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Pas d’chou kale pour les cassés: plongée en apnée

Au cœur des impacts d’une agression sexuelle

Pas d'chou kale pour les cassés
Photo courtoisie, David Mendoza Hélaine Le chef Fred (Eliot Laprise) au cœur d’une journée invivable et pleine de tensions dans le restaurant La belette et l’orme.

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Une tension à couper au couteau et des acteurs qui livrent avec efficacité des textes chargés d’émotion, Pas d’chou kale pour les cassés est une plongée au cœur des impacts générés par une agression sexuelle.

À l’affiche jusqu’au 19 novembre à Premier Acte, la création du Collectif de la Machine à moudre raconte l’histoire d’une agression sexuelle commise dans le milieu de la restauration. 

Précisons, d’entrée de jeu, que le propos est dur, direct et brutal. Le texte de Lauréanne Dumoulin, qui signe aussi la mise en scène, ne fait pas du tout dans la légèreté.

Pas d’chou Kale pour les cassés se déroule dans le restaurant La belette et l’orme. On y retrouve la sous-chef Erika (Nathalie Séguin), l’étrange cousin (Antoine Paré-Poirier), qui débarque pour faire ses débuts à titre de plongeur, le chef Fred (Eliot Laprise), le serveur Marco (David Biron) et la sommelière Claire (Ines Sirine Azaiez). Tous les comédiens sont excellents dans leurs rôles respectifs. 

Après un début où l’on retrouve de l’humour dans le texte, le spectateur fait une plongée en apnée où l’on retient son souffle jusqu’à la fin d’une courte pièce qui dure 60 minutes.

Sans en dire trop et pour ne pas révéler de « punchs », Pas d’chou Kale pour les cassés raconte l’histoire d’une agression sexuelle commise dans un contexte où l’alcool coulait à flots.

Tension

Une situation qui est exposée après une longue introduction où la sous-chef Erika prépare le service du soir, tout en s’occupant d’un nouvel employé, cousin du serveur Marco, qui pose beaucoup de questions.

Une fois la situation exposée, après l’arrivée des autres personnages, la tension devient rapidement intense. Il y a les accusations, l’agressivité de ceux qui sont choqués et outrés par les gestes posés, des confrontations et aussi beaucoup d’incompréhension. Il y a des alliances. Celles que l’on croyait qui étaient pour être en place et d’autres qui n’ont pas lieu. La suite des choses est loin d’être évidente. 

Lorsque la victime raconte son agression, la tension est à son maximum. Le témoignage est direct, chargé, brutal et livré avec beaucoup de réalisme. 

Avec un restaurant où les spectateurs se retrouvent face à face, les voix des comédiens se perdent parfois à des moments clés. Ce qui soulève encore la question entourant l’amplification ou non des voix des acteurs sur scène. On en perd des bouts de phrase et c’est un peu frustrant par moment.

Pas d’chou Kale pour les cassés, par la tension créée et par la situation, est un objet de théâtre terre à terre, à fleur de peau et bien livré.

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