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«Déclarations»: l’expérience théâtrale de Mélanie Demers

Mélanie Demers
Photo courtoisie, Julie Artacho La chorégraphe Mélanie Demers signe sa première mise en scène au théâtre avec la pièce Déclarations présentement à l’affiche au Théâtre Prospero.

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Reconnue dans le milieu de la danse, Mélanie Demers fait une première incursion au théâtre avec la pièce Déclarations à l’affiche au Théâtre Prospero. 

La chorégraphe assure la mise en scène de cette œuvre écrite par l’auteur et dramaturge canadien de 34 ans, Jordan Tannahill. 

« Je ne le connaissais pas, reconnaît Mélanie Demers en entrevue téléphonique. C’est Philippe Cyr [directeur artistique et codirecteur général du Prospero] qui m’a approché pour monter ce spectacle. Il avait envie de donner une signature à sa saison et il a fait ce choix audacieux. »

Cette proposition est en fait un mélange de théâtre et danse.

« Ce n’est pas conventionnel, dit-elle. Jordan Tannahill nous a légué une expérience théâtrale plutôt qu’une pièce. Il n’y a pas de rôle, pas de situation, pas d’enjeu, pas de conflit. »

L’artiste a couché sur papier des centaines de courtes phrases liées aux objets, aux événements, aux souvenirs et aux sensations qui lui passaient par la tête peu après avoir su que sa mère était atteinte d’un cancer incurable.

« Chacun de ces fragments est accompagné d’un geste qui change à chaque représentation, qui devient alors unique, mentionne la chorégraphe originaire de Québec. C’est très touchant, très beau. C’est une narration à cent lieues de ce qu’on connaît. »

Danseurs et comédiens

La difficulté pour les cinq interprètes, c’est qu’ils n’ont pas le droit d’apprendre leur texte par cœur. Il y a donc un système de téléprompteur pour les guider.

« C’est une grosse contrainte, souligne-t-elle. C’est compliqué pour les acteurs. J’ai parlé à Jordan au début du processus et il tenait mordicus à ça. Pour le reste, il était ouvert aux changements. »

Elle explique que de ne pas appren-dre le texte par cœur fait partie d’un exercice de « lâcher-prise ». L’auteur souhaite un théâtre plus spontané, dans lequel les protagonistes se laissent porter par le moment. « C’est comme un quintette de jazz, mentionne-t-elle. On sait tous quel instrument on joue, mais les solos peuvent varier d’un soir à l’autre. »

Le processus de création était aussi nouveau pour Mélanie Demers qui a l’habitude de partir d’une page blanche pour donner vie à ses spectacles de danse.

« C’est la première fois qu’un texte sert de point de départ pour moi, confie-t-elle. Cela change la donne. Comme chorégraphe, on écrit et on met en scène en même temps. Avec un texte, il faut porter la parole de quelqu’un d’autre. »

Celle de Jordan Tannahill a été traduite et adaptée par Fanny Britt. Les comédiens Macha Limonchik, Vlad Alexis, Claudia Chillis-Rivard, ainsi que les danseurs Marc Boivin et Jacques Poulin-Denis sont chargés de lui donner corps et âme.

« C’est une distribution hybride, dit Mélanie Demers. Pour les acteurs, la porte d’entrée créative consiste à comprendre les intentions et la psychologisation. Tandis que pour les danseurs, l’action est suffisante pour trouver un sens. C’est vraiment deux approches différentes d’appréhender la scène. »


Déclarations est présentée au Prospero jusqu’au 19 novembre.

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