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Restauration: du plomb dans l’aile pour Le 737

L’entreprise d’avion-restaurant se place à l’abri de ses créanciers pour des dettes de 3M$

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc La direction du 737 affirme que ses ventes ont chuté de 60 % cet été en raison des mesures d’atténuation déjà mises en place.

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L’avion-restaurant Le 737 traverse une zone de turbulence importante alors que l’entreprise s’est placée à l’abri de ses créanciers pour des dettes de 3 M$, une décision qu’elle attribue au «harcèlement de la Ville et des quelques citoyens qui se plaignent du bruit».

• À lire aussi: Le restaurant le 737 met en demeure la Ville de Québec

Le 737 a déposé le 5 octobre dernier un avis d’intention de faire une proposition à ses 59 créanciers. Il s’agit d’une mesure visant à éviter l’écrasement, une dernière étape de restructuration avant la faillite.

L’entreprise doit notamment 683 000$ à la Banque Royale du Canada, 104 000$ à un restaurant La Cage et 300 000$ à deux entreprises de construction. Deux entreprises faisant partie du groupe d’actionnaires initial, soit Faure Immobilier et Aérotek Aviation, font également partie des créanciers. Le 737 leur doit respectivement 700 000$ et 350 000$.

Les créances totales de l’entreprise s’élèvent à 3 051 440,78$, mais son président, Dany Gagnon, insiste: si la formule pouvait être celle du jour 1, on n’en serait pas là.

«On a dégagé des profits la première année avec la formule initiale. Une entreprise ne peut pas passer de profitable à la faillite en même pas un an sans qu’il se passe quelque chose», affirme l’homme d’affaires.

Difficultés avec le voisinage

Avion-restaurant, bar extérieur présentant des spectacles durant la saison estivale et simulateur de vol, l’offre unique du 737 avait été lancée à l’été 2021 sur les terrains de l’Aéroport de Québec. Rapidement, une levée de boucliers des résidents du secteur avait mis du plomb dans l’aile du projet, pointé du doigt comme une nuisance à la quiétude de l’endroit. 

Dès le décollage de la deuxième saison en mai dernier, les citoyens étaient revenus à la charge pour dénoncer les nuisances sonores liées aux soirées organisées par l’entreprise.

«Malheureusement, ce sont 18 résidents qui ont généré plus de 100 plaintes et qui vont venir à bout d’une business qui a eu plus de 100 000 visiteurs en un an et qui sont à 99% ressortis heureux de leur expérience», déplore Dany Gagnon.

Ce dernier avait d’ailleurs envoyé une mise en demeure à la Ville de Québec dans les dernières semaines. Il affirmait être victime «d’acharnement» de la part du Service de protection contre l’incendie de Québec pour des inspections trop fréquentes et de nombreuses contraventions pour le bruit.

«On a passé l’été à mettre des mesures en place, mais on a perdu des revenus parce que des groupes annulaient à cause de la mauvaise presse, des entreprises ne voulaient pas être associées», explique M. Gagnon, ajoutant que les changements à la programmation avaient aussi eu des répercussions.

«On est passé d’un groupe complet qui joue tous les soirs à un soir par semaine. Le reste du temps, c’est de l’acoustique qui finit à 21h30. Disons que ce n’est pas la même ambiance, ça ne levait pas autant et ça a impacté les ventes. On a chuté de 60% cet été.»

Pas d’issue

Dany Gagnon soutient que, dans le contexte actuel, il n’y a que peu de chances de voir Le 737 redécoller l’an prochain. 

«On ne peut pas déménager. Quand on a vu ce qui se tramait cette année, on a fait des démarches, mais on a déjà investi 3,2 M$ sur le site et on a reçu une soumission à 3,2 M$ de plus pour déménager», précise l’homme d’affaires.

«C’est là [à l’aéroport] ou bien pas du tout.»

Une rencontre est prévue la semaine prochaine avec la direction de l’Aéroport de Québec pour discuter du dossier, mais l’entrepreneur fonde peu d’espoir sur son issue. «S’ils y croyaient, ils se seraient battus avec nous dès le départ pour faire respecter leur juridiction», soutient Dany Gagnon, qui peine à comprendre pourquoi on s’acharne sur son entreprise alors que la Ville fait preuve de tolérance envers d’autres activités semblables.

«Si la Ville ne finit pas par traiter Le 737 comme elle le fait avec La Cour arrière du Festibière ou l’Agora du Vieux-Port, il n’y a aucune issue.» 

- Avec la collaboration de Daniel Langlois

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