/world/usa
Navigation

Élections de mi-mandat aux États-Unis: l’illustration de la mise en difficulté de Donald Trump en 3 courses

Élections de mi-mandat aux États-Unis: l’illustration de la mise en difficulté de Donald Trump en 3 courses
AFP

Coup d'oeil sur cet article

Les républicains espéraient une vague rouge mardi soir. Ce n’est absolument pas le cas à la vue des résultats qui continuent de s’accumuler depuis la fin du vote de ces élections de mi-mandat.

• À lire aussi: Les gagnants et les perdants des «midterms»

• À lire aussi: Élections de mi-mandat: Trump remet déjà en cause des résultats qui n’existent pas encore

• À lire aussi: Ron DeSantis réélu en Floride: le vote latino n’est plus acquis pour les démocrates

Si la tendance se maintient, le Sénat pourrait rester sous le contrôle des démocrates et aucun des grands médias américains ne se risque à faire une projection pour le moment pour la Chambre des représentants.

Pour Christophe Cloutier-Roy, chercheur postdoctoral et directeur par intérim de l’Observatoire sur les États-Unis à la Chaire Raoul-Dandurand, «cette soirée est la meilleure performance pour un président en mi-mandat depuis Bush en 2002. Ce n’est absolument pas le massacre attendu.»

Son collègue David Dubé voit aussi dans ces résultats «une possibilité pour Biden de continuer à imprimer sa marque politique nationale et internationale si le contrôle du congrès devient partager entre les deux partis.»

  • La carte blanche Foisy - Bureau diffusée chaque jour en direct 8 h 05 via QUB radio :

Par contre, ces résultats sont aussi une marque de la perte d’influence de Donald Trump sur la politique américaine. Et quoi de mieux que 3 courses pour comprendre cela.

Kari Lake – les électeurs n’offrent pas le triomphe escompté au «grand mensonge»

Figure marquante du déni électoral, pro-Trump assumée, ancienne vedette locale de télévision, membre de la nouvelle garde du Parti républicain et candidate prête à tout pour l’emporter, les électeurs n'offrent pas pour le moment le triomphe auquel elle s'attendait. Pour le moment, la course reste serrée, mais son adversaire démocrate Katie Hobbs continue de posséder une maigre avance alors que la fin du décompte des voix approchent.

Jusqu’à récemment, Kari Lake expliquait que le seul moyen de gagner pour ses adversaires était la tricherie.

Elle a aussi admis aux journalistes qu’elle les ferait souffrir si elle gagnait l’élection au poste de gouverneur de l’Arizona.

Sa campagne a été parsemée de nombreuses polémiques aux tendances racistes et antisémites.

Elle a par exemple, à de nombreuses reprises, montré sa haine envers la famille de John McCain, jusqu’à porter de nombreuses remarques aux tendances haineuses contre la famille du défunt sénateur de l’Arizona.

Elle serait donc en train d’échouer à se faire élire au poste de gouverneure de son État. Sa défaite, ou une victoire étriquée, pourrait représenter un désaveu pour Donald Trump et ses soutiens, comme Steve Bannon, qui se sont tous présentés auprès d'elle.

Lauren Boebert – les électeurs pourraient dire stop aux comportements outranciers

Si les démocrates ont le «squad», le surnom du groupe de représentants se regroupant autour d’Alexandria Occasio-Cortez, Boebert, elle, faisait partie de l’équipe de pro-Trump réunie autour de Marjorie Taylor Greene.

Comme cette dernière, elle s’est fait connaître aussi pour de nombreuses polémiques liées à son comportement en chambre, ses propos haineux, ses positions proarmes et antiavortement, et, bien évidemment, ses affirmations comme quoi Joe Biden avait volé l’élection présidentielle de 2020.

On se souvient par exemple de ses cris et autres propos outranciers à la Chambre lors d’un récent discours de l’état de l’Union de Joe Biden.

Son comportement a amené le magazine Salon à aller à la rencontre des électeurs de son comté. Plusieurs ont répondu qu’ils souhaitaient la voir partir.

C’est aussi une personnalité qui lie la place des armes dans la société américaine à la sainteté de Jésus Christ. Elle a par exemple l’habitude de célébrer Noël à l’aide de fusils d’assaut.

Quant au groupe des proches d’Occasio-Cortez, elle préfère l’appeler non pas le «squad», mais le «Jihad Squad».

Alors que son élection devait être assurée vu la composition de son comté, elle est sur la voie d'être défaite ce soir, lorsque l'ensemble des votes de son comté seront comptabilisés.

Mehmet Oz – même une candidature institutionnelle est à risque si Trump la soutient

Mehmet Oz avait tout pour lui malgré les différentes casseroles qui lui collaient à la peau pour de nombreux commentateurs politiques.

En effet, si les critiques de parachutage électoral ou sa déconnexion avec l’électeur moyen pouvaient jouer contre lui, Oz avait le soutien institutionnel de l’ensemble du Parti républicain.

Sa personnalité médiatique lui permettait en plus d’être un régulier des apparitions sur Fox News, renforçant ainsi un effet chambre d’écho qui devait être à même de pouvoir l’aider à motiver son électorat le 8 novembre.

Il n’en a pas été ainsi. 

Plusieurs sondages de sorties d’urnes ont montré que finalement les problèmes de santé de son adversaire, John Fetterman, n’étaient pas le sujet majeur de l’urne. C’était en fait la défense du droit à l’avortement.

Alors qu’Oz a pu recevoir le soutien sans faille de Donald Trump, les électeurs ont préféré se tourner vers son adversaire démocrate. 

Les fortunes des candidats républicains pro-Trump n’ont pas été celles qui étaient escomptées. Une personne doit cependant être heureuse en Ron DeSantis, alors qu’approche la primaire du parti pour 2024.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.