/news/currentevents
Navigation

Procès pour agression sexuelle: Harold LeBel a affirmé à la plaignante n’avoir «aucun souvenir» en raison de l’alcool

Coup d'oeil sur cet article

En réponse à une lettre reçue par courriel de sa présumée victime en février 2020, Harold LeBel a affirmé n’avoir « aucun souvenir » des événements, mettant sur le compte de l’alcool les gestes que lui reproche la plaignante.

• À lire aussi: La plaignante relate sa nuit d’enfer: LeBel aurait fait des attouchements à sa victime

• À lire aussi: Le procès d’Harold LeBel s’ouvre à Rimouski

Il n’est toujours pas décidé si la défense fera témoigner ou non Harold LeBel. Cette décision devrait être annoncée jeudi, après que la couronne aura complété sa preuve. L’ex-député est accusé d’agression sexuelle sur une femme, accusation pour laquelle il a plaidé non coupable.
Capture d'écran, TVA Nouvelles
Il n’est toujours pas décidé si la défense fera témoigner ou non Harold LeBel. Cette décision devrait être annoncée jeudi, après que la couronne aura complété sa preuve. L’ex-député est accusé d’agression sexuelle sur une femme, accusation pour laquelle il a plaidé non coupable.

La plaignante au dossier a témoigné mercredi avoir envoyé un long courriel à Harold LeBel en février 2020, soit un peu plus de deux ans après la présumée agression survenue à l’automne 2017.

Dans cette lettre, elle racontait les gestes qu’elle lui reproche. Les avances, un baiser forcé, le soutien-gorge détaché, les mains « baladeuses » qui seraient allées jusqu’à l’insertion d’un doigt dans ses fesses.

Décrivant sa relation antérieure aux événements avec Harold LeBel comme une amitié « précieuse », elle y parle de la nuit de l’automne 2017 comme de « la grande brisure ».

  • Écoutez la brève d’actualité avec Alexandre Moranville diffusée chaque jour en direct 12 h 55 via QUB radio :

 

En réponse le lendemain, Harold LeBel affirmait être « plein de questionnements », un malaise évident s’étant installé entre lui et la femme depuis les événements présumés. C’est alors qu’il a écrit n’avoir « aucun souvenir de tout ça ».

« Je me souviens m’être réveillé à côté de toi en me demandant ce que je faisais là. Voilà une soirée d’alcool que je voudrais n’avoir jamais connue », a écrit celui qui était toujours à cette époque député de Rimouski, ajoutant être « désolé ».

« Ce n’est pas moi, ça. »

Questionnée par la procureure de la couronne sur l’état de l’accusé en lien avec l’alcool lors de cette soirée, la plaignante a indiqué que malgré quelques verres, tout était « normal ».

Peur de subir les conséquences

La femme a aussi raconté n’avoir pas voulu au départ faire de vague avec la présumée agression, craignant qu’on la voie comme une fautrice de trouble qui s’attaquait à un homme « super aimé », avec une « excellente réputation ».

« On a peur de notre crédibilité parce que c’est tellement une personnalité appréciée qu’on a peur que ce soit nous qui subissions les conséquences », a-t-elle expliqué au jury.

C’est notamment le mouvement « Moi aussi » et l’arrestation d’une autre personnalité connue du monde politique pour agression sexuelle qui ont réveillé chez la femme un certain malaise avec sa propre situation.

« Est-ce que si je ne dis rien, d’autres personnes vont peut-être subir la même chose que j’ai eue », s’est demandé la femme. « J’ai commencé à me sentir mal dans ma peau en ne disant rien. »

Retour sur les faits

Comme mardi, la femme a relaté avoir été embrassée par le député après avoir pris quelques verres à son condo avec une troisième personne qui était à ce moment au lit.

La plaignante et cette autre personne étaient de passage à Rimouski pour des raisons professionnelles et étaient hébergées par LeBel.

En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense a largement questionné la décision de la plaignante de ne pas rejoindre son amie qui se trouve tout près à ce moment-là.

« Elle est là. Elle est à peine à deux mètres de vous. [...] Vous n’allez pas la rejoindre, vous n’allez pas chercher son assistance », a questionné Me Maxime Roy.

« Il est resté [devant la porte de la salle de bain] quelques minutes, mais quand il va quitter, je me dis : “enfin, il a compris le message”. Pour moi à ce moment-là, l’histoire est close, il a compris le message », a répondu la femme.

« Pour acheter la paix »

Allant ensuite se coucher dans le salon, elle aurait toutefois été rejointe par Harold LeBel, qui lui a demandé de se coucher avec elle, ce qu’elle a accepté « pour acheter la paix » a-t-elle relaté, souhaitant qu’il avait compris son refus.

« Je m’en suis voulu pour ça », a-t-elle ajouté en contre-interrogatoire.

Harold LeBel a plaidé non coupable à l'accusation d’agression sexuelle. Son procès devant jury, qui se poursuivra jeudi, est prévu pour une durée de deux à trois semaines. 

Extraits du témoignage de la présumée victime 

À propos de la quantité d’alcool bue ce soir-là :

« Il a l’air d’avoir pris quelques verres comme moi. Peut-être un peu pompette j’imagine, mais je n’ai pas remarqué de différence dans la mesure où on avait une bonne discussion. [...] On avait des discussions qui se tenaient, il n’y avait rien de marquant. »


À propos du fait qu’elle n’a pas réagi à l’agression :

« [C’est] comme si le temps s’était arrêté, comme si je ne pouvais pas bouger. La peur et l’incompréhension m’ont rendue immobile. »


À propos du pyjama et des sous-vêtements qu’elle portait :

« En y repensant, logiquement pour qu’il puisse avoir accès à mes fesses, à ma craque de fesses, à mon anus, je pense qu’il a tassé mes petites culottes ou qu’il les a enlevées. Il a clairement trouvé une façon de mettre sa main là. »

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.