/news/politics
Navigation

Transferts en santé: Justin Trudeau «s’obstine», peste Legault

Coup d'oeil sur cet article

Le premier ministre du Québec affirme que Justin Trudeau ne comprend pas les besoins pressants des provinces en matière de santé et qu’il s’obstine à ne pas vouloir augmenter les transferts fédéraux.

• À lire aussi: Transferts en santé: les négociations se terminent dans l’amertume et le statu quo

• À lire aussi: La vérité avec la santé nationaliste

«Justin Trudeau ne comprend pas que toutes les provinces ont besoin d’aide», a plaidé François Legault ce matin, à l’entrée du conseil de ministre à Québec. «Je ne comprends pas que Justin Trudeau s’obstine devant une unanimité des provinces et des territoires.»  

Québec réclame 6 milliards $ supplémentaire afin de payer les dépenses de la santé qui ne cessent de croître. L’augmentation des coûts afflige aussi les autres provinces qui paient 78% des dépenses en santé. 

«L’augmentation des transferts en santé c’est une demande qui est unanime de la part de toutes les provinces. Donc, ce n’est pas une chicane entre Ottawa et Québec», a-t-il mentionné, soulignant que les provinces se retrouvent déjà dans des situations financières difficiles. «On a déjà commencé à dépenser l’argent.»  

  • Écoutez l'édito de Philippe-Vincent Foisy diffusé chaque jour à Salut Bonjour en direct 7h30 via QUB radio :

 

Chèques critiqués 

Or, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, est très critique du Québec dans ce dossier, en raison des chèques qui seront envoyés aux contribuables québécois afin de combattre les effets de l’inflation sur leur portefeuille.  

Il a affirmé que le Québec devra se justifier d’envoyer des chèques au lieu d’améliorer son système de santé. 

«Si un gouvernement est en train de faire des choix d’envoyer des chèques aux citoyens plutôt que d’investir dans le système de santé, c’est un choix qu’il va falloir justifier aux citoyens», a-t-il déclaré. 

La mesure qui a été confirmée ce matin coûtera 3,5 milliards $ à Québec, soit plus de la moitié des sommes réclamées pour les transferts en santé. 

«Je n’en reviens pas que M. Trudeau vienne dire que M. Legault ne devrait pas aider les Québécois à faire face à l’inflation. Rappelons que le Québec est l’endroit où les impôts sont les plus élevés. À un moment donné, il faut être capable aussi de bien comprendre les enjeux et ne pas faire des batailles inutiles», a-t-il indiqué, réitérant que les dépenses de santé sont celles qui augmentent le plus rapidement au pays en raison du vieillissement de la population. 

«Le gouvernement fédéral finance seulement 22% des dépenses de santé des provinces et pourtant, il reçoit 40% des impôts. Alors il faut qu’il fasse sa part», a-t-il dit.   

Québec demande que la contribution du fédéral passe de 22% à 35%. 

Pas un argument

Comme il l’avait mentionné lors du conseil de la fédération cet été, François Legault a réaffirmé que «Justin Trudeau pense qu’il est meilleur que Christian Dubé pour dire comment dépenser l’argent» des contribuables. 

En conférence de presse pour annoncer comment les montants de 400$ et 600$ promis en campagne électorale seront distribués, le ministre des Finances a rejeté l’argument du fédéral qui met en opposition les transferts en santé et l’aide de Québec pour contrer l’inflation. 

«Non, ce n’est pas un bon argument», a déclaré Eric Girard, en faisant la comparaison avec les dépenses militaires d’Ottawa et le programme fédéral pour les soins dentaires. «Ce qu’on demande est légitime (...) C’est un montant ponctuel», dit-il. 

Non négociable

À peine arrivé de Vancouver, où se déroulait la rencontre avec ses homologues provinciaux et du fédéral, le ministre de la Santé a martelé que le respect des champs de compétence du Québec est non-négociable.  

«Ça fait des mois, des années qu’on dit que c’est un champ de compétence provinciale, la santé. On a besoin de plus d’argent parce que tout le monde [connaît] l’état de notre réseau. Et c’est commun avec toutes les provinces, ce n’est pas juste une chicane Québec versus le fédéral», a souligné M. Dubé.   

Il assure que le front commun avec les autres provinces et territoires est « très fort ». Par le passé, Ottawa a souvent joué les provinces les unes contre les autres afin de signer des ententes séparées. « C’est un front commun très clair et c’est sans condition », a-t-il ajouté.   

Collaboration

De son côté, le ministre canadien de la Santé, Jean-Yves Duclos, estime que la chicane entre les premiers ministres mine le travail fait avec ses homologues des provinces.  

«On doit laisser les ministres de la Santé faire leur job. Notre job à nous, la mienne et celle de M. Dubé, c’est de prendre soin des travailleurs de la santé pour qu’eux puissent prendre soin des gens», a-t-il dit, soutenant néanmoins que les chèques versés par Québec étaient «la preuve que si la solution, c’était de l’argent, le problème serait réglé rapidement. «Parce que les provinces ont déjà des surplus», plaide-t-il.  

-Avec la collaboration de Diane Tremblay

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.