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L’inclusion, ce n’est pas seulement une tendance

Kim Auclair, consultante en communication Web, Québec
Photo Agence QMI Kim Auclair, consultante en communication Web, Québec

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La surdité est un handicap invisible dont on parle peu dans le monde des affaires. Pourtant, selon Audition Québec, les statistiques dénombrant les personnes atteintes de problèmes auditifs au Canada ne cessent de croître et touchent une population de plus en plus jeune.

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Dans un contexte où la pénurie de main-d’œuvre est présente, l’embauche, l’intégration et le maintien à l’emploi des personnes sourdes et malentendantes s’imposent plus que jamais comme une nécessité. Et c’est la même chose pour tous les handicaps.

Je suis née avec une surdité de sévère à profonde aux deux oreilles. Mon oreille gauche n’entend pas. J’ai porté un appareil auditif à l’oreille droite jusqu’au 17 septembre 2019. Soit la date de mon opération pour avoir un implant cochléaire.

Jamais je ne me suis sentie handicapée. C’est la société qui me rappelle mes défis de communication.

Obstacles

Dans les années 2000, par exemple, je n’osais pas afficher ma surdité sur un C.V. par peur de ne pas être convoquée en entrevue. Et lorsque c’était positif, je ressentais des préjugés de la part de l’employeur. J’ai finalement décidé de me lancer à mon compte dans le monde des communications. De nouveaux obstacles ont toutefois vu le jour. Je lis sur les lèvres et j’avais peur de ne pas paraître professionnelle en faisant répéter les gens au téléphone.

Parler de ma surdité comme je le fais aujourd’hui a été un long processus. J’ai commencé à le faire un peu avant d’avoir mon implant cochléaire. Et il y a eu la pandémie qui a facilité les choses. Les rencontres Zoom m’ont évité plusieurs appels téléphoniques. Les difficultés que j’ai rencontrées avec le masque m’ont aussi donné le goût de collaborer avec des acteurs pour créer des outils de communication visant à sensibiliser les employeurs aux réalités des personnes sourdes et malentendantes, car plusieurs entreprises ont commencé à vouloir être plus inclusives.

Mais une chose m’inquiète au moment d’écrire ces lignes. C’est que ces entreprises voient l’inclusion comme une tendance. J’ai peur qu’elles ne posent pas d’actions durables dans le temps. Mon handicap est invisible et ça m’est souvent arrivé que les personnes du service à la clientèle oublient les stratégies de communication que je propose après avoir mentionné ma surdité.

Vaincre les préjugés

Je profite donc du mois d’octobre, qui est le Mois de la sensibilisation à l’emploi des personnes handicapées, pour rappeler aux employeurs que de nombreux outils existent pouvant diminuer leurs préjugés et leur montrer que les adaptations à faire sont moins coûteuses qu’ils le pensent. Je parle évidemment pour ma cause, mais mon message s’applique aussi pour tous les handicaps. Invisibles ou pas. 

Kim Auclair, Consultante en communication web, Québec

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