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Sauvetage d’un site archéologique menacé

Une équipe d’étudiants et de professeurs de l’Université Laval est en mission à Saint-Pierre-et-Miquelon

Site archéologique de l'Anse-à-Henry
Photo courtoisie Ce site archéologique, qui cache des secrets de plus de 3000 ans, est menacé par l’érosion des sols.

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Une équipe de l’Université Laval a pris part, l’été dernier, à des fouilles archéologiques qui ont permis de sauver des centaines d’artefacts, possiblement âgés de plus de 3000 ans, trouvés sur un site menacé par l’érosion à Saint-Pierre-et-Miquelon. 

Quatre étudiants et deux professeurs de l’Université Laval faisaient partie d’une équipe internationale réunissant également des Français. 

« On a bâti une équipe pour sauver ce site archéologique qui avait déjà fait l’objet d’autres fouilles à la fin des années 1990 – début 2000 dans une autre partie », a indiqué Réginald Auger, professeur émérite d’archéologie à l’Université Laval.

Les fouilles ont été menées dans un secteur soumis à une forte érosion des sols causée par la mer et le vent.  

Plusieurs artefacts, comme cette pointe de flèche, ont été découverts lors des fouilles à l’Anse-à-Henry, à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Photo courtoisie
Plusieurs artefacts, comme cette pointe de flèche, ont été découverts lors des fouilles à l’Anse-à-Henry, à Saint-Pierre-et-Miquelon.

« C’est un site extraordinaire qui se trouve à l’extrémité nord de l’île Saint-Pierre, dans une zone qui est vraiment en train d’être grugée par les vagues. Déjà, l’érosion est majeure », a mentionné sa collègue Najat Bhiry, géomorphologue et professeure au Département de géographie.

« On voit que le site était formé par les dépôts de la dernière glaciation et qu’il a été soumis ensuite à plusieurs processus environnementaux », a-t-elle souligné.

Pendant six semaines, à partir de la mi-août, l’équipe a effectué des travaux sur le terrain dans le cadre de ce projet financé par le gouvernement français. 

Vestiges très anciens

Les vestiges, qui ont été identifiés, pourraient remonter à plus de 3000 ans. Différentes populations en quête de nourriture provenant de la pêche ont occupé le site au cours de l’histoire. 

« Nous retrouvons à cet endroit trois groupes autochtones préalablement identifiés à Terre-Neuve et qui ont vécu à différentes époques. Il s’agit des gens de la culture Archaïque maritime, Complexe Cow Head et Complexe Beaches », ajoute M. Auger. 

Malheureusement, à cause de l’acidité des sols, la préservation organique des artefacts est pratiquement impossible, de sorte que les fouilles sont composées essentiellement d’objets en pierre tels que des pointes de flèche et de harpon. Les chercheurs ont de plus observé des foyers de combustion et des structures d’habitation.

« Parmi les outils finis, c’est moins d’une centaine d’artefacts, mais parmi les objets de débitage, c’est au-delà de 5000 objets. On a 80 pièces qui incluent différentes pointes de différents styles, ce qui nous permet justement d’attribuer des appellations culturelles. On a également trouvé des grattoirs qui permettaient de nettoyer les peaux », a expliqué M. Auger.

Des analyses poussées

Les artefacts sont entreposés dans un musée local. Certains feront l’objet d’analyses poussées en laboratoire. 

« C’est un site très riche qui doit être étudié avant qu’il soit détruit par l’érosion parce que l’érosion est en cours », a soutenu Mme Bhiry. 

Ces découvertes illustrent bien la mobilité des populations, ajoute M. Auger. Parmi les pierres retrouvées, certaines viennent des carrières locales, mais d’autres proviennent du nord du Labrador, plus précisément de la baie de Ramah.

Un documentaire tourné pendant cette campagne est attendu au cours de l’hiver. 

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