/entertainment/events
Navigation

Érotisme et sensualité au Musée des beaux-arts

Grande rétrospective sur les oeuvres du photographe canadien Evergon

Érotisme et sensualité au Musée des beaux-arts
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Coup d'oeil sur cet article

Attention, yeux chastes s’abstenir : la nouvelle exposition du Musée national des beaux-arts (MNBAQ) nous plonge dans l’œuvre sensuelle, irrévérencieuse, charnelle mais surtout très engagée et confrontante du photographe et artiste canadien Evergon.  

• À lire aussi: Espace Riopelle: un pavillon d’envergure au Musée national des beaux-arts du Québec

• À lire aussi: 2,5 millions $ pour l’Espace Riopelle

 L’exposition Evergon. Théâtres de l’intime contient même une petite section pour visiteurs avertis. Derrière les portes battantes de la section, Evergon, qui a marqué l’histoire de la photographie, s’est mis en scène avec des modèles dans des positions sexuelles explicites où on voit de la nudité masculine frontale.  

Érotisme et sensualité au Musée des beaux-arts
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Les photos intimes ne laisseront personne indifférent. Ses thèmes de prédilections sont le corps, la sexualité, la nudité. Le commissaire de l’exposition, Bernard Lamarche, a tenu à préciser que tous les modèles qu’on voit dans l’exposition étaient consentants et avaient approuvé les photographies. 

Érotisme et sensualité au Musée des beaux-arts
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

«On n’est pas du tout dans la pornographie, a-t-il expliqué. Il n’y a aucune image ici qui vise l’excitation sexuelle. Mais on va voir des corps nus. (...) C’est la revendication d’un homme au corps qui ne correspond pas aux canons classiques de beauté, au corps vieillissant, mais qui revendique quand même une sexualité pour les personnes plus âgées.» 

230 œuvres

Evergon est un des premiers artistes dans les années 1970 à avoir milité pour la diversité corporelle et la cause LGBTQ2+. Originaire de Niagara Falls et établi à Montréal depuis plus de vingt ans, son travail a été célébré dans plus de mille expositions collectives ou en solo durant ses cinquante ans de carrière, mais il s’agit de sa toute première – et très costaude – rétrospective.  

«Il a osé parler de diversité et d’inclusions bien avant que ces mots ne résonnent» a illustré le directeur du MNBAQ, Jean-Luc Murray. 

Érotisme et sensualité au Musée des beaux-arts
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Avec quelque 230 œuvres, l’exposition est une véritable aventure picturale : Evergon ne s’est jamais contenté de la photographie classique argentique, repoussant constamment les limites du médium dans un esprit d’exploration. Il «impressionne par sa virtuosité technique», a souligné avec raison Jean-Luc Murray. 

On peut entre autres y admirer des hologrammes et de nombreuses photos polaroid géantes qui ont été réalisées avec un appareil de la taille d’un walk-in, en 1980. L’utilisation sophistiquée de collage et de la photocopie font des photos d’Evergon des œuvres complexes sur le plan visuel, qui empruntent parfois les codes de la peinture. 

Les photos d’Evergon sont aussi très théâtrales. Il met en scène des hommes, «objets de désir et de convoitise pour lui», souligne Bernard Lamarche, entre autres dans la série des Ramboys, cette «société d’hommes ni homme ni bélier» inspirée de l’Antiquité grecque et qui a fait le tour du monde.  

Avec beaucoup d’autodérision, il se met lui-même à nu dans de nombreux autoportraits. Sa plus grande muse et défenderesse a été sa mère Margaret, qui dévoile également son corps nu, différent et vieillissant sous la lentille de son fils, dont le regard tendre nous émeut. Car chez Evergon, la femme est représentée avec «la même élégance, fierté et force que le corps masculin». 

Evergon affirme que chacune des photos, parfois tendres, tantôt torrides, est une lettre d’amour à ses amants et aux trois maris qu’il a eu dans sa vie. «C’était une façon pour lui de s’adresser à eux», a précisé le commissaire. 

«C’est extraordinaire»

Aujourd’hui âgé de 76 ans, Evergon était présent mercredi pour l’inauguration de la rétrospective. «C’est extraordinaire, a-t-il commenté, ému, en marge de la conférence de presse. Je l’ai vu hier et je n’ai pas pu dormir de la nuit.» 

Evergon est bien plus qu’un photographe. Il est un artiste phénoménal, capable comme nul autre de transmettre la vérité à travers ses œuvres, un prodige de toutes les techniques possibles, un créateur d’émotions sensible, touchant, provocateur et engagé. À voir en laissant sa pudeur à la maison. 

L’exposition Evergon. Théâtres de l’intime est en place aux Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 23 avril 2023. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.