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Seuils d’immigration: Trudeau aux extrêmes

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Le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, a dévoilé hier la vision de son gouvernement pour les trois années à venir. Le gouvernement Trudeau n’a qu’un objectif en tête : faire exploser le nombre annuel. L’intégration, la capacité d’accueil ou les préoccupations linguistiques ne font pas partie du langage de ce gouvernement.

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Les seuils d’immigration annoncés hier placent le Canada dans une situation assez unique mondialement. Au prorata de la population, aucun autre pays majeur n’accueille autant de nouveaux arrivants sur une aussi longue période.

Dans sa situation linguistique minoritaire, le Québec ne peut imaginer reproduire cette approche. 

Pour suivre le rythme, le Québec devrait accueillir quelque 115 000 immigrants par année. 

C’est plus du double que les cibles prévues. C’est même 50 % de plus que la cible de 80 000, la plus élevée envisagée par un parti politique du Québec. Québec solidaire, lors de la récente campagne.

Les partis politiques du Québec savent bien que jamais les ressources en francisation ne seraient disponibles pour répondre à de tels besoins. 

De toute façon, dans le scénario de cibles aussi énormes, l’objectif de francisation de l’ensemble des nouveaux arrivants devrait être laissé de côté.

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Logique canadienne

La politique d’immigration du gouvernement Trudeau s’inscrit strictement dans une logique canadienne. Il faut répondre aux besoins du marché de l’emploi et aux enjeux de productivité. Dans un contexte de vieillissement de la population, le Canada mise sur une solution : l’immigration massive.

Une fois faite l’intégration au travail, au Québec nous insisterons aussi sur l’intégration linguistique et culturelle. Voilà des concepts qui ne s’appliquent pas à la logique canadienne. 

J’en comprends que dans un pays anglophone, on considère que l’anglais étant la langue universelle, tous vont s’y intégrer naturellement.

Quant à l’intégration culturelle, ce concept n’a aucun sens dans le Canada postnational de Justin Trudeau. À partir du moment où il n’existe plus de telles choses qu’une culture et une identité canadiennes, à quoi un nouvel arrivant pourrait-il être invité à s’intégrer ?

Effets sur le Canada

La politique présentée hier transformera le visage du Canada. D’abord, puisque le Québec ne peut suivre ce rythme effréné d’accueil d’immigrants, le poids de la population du Québec dans le Canada va diminuer encore plus vite que prévu.

Quant au déclin du français dans le Canada, l’annonce d’hier va l’accélérer tragiquement.

Si un gouvernement proposait de ramener les cibles d’immigration à zéro, les médias rapporteraient avec raison qu’il s’agit d’un geste radical. 

Cependant, lorsque le mouvement est à la hausse, on fait comme si le radicalisme n’existait pas, comme si c’était toujours mesuré et raisonnable.

Pourtant dans les faits, la politique libérale est absolument radicale. 

Elle change tous les rapports à l’intérieur du Canada, piège le Québec et accélère la banalisation du fait français. 

Il n’y a eu ni consultation, ni mesure des impacts, ni débats sur les conséquences pour l’avenir du pays.

Le Québec doit s’opposer.

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