/entertainment/comedy
Navigation

L'humoriste Gad Elmaleh revient au Québec quatre ans après une controverse

«J’ai trouvé les attaques tellement démesurées»

Gad Elmaleh sur la scène du Palais des Sports de Paris, en février 2022.
Photo courtoisie, Rubens Hazon Gad Elmaleh sur la scène du Palais des Sports de Paris, en février 2022.

Coup d'oeil sur cet article

Quatre ans après avoir été accusé de plagiat sur des humoristes, parmi lesquels Louis-José Houde et Martin Petit, Gad Elmaleh effectuera son retour au Québec dimanche. Il conclura la tournée D’ailleurs, son sixième spectacle, devant un Centre Bell qui affiche complet depuis des mois. «J’en suis très ému», affirme le populaire humoriste dans un entretien exclusif avec Le Journal. 

Gad Elmaleh ne s'était adressé ni au public québécois ni aux médias d’ici depuis cette controverse d'il y a quatre ans. Pourtant, cette affaire de plagiat de blagues, révélée par la chaîne YouTube CopyComic, avait fait énormément de bruit chez nous.  

Depuis, l’humoriste a reconnu, dans les médias français, avoir fait des «emprunts» à ses comparses, auxquels s’ajoutent Martin Matte et Patrick Huard. «Je ne le referais pas, mais je ne le regrette pas parce que je n'ai jamais été dans une démarche malicieuse», disait-il au journal Le Parisien à l'automne 2019. 

Ce que Gad Elmaleh regrette, c’est d’avoir gardé le silence ici durant ces mois de polémique, avouant qu’il aurait dû «être présent dans le dialogue» et qu’il aurait pu «gérer les choses avec moins d’orgueil, pour être tout à fait honnête», confie-t-il au Journal depuis Paris, dans une entrevue virtuelle.  

«Une de mes erreurs est que j’aurais dû dialoguer plus tôt avec les Québécois, j’aurais dû partager plus tôt mon sentiment, exprimer ma version des faits avec plus d’humilité», précise l’humoriste, qui fait carrière partout dans la francophonie et aux États-Unis. 

L’humoriste de 51 ans juge néanmoins que la crise a pris une «ampleur démesurée» au Québec. Plusieurs humoristes ont été particulièrement virulents à son égard, dont Mike Ward.  

«J’ai trouvé que les attaques étaient tellement démesurées, se souvient-il. Mais surtout, c’était très, très violent. Ma famille au Québec m’a appelé pour me dire: tu dois avoir fait quelque chose de très grave, ça ne peut pas être que ça. [...] Moi, ce qui m’a étonné, c’est que ça n’arrêtait pas. C’était encore et encore, et surtout, il n’y avait pas de dialogue possible.»   

  •  Écoutez la rencontre de Nantel-Durocher avec Guy Nantel sur QUB Radio :

Réorienter sa créativité  

«Ce qui est important, maintenant, c’est ce que j’en ai retiré», soutient aujourd’hui Gad Elmaleh, qui est capable de reconnaître, quatre ans plus tard, que la crise a eu du bon. «Ces coups-là m’ont apporté beaucoup», dit-il.  

C’est après la controverse que Gad Elmaleh a mis au monde son sixième spectacle, D’ailleurs, le one man show «le plus intime» de sa carrière. Il vient également de réaliser son deuxième film, dans lequel il tient le rôle-titre. Intitulé Reste un peu, le long métrage, qui sortira au Québec prochainement, raconte sa crise identitaire sur le plan religieux. Ces projets «très personnels» le sortent de sa «zone de confort».   

«Quelque part, je me demande si cet épisode [d’accusations de plagiat] ne m’a pas secoué dans ma créativité et ne m’a pas forcé à faire des choses si singulières qu’on ne pourrait me comparer à personne. Ce qui se passe dans le spectacle, quand j’analyse chaque mot, ce sont des situations que moi seul ai vécues et qu’on ne peut pas s’imaginer que ce soit emprunté. Inconsciemment, ça m’a repoussé à me redéfinir, à être singulier, à être audacieux dans ma créativité. Je n’irai pas jusqu’à les remercier [ceux qui l’ont dénoncé], mais en tout cas, au final, ç'a été bénéfique!» analyse-t-il en riant.  

Le public au rendez-vous  

Lorsqu’on lui demande si, devant la tempête médiatique, il a cru devoir faire une croix sur sa carrière au Québec, Gad Elmaleh, dont la carrière internationale a rapidement repris son erre d’aller, répond qu’il a eu peur du «désamour» du public.  

Mais le public québécois a parlé: sans la moindre promotion, les billets pour le Centre Bell se sont vendus comme de petits pains chauds. «Quand mon producteur m’a dit qu’on était complet, c’est la meilleure des réponses que je pouvais entendre. Je suis très reconnaissant. [...] Je pense que c’est le public qui décide. Et dans ce moment de fragilité, je n’avais pas la réponse du public, j’étais dans le questionnement, je n’avais que le doute. Mais aujourd’hui, l’engouement du public, c’est une caresse.»  

«Et le Centre Bell, c’est emblématique pour moi, ajoute-t-il. J’y ai vu des stars que j’admirais. J’ai commencé ma carrière à Montréal le 10 décembre 1994 au cabaret du Musée Juste pour rire devant 20 personnes. Et de revenir 27 ans plus tard, sold out au Centre Bell, c’est une fierté et une grande, grande joie.»  

Mieux vaut en rire  

Sans minimiser ce qu’il a fait par le passé, Gad Elmaleh aborde les accusations de plagiat de front dans ce spectacle qu’il présentera au Centre Bell dimanche soir. Pas question pour lui d’esquiver le sujet.  

«Je vais me faire une joie d’en parler, avec beaucoup de bonheur et d’enthousiasme, insiste-t-il en riant. Je ne le fais plus beaucoup en spectacle, mais là, au Québec, je vais m’amuser avec ça parce que ç’a tellement marqué et ç'a tellement été déstabilisant. Et je le fais même pour mon plaisir personnel!»  

Outre ce sujet controversé, Gad Elmaleh aborde de façon intimiste les sujets de la notoriété, de son célibat à 51 ans, de son aventure américaine et de la religion. Après la fin de sa tournée, il retournera en création dans le circuit des comédies clubs pour un nouveau spectacle. Et, bien sûr, il veut continuer d'entretenir ce lien si précieux pour lui avec les Québécois.  

«Je suis très impatient d'arriver samedi, avec tout ce que ça comporte, je veux vraiment me poser et parler avec le public.» 

QUELQUES RÉFLEXIONS 

« Je suis tellement ému de me retrouver avec le public québécois. »

« Le Centre Bell, c’est emblématique pour moi. J’y ai vu des stars que j’admirais. J’ai commencé ma carrière à Montréal le 10 décembre 1994 au Cabaret du Musée Juste pour rire devant 20 personnes. Et de revenir 27 ans plus tard, sold out au Centre Bell, c’est une fierté et une grande, grande joie. »

« C’est plus facile d’en parler avec du recul. J’aurais adoré avoir la même sérénité il y a quatre ans. Ç’a pris une ampleur que je juge démesurée. »

« Je suis très impatient d’arriver samedi, avec tout ce que ça comporte, je veux vraiment me poser et parler avec le public. »

« C’est mon spectacle le plus intime dans la manière dont j’aborde les sujets. Je me mets un peu dans la position du blédard, un gars qui a du mal, pour qui c’est difficile. »

– Gad Elmaleh


Gad Elmaleh sera en spectacle dimanche, au Centre Bell.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.