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Mariana Mazza: «Ma mère, c'est une osti de Jedi»

Dans son récit «Montréal-Nord», l'humoriste revisite son enfance dans un quartier défavorisé.

Mariana Mazza
Photo courtoisie, Jimmi Francoeur Mariana Mazza

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Artiste aux multiples talents, l’humoriste Mariana Mazza prouve qu’elle a également un don pour l’écriture dans son premier livre, Montréal-Nord. Dans ce récit autobiographique croustillant, drôle, tendre, sensible, émouvant, elle revisite ses souvenirs d’enfance dans le quartier Montréal-Nord auprès de sa mère immigrante et de son grand frère. Une voix authentique, un hommage à l’univers où elle a grandi et aux gens ordinaires... rendus extraordinaires par leurs qualités humaines, leur sens de la communauté, leur solidarité.

• À lire aussi: Mariana Mazza lance son roman Montréal-Nord

Mariana Mazza, une humoriste énergique, audacieuse, connue pour son franc-parler, montre aussi sa grande sensibilité dans Montréal-Nord. Les thèmes qu’elle aborde, comme l’identité, l’appartenance, la force des liens familiaux et de l’amitié, sont à la fois intimes et universels. Nul doute que plusieurs personnes de sa génération, qui ont grandi à Montréal-Nord, trouveront écho dans ce qu’elle partage.

Mariana se livre avec transparence. Elle fait connaître ses rêves, ses peurs, ses aspirations, ses observations, ses questionnements. Elle décrit son quotidien auprès d’une mère monoparentale qui cumule les emplois pour joindre les deux bouts. Elle parle de sa famille, du quartier où elle a vécu, des familles immigrantes qu’elle a côtoyées, des enseignants qui l’ont soutenue et inspirée, des lieux mythiques qu’elle a fréquentés, comme le Club argentin et le cinéma Langelier. Elle le fait avec tellement de talent qu’on veut tout savoir, tout lire, d’un coup.

  • Écoutez l'entrevue avec Mariana Mazza à l’émission de Sophie Durocher diffusée chaque jour en direct 15 h 18 via QUB radio : 

«J’ai toujours voulu raconter ce que j’ai vécu parce que j’ai toujours trouvé que ce que j’ai vécu, ce n’était pas une vie ordinaire. C’était une vie quand même assez banale, mais qui est tout sauf banale, en même temps», confie-t-elle en entrevue. 

La lecture du livre de Caroline Dawson, Là où je me terre, lui a donné l’élan nécessaire pour se lancer.

Sa mère, une «Jedi»

Se replonger dans son enfance, avec le recul, lui a fait du bien. 

«C’est un regard très honnête. Je suis très fière d’où je viens. Je suis très contente de ce que j’ai vécu. Et quand j’y pense, je me rends compte que j’ai très bien agi parce que j’aurais pu l’échapper, confie-t-elle. Je me rends compte que c’était une belle enfance.»

«En écrivant ce livre, je me rends compte à quel point ma mère est une osti de battante. Je l’ai toujours su, mais en l’écrivant, j’ai réalisé que c’est vrai qu’elle n’était pas beaucoup à la maison. Mais elle n’était pas en train de faire le party. Elle était en train de travailler. Ma mère, c’est une osti de Jedi.»

«Je me suis rendu compte à quel point j’étais débrouillarde. Je n’étais vraiment pas malheureuse. C’était chill

Malgré les difficultés, malgré un milieu défavorisé. 

«Je n’étais pas toute seule. Et j’étais dans les moins pires.»

Le livre, elle l’a écrit avec beaucoup d’amour... et de travail, sous la gouverne de son éditeur, Stéphane Dompierre. 

«Beaucoup plus de gens qu’on pense ont vécu ce genre d’enfance. Et beaucoup de gens pensent qu’ils sont seuls à l’avoir vécue. Beaucoup de gens disent que leur mère n’était pas là, que leur mère était poquée, qu’ils ont été seuls... mais non. Non seulement vous n’étiez pas seuls... mais vous n’étiez pas seuls à l’avoir vécu.»

Elle parle avec fierté de ses racines, de sa culture. 

«Je pense que ça va faire comprendre à ben du monde qui sont jamais sortis d’ici, ou à bien des Québécois qui habitent au Québec et qui n’ont pas eu beaucoup de contacts avec des gens issus de l’immigration, à quel point c’est tellement riche. On était pauvres... mais tellement riches en même temps.»

  • L’humoriste québécoise d’origine libano-uruguayenne Mariana Mazza est née à Montréal-Nord en 1990.
  • Lauréate de l’Olivier de l’année en 2017 et en 2022, elle est la seule femme à avoir remporté ce prix.
  • Elle est également autrice, actrice, animatrice et artiste peintre et exprime sa créativité sous de multiples formes.
  • Il y aura une suite à ce premier tome.

EXTRAIT

«Notre balcon arrière donnait sur une descente de garage et une rue peu passante. Le garage appartenait au propriétaire de l’immeuble et ne servait à personne. L’hiver, quand la neige s’accumulait dans la descente, on tapait un petit chemin avec nos bottes et on glissait avec un crazy carpet vers la porte du garage inoccupé. C’était assez à pic. On prenait une vitesse impressionnante pour le peu de distance et il fallait freiner très vite avec nos pieds au risque de nous défoncer le crâne sur la porte de bois.»

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