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Travailleurs étrangers temporaires: la lenteur «immonde» du fédéral freine les entreprises du Québec

Catryn Pinard
Photo Francis Halin La PDG de Nationex, Catryn Pinard, a trouvé le processus d’embauche de travailleurs étrangers temporaires complexe parce que les délais se prolongent toujours.

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Alors que le premier ministre Justin Trudeau écarte l’idée de donner plus de pouvoir en immigration au gouvernement du Québec, nos entreprises n’en peuvent plus d’attendre leurs travailleurs étrangers temporaires à cause du fédéral.

«On devait avoir les premiers en novembre ou décembre 2021, et on les attend toujours. C’est vraiment problématique», déplore Catryn Pinard, PDG de Nationex, une entreprise familiale longueuilloise de 600 employés.

«Ce sont une dizaine de manutentionnaires de nuit ou de soir syndiqués payés entre 20 $ et 22 $ l’heure», poursuit la dirigeante de l’entreprise de transport de colis avec une vingtaine de centres de tri au Québec et en Ontario.

À 175 kilomètres de là, à la Scierie St-Michel, à Saint-Michel-des-Saints, on se demande pourquoi Ottawa n’a pas vu la vague venir dans son rétroviseur.

«Ils n’ont pas vu assez d’avance ce qui s’en venait. On a le manque de main-d’œuvre en pleine face», image René Gouger, surintendant aux ressources humaines à la scierie de 125 employés syndiqués et 45 cadres.

Catryn Pinard
Photo courtoisie

«En région éloignée, c’est encore pire pour nous», soupire l’homme de la MRC de la Matawinie, rencontré hier au Salon de l'emploi Événement Carrières de Montréal..

Mexicains, Tunisiens, Français

Dans l’usine, il peut déjà compter sur quatre Mexicains pour les travaux journaliers, six Tunisiens en électromécanique et trois Français en travail-études, mais il en voudrait bien plus pour rouler à plein régime.

D’après René Gouger, il faudrait d’urgence que les demandes de métiers spécialisés soient plus courtes puisque c’est souvent ce type de poste-clé qui va «sauver une entreprise».

«Si on n’a pas de personnes pour réparer les machines, la scierie ne fonctionne pas. Les machines vont être déréglées», résume-t-il.

Pour Rachel Mance, directrice des ressources humaines de l’américaine Emballages Hood, les délais deviennent si longs que le recours aux travailleurs étrangers est tout simplement hors de portée.

Catryn Pinard
Photo courtoisie

«Le délai pour le permis de travail, en ce moment, il est immonde», souffle celle qui fait des pieds et des mains pour recruter des travailleurs à son usine de Saint-Léonard de 140 employés et à celle d’East Angus de 80 travailleurs.

«L’investissement est un jeu qui ne vaut pas la chandelle vu que ça prend entre six mois et un an et demi avant de les avoir», affirme-t-elle. 

Dans l’industrie, on doit payer environ 10 000 $ par travailleur lorsque l’on fait affaire avec une firme externe. Certaines n’ont pas les reins assez solides.

Emploi et développement social Canada (EDSC) n’a pas été en mesure hier de fournir des détails sur l’attente des demandes de travailleurs étrangers.

En avril dernier, plus de 13 179 dossiers de travailleurs étrangers temporaires étaient toujours en attente, avait confirmé le fédéral au Journal.

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