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L'Asie s'immisce dans nos forêts: un risque pour la sécurité nationale

L'Asie s'immisce dans nos forêts: un risque pour la sécurité nationale
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La filière forestière québécoise va jouer un rôle de premier plan dans la transition vers une économie à faibles émissions de carbone. Les innovations de la bioéconomie et l’utilisation accrue de la biomasse forestière vont nous permettre, dans les prochaines années, de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, tout en favorisant le développement des régions du Québec. 

En ce sens, l’industrie forestière est appelée à devenir un secteur hautement stratégique, tout comme celui des minéraux critiques dans le contexte de l’électrification des transports.

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Considérant cette situation, comment devons-nous interpréter la vente de Produits forestiers Résolu (PFR), à Paper Excellence? Sommes-nous prêts à accepter que le plus grand détenteur de droits de coupe au Québec passe dans le giron d’une filiale d’Asian Pulp and Paper, ce géant des pâtes et papiers installé en Indonésie et en Chine? N’y-a-t-il pas là une question de sécurité nationale?

Produits essentiels

PFR est l’un des plus grands producteurs de pâte kraft au Québec, un élément essentiel dans la fabrication de nombreux produits de consommation, comme les papiers hygiéniques et les produits d’emballage.

Si Paper Excellence décide d’exporter en Asie la pâte kraft produite ici, sans la transformer au préalable, quels en seront les effets sur notre chaîne d’approvisionnement? Devons-nous anticiper des distorsions sur les prix de la pâte kraft et une concurrence que ne pourraient soutenir les plus petits producteurs? Les inquiétudes sont aussi grandes en ce qui a trait aux produits de commodité; allons-nous vivre une pénurie de matériaux de construction dans un contexte de manque de logement?

Ne pas soulever ces questions serait irresponsable, surtout dans la situation actuelle où nous savons que l’utilisation durable de la forêt passe par le développement de produits à forte valeur ajoutée.

Caribou forestier

Il en va également de la survie du caribou forestier et du caribou montagnard, puisque l’une des pistes de solution pour assurer la pérennité de ces espèces suppose de réduire la pression sur les territoires de coupe.

Pour y arriver, il sera nécessaire de construire une chaîne de valeur plus robuste avec le soutien financier des gouvernements. Comment planifier cette nécessaire transition du secteur forestier avec un joueur qui contrôle le quart de la forêt québécoise et dont le centre de décision se retrouve en Asie?

Au demeurant, si nous acceptons volontiers que l’argent public soit utilisé pour soutenir des industries, c’est dans l’optique que les retombées économiques serviront à maintenir notre filet social. La fiscalité qui s’appliquera à Paper Excellence nous permettra-telle de tirer pleinement profit des richesses dégagées de notre forêt?

Finalement, la forêt québécoise est un formidable outil de développement régional, qui doit se faire par une concertation constante avec les milieux. Si, par le passé, la vente de terres agricoles à des intérêts étrangers a soulevé un tollé, c’est que nous craignions, à juste titre, de perdre le contrôle sur la gestion de notre territoire.

Dans le même ordre d’idées, la vente de PFR, si elle se concrétise, soulève une question fondamentale: allons-nous garder le contrôle de cette richesse naturelle qu’est notre forêt?

Mario Simard, Porte-parole du Bloc Québécois en matière de Ressources naturelles, Député de Jonquière

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