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Immigration: l’irresponsabilité politique de Trudeau

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Avec sa politique d’immigration de plus en plus ultra massive, le gouvernement libéral de Justin Trudeau récidive et verse dans l’irresponsabilité politique.

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Mardi, le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau, suivant en cela les recommandations du lobby torontois Century Initiative, a fait connaître son projet de rehausser les cibles annuelles d’immigration du Canada de manière à accueillir 500 000 nouveaux résidents permanents dès 2025, un chiffre qui représenterait un record historique et qui dépasserait ce qu’aucun autre pays, toutes proportions gardées, ne fait.

Pour ce faire, le gouvernement Trudeau sous-estime à dessein les problèmes économiques, sociaux et écologiques qui pourraient découler d’une telle surpopulation. 

Il agit aussi en violation du principe démocratique, car il engage l’avenir de la population pour des décennies à venir sans la consulter explicitement, en tenant des consultations publiques en bonne et due forme, et sans tenir un référendum ou une élection axée sur un thème aussi majeur. Rappelons qu’il y eut au Canada, en 1988, une élection spécialement axée sur une politique de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

Il faut savoir que le Parti libéral du Canada (PLC) n’obtint que 32,6 % des suffrages lors de l’élection générale du 20 septembre 2021. De plus, comme le taux de participation à cette élection ne fut que de 62,9 %, l’appui populaire direct que le PLC a reçu de l’ensemble des électeurs canadiens n’a été que de 20,3 %. Personne ne peut prétendre que le gouvernement minoritaire libéral actuel, en poste à Ottawa, jouit d’un mandat clair et légitime de la population canadienne pour changer substantiellement la composition démographique du pays, au cours des décennies à venir.

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Aucune étude

Il viole aussi le principe de bonne gouvernance, car ce gouvernement minoritaire n’a déposé aucune étude économique sérieuse, ou à tout le moins, un livre blanc, pour appuyer sa politique d’immigration ultra massive, préférant s’en remettre aux intérêts de lobbys privés, comme celui du Century Initiative de Toronto, dont l’objectif est de tripler la population canadienne d’ici l’an 2100, afin d’avoir 100 millions d’habitants. 

Ainsi, il y est prévu par l’organisme que la population du Toronto métropolitain passerait de 8,8 à 33,5 millions d’habitants ; celle du Montréal métropolitain gonflerait de 4,4 à 12,2 millions d’habitants ; celle du Vancouver métropolitain grandirait de 3,3 à 11,9 millions d’habitants, etc. Dans un tel contexte démographique gonflé, le paradis commercial que certains envisagent risque plutôt d’être un enfer de congestion, de pollution, de crise permanente du logement, de surcharge des services publics en santé, en éducation, en transport, en plus de provoquer une dégradation de la cohésion sociale et de nombreux autres problèmes sociaux.

De même, le gouvernement Trudeau n’a fourni aucune mesure des impacts sociaux, politiques et écologiques de sa course démographique dans le vide, la plus radicale de tous les temps. 

À vouloir à tout prix transformer le Canada en un pays qui ressemblerait à un États-Unis du Nord, ce gouvernement, d’une manière inconsciente ou non, se trouve à préparer le Canada à une intégration avec les États-Unis – eux-mêmes aux prises avec de sérieux problèmes sociaux et politiques – dans une génération ou deux.

Opposition

Il y va de la responsabilité des partis d’opposition à la Chambre des communes de s’opposer à la politique improvisée d’immigration ultra massive du gouvernement libéral minoritaire du premier ministre Justin Trudeau, et au besoin, de l’obliger à déposer les études qui justifient une telle politique. Sinon, ils doivent l’obliger à déclencher des élections générales afin que la population ait son mot à dire sur cette question existentielle.

On ne peut se vanter de vivre en démocratie et, en même temps, laisser des lobbys privés dicter les politiques publiques.

Photo courtoisie

Rodrigue Tremblay, professeur émérite de sciences économiques à l’Université de Montréal, et ancien ministre

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