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Marchand ramollit

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À quelques reprises ces derniers mois, Bruno Marchand n’a pas mâché ses mots envers le gouvernement Legault. On aurait dit, hier, que les résultats de l’élection au Québec lui avaient soudainement fait réaliser qu’il était peut-être allé trop loin.

Concernant le troisième lien, le maire de Québec avait déclaré, en mai, que le gouvernement Legault tenait un discours «populiste dangereux» et utilisait des arguments fallacieux sur la question de l’étalement urbain. 

Plus récemment, le maire a avisé que sans étude, il n’était pas question de faire le «petit train» derrière Legault. On ne passerait pas sur le corps de la Ville...

Cet été, il avait fait sourciller en déclarant au Journal qu’il s’attendait à «un rebrassage de cartes» pour la Capitale-Nationale, après l’élection. 

  • Écoutez l'édito de Karine Gagnon à l'émission de Richard Martineau diffusée chaque jour en direct 8 h 30 via QUB radio :

Visibilité du maire 

Ces sorties assumées pouvaient tout à fait se justifier, étant donné l’attitude du gouvernement et des élus caquistes de la région envers la Ville, dans différents dossiers. Elles ont valu à M. Marchand une importante visibilité. 

Comme d’autres nouveaux maires, l’élu s’est vu identifier par plusieurs observateurs comme une forme d’opposition officieuse au prochain gouvernement caquiste.

Le rapport de force potentiel des maires et mairesses est effectivement indéniable, face à des partis d’opposition qui vivotent.

Hier, avant la séance du conseil municipal, le maire donnait cependant l’impression de s’être ramolli, pour ne pas dire écrasé.

Statu quo

À propos du troisième lien, M. Marchand affirme qu’il ne peut pas dire au gouvernement qu’il est interdit de creuser. Il veut toujours des données, mais fait confiance au gouvernement, et est «obligé d’entendre le résultat de l’élection». 

Le résultat n’a pourtant pas bougé, puisque c’est le statu quo par rapport aux élections de 2018. Quant au troisième lien, il n’a pas davantage été justifié et aucune étude n’a encore été dévoilée.

Puis, sur toutes les tribunes, M. Marchand répète que les villes ne peuvent pas être l’opposition, car cela équivaudrait à négocier avec son banquier. Il l’a fait encore hier. 

En jouant la carte collaborative sur le tard, et sur des bases nébuleuses, le maire de Québec affaiblit son rapport de force. Et démontre son manque d’expérience en politique.

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