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La récession? On la ressent déjà!

Woman purchasing a packet of meat at the supermarket
Photo Adobe Stock Cette crise est double. Elle est celle des prix outrageusement élevés dans les épiceries et pour les logements.

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C’est l’histoire d’une crise larvée au bord de l’éclatement au grand jour. C’est le récit choquant de comportements voraces qui, sur le dos bien trop large de la pandémie et de la guerre en Ukraine, frappe de plein fouet les moins nantis et la vraie classe moyenne. 

Cette crise est celle des prix outrageusement élevés dans les épiceries et les supermarchés, mais aussi des logements. Depuis l’an dernier, ils grimpent à une vitesse fulgurante et nettement supérieure au taux d’inflation.

Or, rien de plus vital que de se nourrir et de se loger convenablement. Quiconque doit couper sur des aliments pourtant essentiels à une bonne santé le sait trop bien.

Cette course folle aux profits par les petites et grandes bannières d’épicerie étouffe financièrement de plus en plus de Canadiens et de Québécois. Frappés aussi, du même coup, par la crise du logement et les hausses de taux d’intérêt.

La tempête parfaite, quoi. Une récession à venir, vous dites? Sans blague. Plein de gens la vivent déjà dans leur fameux «portefeuille» dont tant de politiciens leur parlent sans savoir pour autant ce qu’ils vivent vraiment.

Plus frappés que d’autres

Ces hausses entêtées du prix des aliments et des loyers frappent encore plus durement les mères monoparentales, les personnes sur l’aide sociale, les travailleurs à petits ou moyens salaires, les personnes handicapées, la majorité des retraités qui n’ont pas de fonds de pension, etc. 

Ça commence à faire beaucoup de monde. Les banques alimentaires ne dérougissent pas. Ceci expliquant bien évidemment cela.

Les gouvernements envoient quelques chèques ou promettent d’éventuelles baisses d’impôt. Contre la valse infernale de l’inflation, rien de «structurant», comme on dit, n’est cependant fait.

Cette semaine, une voix s’est élevée au parlement fédéral. Celle de Jagmeet Singh, chef du NPD. Il a réussi à faire adopter une motion contre la «cupidité des entreprises qui fait grimper le prix des aliments pour la population canadienne».

Il a aussi convaincu le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire d’enquêter sur la hausse des prix en épicerie.

Jagmeet Singh n’hésite pas non plus à dénoncer «les PDG des grandes chaînes d’épicerie qui gagnent des millions de dollars en primes». Bravo. 

Cupidité est le mot-clé

Mais concrètement, qu’en ressortira-t-il de la part de ceux qui gouvernent? Croisons-nous les doigts et allumons des lampions...

Sous haute pression, la mégachaîne Loblaws annonce qu’elle gèle temporairement les prix sur 1500 de ses produits de marque sans nom. C’est trop peu, trop tard, mais comme dirait l’autre, c’est déjà ça de pris.

Ce qui trouble également dans cette annonce est que pendant que la crise alimentaire gagne du terrain, elle revient dans les faits à compter sur le «bon vouloir» du milieu des affaires. 

Avant que la sous-nutrition ou la malnutrition ne finisse par envoyer des gens dans nos urgences déjà dangereusement bondées, aux gouvernements d’agir plus résolument. 

Pourquoi pas, entre autres mesures possibles, un gel de prix pour les aliments essentiels et un contrôle réel des prix des loyers? Les mieux nantis, de toute manière, gel ou pas, prix élevés ou pas, n’ont à se priver de rien.

Dans les officines du pouvoir, quel qu’il soit, on ne compte pas non plus ses sous pour manger ou se loger confortablement. La réalité, elle, est que de plus en plus de gens sont obligés de le faire.

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