyc-Québec.

Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à souhaiter consommer de manière responsable. D’après une étude publiée par Capterra le mois dernier, 87 % des consommateurs canadiens préfèrent acheter des produits d’entreprises ayant des pratiques d’économie circulaire. 

DES TONNES DE DÉCHETS ÉLIMINÉS

Mais les options offertes répondent difficilement au besoin, d’après Mme Rochat. Les épiceries traditionnelles offrent des produits emballés et génèrent du gaspillage alimentaire. Et les options de rechange zéro déchet demandent au consommateur d’apporter ses propres contenants dans différents commerces. 

Pour simplifier le zéro déchet, la jeune femme décide en 2019 de se tourner vers la consigne. Chez BocoBoco, le client fait sa commande d’épicerie en ligne et reçoit le tout chez lui dans des contenants consignés. Il n’a qu’à remettre les contenants à la prochaine livraison.

Mme Rochat voit la consigne comme un modèle d’affaires vert et gagnant. « Que tu sois un consommateur zéro déchet ou pas, tes bouteilles de bière, tu les rapportes à l’épicerie. Si tout était consigné, il n’y aurait plus de déchets », soutient-elle.

Après trois ans d’existence, la PME a réalisé sa première étude d’impact au printemps et estime avoir éliminé neuf tonnes de déchets. Avec l’appui de Recyc-Québec notamment, BocoBoco se lance maintenant dans une phase de croissance et souhaite pousser le défi à 25 tonnes éliminées dans les deux prochaines années. 

Pour cela, elle a emménagé cette semaine dans de nouveaux locaux et lancé un nouveau site internet. Ce dernier permettra au client de voir en temps réel l’économie de déchets réalisée, une première. 

L’entreprise estime qu’une famille de deux enfants qui fait son épicerie en ligne chez BocoBoco éliminerait 42,6 kg de déchets par an.

UN MODÈLE INNOVANT

Le modèle d’affaires basé sur la consigne représente un « défi logistique » : il faut mettre les portions dans les contenants, gérer le lavage, procéder au remboursement, et avoir un système de livraison permettant le ramassage. Mais « c’est possible et rentable », assure la femme d’affaires.

Elle mise sur l’automatisation pour réduire l’impact des tâches additionnelles. Et ses choix d’affaires présentent des avantages financiers importants. La vente en ligne minimise les coûts de personnel et immobiliers. Et la politique zéro déchet de la PME ne s’arrête pas aux emballages. La patronne vise aussi zéro perte. 

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