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Hausse des dépressions postnatales depuis la COVID-19

Depressed woman sitting on a chair in dark room at home. Lonly , sad, emotion concept.
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La pandémie aurait un impact immédiat sur la hausse de cas de dépression postnatale, une situation qui préoccupe plusieurs professionnels de la santé.

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«Au niveau de l’accès aux soins [en santé mentale périnatale] ,en ce moment on est vraiment débordés», déplore la Dre Tuong Vi Nguyen, psychiatre spécialisée en santé périnatale au Centre universitaire de santé McGill. 

Selon une étude du Journal d’obstétrique et gynécologie du Canada, le nombre de cas de dépression post-partum est passé de 12% à 40,7% depuis le début de la pandémie, et ce, sans inclure les cas d’anxiété qui sont passés de 15% à 72% au pays. 

Dre Tuong Vi Nguyen, psychiatre spécialisée en santé périnatale au Centre universitaire de santé McGill.
Photo Chantal Poirier
Dre Tuong Vi Nguyen, psychiatre spécialisée en santé périnatale au Centre universitaire de santé McGill.

L’article paru plus tôt ce mois-ci tentait d’établir quels étaient les effets de la pandémie sur la santé des femmes lors de leur grossesse et en période post-partum.

«Dans ma pratique, je n’ai pas vu une augmentation de 70%, mais on a vu davantage de mères vivre de la détresse psychologique postnatale, et qui ont trouvé ça excessivement difficile. Pour les cas d’anxiété, cette hausse me surprend un peu moins puisqu’on vit presque tous et toutes de l’anxiété à certaines périodes», explique la Dre Lucie Morin, chef du département d’obstétrique du CHU Saint-Justine.

Hauts facteurs

Approximativement 15% des femmes seront atteintes de dépression à la suite d’une grossesse. 

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette hausse drastique, notamment en lien avec l’isolement qui a contraint certaines mères à prendre soin de leur enfant sans aide extérieure, au plus fort des restrictions sanitaires, mais également la hausse d’anxiété en lien avec le virus et de la pression sociale toujours bien présente, notamment en lien avec les réseaux sociaux.

« Ce qu’on voit ici, dans nos études, c’est que les données collectées démontraient que nous sommes passés de 1 femme sur 5 avant la pandémie et qu’à présent le nombre se situe plutôt à 1 femme sur 3 [ce qui équivaut à une hausse de près de 14%]» ,explique la Dre Tuong Vi Nguyen en lien avec des recherches faites par le centre universitaire de santé McGill pour le secteur de Montréal. 

Les symptômes

Plusieurs symptômes peuvent survenir en cas de détresse psychologique, la dépression postnatale ne se traduit pas uniquement par des larmes et de la tristesse, ce que plusieurs nouveaux parents ne savent pas toujours. 

Certaines mères atteintes vivront une grande fatigue, alors que pour d’autres les symptômes seront l’irritabilité, l’anxiété ou même la colère. 

Ces sentiments négatifs peuvent apparaitre de quelques mois à plusieurs années après l’accouchement. 

À l’Hôpital Saint-Justine, un projet afin de dépister systématiquement des cas d’enjeux de santé mentale est en place depuis six ans, mais les capacités du système de santé sont limitées.

« Si je vois que la patiente qui a des troubles d’anxiété, des problèmes d’humeur. À qui vais-je la référer, à quel travailleur de la santé, à quel psychologue, à quel psychiatre? Il n’y a tellement pas de ressources que les gens font l’autruche et espère que ça passe tout seul », déplore la Dre Morin du CHU Saint-Justine.

À noter que bien que davantage de mère soient touchées, certains pères peuvent également être victimes de dépression postnatale.

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