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Bienvenue à l’ère Legault

François Legault doit tout d’abord sa deuxième victoire majoritaire à lui-même.
Photo Didier Debusschère François Legault doit tout d’abord sa deuxième victoire majoritaire à lui-même.

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La victoire de la Coalition avenir Québec est décisive. 90 sièges sur 125 pour 41% des voix. Une véritable aubaine. Notre mode de scrutin dépassé en situation nouvelle de multipartisme l’explique en partie. 

La fragmentation de l’opposition en quatre partis est providentielle pour la CAQ. Cela dit, François Legault doit tout d’abord sa deuxième victoire majoritaire à lui-même.

Sa popularité auprès de la presque moitié des francophones est en effet tenace. Sa campagne clientéliste opposant Montréal aux régions et la majorité à l’immigration, l’a aussi aidé à solidifier sa base.

S’il promet maintenant d’être le premier ministre de « tous les Québécois », c’est justement parce qu’il doit rebâtir des ponts qu’il a lui-même ébranlés.

La continuation de l’ère Legault confirme aussi la disparition de l’axe fédéraliste-souverainiste. Dès sa fondation en 2011, la CAQ proposait d’ailleurs une vision « ni souverainiste ni fédéraliste, mais nationaliste ».

Victimes du réalignement

Sans surprise, à l’élection de 2018, le Parti québécois et le Parti libéral du Québec, porteurs de l’axe fédéraliste-souverainiste, en furent les premières victimes.

Les résultats de lundi soir s’inscrivent dans le même réalignement des planètes politiques. Car derrière les sourires de la cheffe libérale Dominique Anglade et du chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, se cachent des résultats désastreux.

Mme Anglade a sauvé les meubles de l’opposition officielle, mais son parti est désavoué par plus de 90% des francophones. C’est pourquoi la cheffe libérale risque éventuellement de voir son leadership contesté.

M. St-Pierre Plamondon a mené la meilleure campagne. Il a remporté miraculeusement sa circonscription. À 14,6% des voix, il a presque doublé les appuis au PQ en quelques semaines. Un exploit en soi.

Il s’est même gagné le respect des Québécois, péquistes ou non. Bref, PSPP a sauvé son leadership. Son caucus est cependant réduit à trois députés. Pour mener bataille à l’Assemblée nationale, c’est vraiment très peu.

Avec 11 sièges et 15% des voix, Québec Solidaire et son chef Gabriel Nadeau-Dubois ont sauvé leurs propres meubles. GND a toutefois échoué à ravir au PLQ son statut d’opposition officielle.

Des eaux clémentes

QS n’en sortira pas blessé mortellement pour autant. Après tout, mieux vaut faire du sur-place que de reculer.

Quant au premier ministre François Legault, même si les seconds mandats sont souvent houleux, pour le moment, son navire profite d’eaux particulièrement clémentes.

Sa victoire est claire. Son équipe, avec plusieurs nouvelles recrues de qualité, lui donnera la chance de se composer un conseil des ministres renouvelé.

Face à lui, le PQ sort fier de sa campagne, mais il poursuit son déclin. Le PLQ, boudé par la plupart des francophones fédéralistes, vogue vers d’inévitables dissensions internes.

GND s’impose comme la véritable antithèse au premier ministre Legault, mais dans la réalité des choses, son parti est peu menaçant pour la CAQ.

À 13% des voix et zéro siège, les conservateurs d’Éric Duhaime sont les plus malmenés du lot. Tenir le coup jusqu’en 2026, sans chef élu ni caucus, s’annonce ardu.

Le tout pendant que M. Legault, même s’il parlait hier d’une possible réforme parlementaire, n’a pas la moindre intention de réformer le mode de scrutin.

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