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Un fiscaliste aurait harcelé intensément une patronne

La supérieure chez Deloitte a eu peur au point d’embaucher de la sécurité

Philippe Dubé harcèlement
Photo courtoisie Le fiscaliste Philippe Dubé, qui était employé de Deloitte avant de perdre son emploi, est accusé de harcèlement envers une supérieure dont il serait tombé amoureux.

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Un ex-fiscaliste de Deloitte est accusé de harcèlement extrême envers une supérieure dont il serait tombé amoureux, au point où la firme a même dû embaucher des agents de sécurité pour la protéger.

«Il n’a pas arrêté pendant 15 mois. Il s’est fait envoyer une mise en demeure, mais il a continué. La victime avait tellement peur qu’à plusieurs reprises, elle a dû aller dormir chez des amis. Elle craignait pour sa sécurité au point que des agents ont été embauchés pour monter la garde chez elle», a expliqué Me Patrick Lafrenière à l’ouverture du procès de Philippe Dubé, mardi, au palais de justice de Montréal.

L’homme âgé de 30 ans aurait commis ses crimes à partir de l’été 2020, quelques mois après avoir été embauché par la firme Deloitte en tant qu’analyste en fiscalité des entreprises. 

Il avait alors été placé dans une équipe spécialisée dans ce domaine, mais rapidement, il serait tombé amoureux d’une supérieure.

«Tu me vires à l’envers pis j’arrive pas à me contrôler en ta présence», aurait dit l’accusé à la femme après des jours à la regarder de façon contemplative au bureau.

Mal à l’aise, celle-ci se serait forcée à rester professionnelle, tout en lui expliquant que leur relation en était une de travail uniquement. 

Suivie à l’épicerie

Cela n’aurait toutefois pas fait l’affaire de l’accusé, qui aurait même déjà suivi la supérieure pendant qu’elle allait faire l’épicerie.

«J’étais allée faire des commissions et quand je me suis mis en file, même pas dix secondes après, il est arrivé derrière moi, a-t-elle témoigné, mardi. Je trouvais que c’était un drôle de hasard, il ne savait pas où j’habitais, je ne lui avais jamais dit où j’allais ni à quelle heure.»

Or, celle dont l’identité est protégée par une ordonnance de la Cour dit avoir découvert que cela n’était peut-être pas fortuit. Lors d’une discussion, elle a raconté avoir appris que Dubé s’était mis en tête que c’était elle qui lui avait donné rendez-vous.

Lors de cette rencontre, il l’aurait alors accusée de «jouer avec ses sentiments, sa tête et son cœur».

Inondée de messages

Dubé aurait finalement perdu son emploi. Mais cela ne l’aurait pas empêché de harceler la femme en l’inondant de courriels, de messages textes, de photos et même de vidéos. 

Elle aurait ignoré tous ces messages pendant un an, mais cela n’aurait pas freiné Dubé. Pire encore, il se serait mis à croire qu’elle avait été embauchée spécifiquement pour le séduire, selon la preuve que la Couronne compte présenter.

«Il croyait qu’il y avait une conspiration de Deloitte contre lui», a expliqué Me Lafrenière au jury, en ajoutant que l’accusé était même allé jusqu’à communiquer avec la mère de la victime, même si elle n’avait rien à voir dans toute cette affaire.

Excédée, la victime aurait finalement répondu aux messages de Dubé pour l’implorer d’arrêter, mais ce dernier n’a pas semblé vouloir accepter.

«C’est à vie», lui aurait-il indiqué.

Le procès, présidé par la juge Myriam Lachance, est prévu pour environ un mois.

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