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Obama contre Trump, la présidentielle de rêve

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Ça n’arrivera pas, je vous préviens tout de suite. Barack Obama a rempli deux mandats consécutifs ; le 22e amendement à la Constitution américaine l’empêche de se représenter. Faute de ce face-à-face de rêve, il faudra se contenter de voir les deux meilleurs « campaigners » de leur génération, chacun de leur côté, mobiliser leurs partisans en vue des élections de mi-mandat. Ça va tout de même chauffer.

Ils ne seront pas sur la même tribune ou côte à côte sur une scène de débat. Hélas ! Pensez-y un peu : Obama, embarrassant son adversaire en le confrontant à ses incohérences et en lui rappelant que ce n’est pas pour rien qu’on le surnommait « The Donald » ; Trump, continuant d’insinuer que son rival n’est pas, tout à fait, Américain : son père, originaire du Kenya, n’est-ce pas un de ces « pays de merde » ?

Revenons sur terre ! C’est parce qu’ils sont nerveux, à dix jours du scrutin de mi-mandat, que les démocrates sollicitent l’aide du 44e président. Barack Obama, hier en Géorgie, se rendra aussi dans le Wisconsin, le Nevada, puis la Pennsylvanie où des assemblées sont prévues avec le président Biden à Philadelphie et à Pittsburgh.

Prier pour un miracle

Les espoirs de vaste mobilisation que nourrissaient les démocrates à la suite de la décision de la Cour suprême sur l’accès à l’avortement se sont lentement effilochés. Avec une marge de manœuvre amincie, ils ont besoin de tout l’enthousiasme disponible, s’ils veulent conserver leur majorité au Sénat.

Obama bénéficie de plusieurs avantages sur son ancien vice-président. Sa popularité se porte beaucoup mieux, avant tout parce qu’il n’est pas accablé des boulets que tire Biden : l’inflation, la criminalité, les problèmes des migrants à la frontière.

Les démocrates rêvent d’un miracle de la part de l’ancien président, la recomposition de cette fameuse coalition qui l’a porté deux fois à la Maison-Blanche : réunir les électeurs noirs et les résidents des banlieues qui ont fait des études postsecondaires, puis mobiliser les jeunes et les Latinos, des électorats qui se traînent souvent les pieds aux élections de mi-mandat.

Répétition générale pour 2024

On le dit souvent paresseux, mais soyons honnêtes, Donald Trump ne chôme pas. Le 45e président se trouvait dans le Nevada, puis au Texas et, d’ici au jour du vote, il passera par l’Iowa, la Pennsylvanie, la Floride et l’Ohio.

Il ne s’en laisse toutefois pas imposer par les stratèges du Parti républicain ; s’il se pointe quelque part, c’est qu’il vient y soutenir le candidat qu’il a anobli et qui partage ses opinions, notamment sur la fraude dont il prétend avoir été victime en 2020.

Ses foules, comme toujours, sont énormes ; ses déclarations, intempestives ; son électorat en sort électrisé. Mais Trump n’a pas que le 8 novembre prochain en tête.

Il fera un détour, l’avant-veille du scrutin, par Miami pour appuyer le sénateur républicain sortant Marco Rubio. Et qui n’est pas invité ? Ron DeSantis, le populaire gouverneur républicain de la Floride !

DeSantis refuse de s’engager à ne pas se lancer dans la bataille présidentielle de 2024 si Trump le fait. L’ex-président aime siphonner l’air autour de lui ; il n’y a pas de place pour les deux hommes dans la même pièce. Amusons-nous : 2022, c’est aussi l’avant-première de 2024.

BARACK OBAMA

Presque plus populaire que jamais

Photo AFP

NOTORIÉTÉ

97 % ont entendu parler de lui.

POPULARITÉ

58 % l’apprécient.

27 % ne l’aiment pas.

DONALD TRUMP

Toujours aussi controversé

Photo AFP

NOTORIÉTÉ

97 % ont entendu parler de lui.

POPULARITÉ

36 % l’apprécient.

50 % ne l’aiment pas.

Les démocrates qui ont la cote

Barack Obama : 58 %

Jimmy Carter : 54 %

Bernie Sanders : 48 %

Joe Biden : 46 %

Bill Clinton : 46 %

Les républicains qui ont la cote

Arnold Schwarzenegger : 50 %

George W. Bush : 40 %

Donald Trump : 36 %

Ben Carson : 35 %

Henry Kissinger : 34 %

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