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La plaignante relate sa nuit d’enfer: LeBel aurait fait des attouchements à sa victime

La femme aurait passé une nuit «très longue» dans le condo de l’ex-député

La plaignante relate sa nuit d’enfer: LeBel aurait fait des attouchements à sa victime
Photo d'archives Simon Clark

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La plaignante au procès d’Harold LeBel a raconté mardi la longue nuit qu’elle a passé au domicile de l’ex-député, nuit où il aurait touché la présumée victime, la collant, l’embrassant et tentant même d’insérer un doigt dans ses fesses.

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La femme, dont l’identité est frappée d’une ordonnance de non-publication, connaissait le député et le considérait même comme «un bon ami». Elle s’est retrouvée à dormir deux nuits à son condo avec une troisième personne quelque part en 2017, alors qu’elle visitait Rimouski pour des raisons professionnelles.

Si la première nuit s’est bien passée, la deuxième s’est transformée en cauchemar pour la présumée victime. Après que la troisième personne présente soit allée se coucher vers minuit, LeBel et la femme ont continué à discuter dans la salle à manger du condo du député de Rimouski.

C’est là que LeBel l’aurait embrassé en lui mettant les mains sur les cuisses pendant que la discussion devenait plus personnelle.

«J’étais tellement surprise parce que jamais durant notre relation, ou même durant la soirée, je n’avais senti d’approches de séduction», a-t-elle témoigné devant les 14 membres du jury.

Soutien-gorge détaché

La plaignante a raconté s’être reculée et avoir mentionné à Harold LeBel souhaiter prendre une douche et se coucher. Se dirigeant vers la salle de bain, l’accusé l’aurait suivie «en argumentant».

«[Il a dit] pourquoi pas? Pourquoi tu vas te coucher? Reste encore, on va continuer à jaser. Je voyais qu’il s’approchait vers moi. Il a mis sa main dans mon dos et a détaché mon soutien-gorge», a raconté la femme.

Parvenant à s’enfermer dans la salle de bain, la plaignante explique que LeBel a essayé d’entrer et s’est montré insistant. Elle envoie alors un texto qui reste sans réponse à l’amie qui l’accompagne, qui est endormie à ce moment.

Voyant que l’accusé n’est plus devant la porte givrée de la salle de bain après quelques minutes, la femme décide d’aller prendre une douche et tente de se calmer, se demandant ce qui venait de se passer.

«Je tremblais encore comme une feuille», a-t-elle précisé au jury, évoquant une «transformation» entre l’homme qu’elle connaissait et celui, agressif, qui s’était tenu devant la porte de la salle de bain.

Attouchements dans un lit

Allant se coucher dans un lit escamotable au salon, la plaignante soutient ensuite avoir été rejointe par LeBel qui lui demandait de se coucher avec elle.

«1001 questions m’ont traversé l’esprit. Quelques minutes avant, il était un ami que j’apprécie. Je me sentais mal de lui avoir dit non, j’avais peur, j’avais peur que ça me nuise. [...] Et j’ai répondu ok.»

Si au départ, Harold LeBel demeure à distance, les choses changent rapidement, même si la présumée victime indique se tenir loin «recroquevillée le plus au fond possible» du lit.

C’est à ce moment que se serait poursuivie l’agression.

L’ex-député aurait commencé à flatter la femme, à toucher ses fesses, à la serrer, à la toucher partout.

«Je sentais ses doigts dans ma craque de fesse. Ça a duré un temps fou. À un certain moment, il s’est approché de mon anus, il flattait cette région-là et a tenté d’insérer un doigt», a-t-elle témoigné.

La victime a souligné être demeurée immobile durant tout ce temps, tétanisée par la peur «qu’autre chose se produise», à un tel point qu’elle avait mal «à chaque pouce de son corps» le lendemain.

Elle a décrit à la cour que ces «enchaînements de gestes» ont duré toute la nuit, jusqu’au lever du soleil.

«C’était absolument interminable. [...] Je me disais qu’il allait arrêter, qu’il allait s’endormir, mais ça continuait», a-t-elle exposé d’une voix tremblante, mais en contrôle.

Messages textes

 Au petit matin, la troisième personne présente s’est rapidement rendu au salon dès son réveil a expliqué la plaignante, disant qu’elle «venait de voir le texto». L’ambiance est à ce moment glaciale, un «immense malaise» paralysant le petit appartement aux dires de la femme.

Harold LeBel reconduit alors les deux femmes dans une station-service puisqu’elles doivent y retrouver un covoiturage pour quitter la région. Une fois sur la route du retour, la présumée victime dit avoir éclaté en sanglots en racontant sa nuit avec LeBel. Ce dernier lui envoie à ce moment des textos qui ont été déposés en preuve.

«[...] Merci aussi de m’avoir laissé te coller», lui écrit celui qui était à cette époque député de Rimouski, avant d’ajouter : «C’est certain que je ne suis pas à l’aise ce matin, mais ça me fait beaucoup de bien». 

La présumée victime poursuivra son témoignage mercredi matin et pourra être contre-interrogée par l’avocat de la défense, Me Maxime Roy.

Premier témoin

En début de cette deuxième journée du procès, le juge Serge Francoeur a présenté ses directives aux 14 jurés nommés lundi.

Tout comme le magistrat, la procureure de la couronne Manon Gaudreault a insisté sur les idées préconçues que pourrait avoir le jury sur les cas d’agressions sexuelles.

«Soyez très prudent, ici on parle de la réalité. On ne parle pas de ce qu’on croit être la normalité», a insisté Me Gaudreault, ajoutant que sa preuve allait démontrer rapidement «la situation difficile dans laquelle s’est retrouvée [la victime]» et «pourquoi elle a choisi de faire comme si cette nuit-là n’avait pas existé».

Le premier témoin de la couronne appelé à la barre a été un technicien en identité judiciaire à la Sûreté du Québec. Il est venu présenter les photos du domicile d’Harold LeBel prises le matin de son arrestation, le 15 décembre 2020, ainsi qu’un croquis de l’endroit. Ces éléments permettront au jury de mieux se situer lors des autres témoignages a précisé la couronne.

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