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Ferme d’Hiver: un pas de plus vers l’autonomie alimentaire grâce l’intelligence artificielle

L'entreprise peut ainsi contrôler tous les paramètres de sa production en serre

Ferme d'Hiver
Photo courtoisie Yves Daoust, fondateur et chef des technologies de Ferme d’hiver (à gauche) en compagnie de François Désautels, délégué commercial à Hydro-Québec. Lancée en 2018, l’entreprise a, dans ce court laps de temps, réussi à mener une petite révolution agricole stimulée par l’innovation.

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Produire des fraises en serre peut sembler banal, mais ajoutez-y l’intelligence artificielle et vous obtiendrez une mini-révolution agricole.

Lancée en 2018, Ferme d’Hiver a entrepris de relever un défi de taille : réinventer la manière de produire des fraises en serre en utilisant des standards industriels et une technologie de pointe, le tout à des prix abordables pour les consommateurs.

« Notre prémisse de base est de créer un pôle industriel de production maraîchère capable d’aider à réduire les importations. La technologie devait être applicable à des grands volumes de production, aider les maraîchers à augmenter leur chiffre d’affaires et leur pérennité et diminuer la saisonnalité des travailleurs », explique Yves Daoust, fondateur et chef des technologies de Ferme d’Hiver, qui avait déjà l’autonomie alimentaire en tête à l’époque.

Pour y arriver, l’entreprise a mis en place un modèle de serre verticale en environnement contrôlé, la plus grande au pays consacrée à la culture de la fraise. 

Contrairement aux serres traditionnelles, Ferme d’Hiver travaille dans un milieu complètement fermé. Avec ce système, elle décide en tout temps de l’ensoleillement, de la température et de la pluie, le tout sans pesticides. Même la pollinisation est incluse dans le système grâce à des bourdons évoluant dans les serres. L’énergie et l’eau sont également entièrement réutilisées. 

Le virage numérique en serre

Cela n’est cependant que la pointe de l’iceberg. L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) est la véritable révolution.

« Avec l’IA, on contrôle tous les paramètres de croissance », dit le fondateur.

M. Daoust compare le métier traditionnel d’agriculteur à celui d’un urgentologue qui doit sans cesse gérer des crises liées à l’environnement. Avec l’IA, on s’approche davantage de la médecine sportive qui mène au dépassement. 

« Je dois entretenir une plante pour qu’elle donne le maximum de sa performance. La génétique est capable de faire plein de choses qu’elle ne se savait pas capable de faire. »

La serre pourra également automatiser ses opérations en harmonie avec l’IA, pour être le plus efficace possible tout en reposant sur les besoins du marché. 

Ferme d’Hiver travaille en collaboration avec plusieurs partenaires universitaires pour rendre possible l’IA dans le fonctionnement de la serre. L’École de technologie supérieure (ÉTS), l’Université Laval, l’Université de Montréal et les HEC contribuent en apportant chacun son expertise.

À terme, Ferme d’Hiver développera un jumeau numérique documentant tout ce que les fraises intègrent durant leur production, de l’eau à la lumière, ainsi que leurs réactions. 

« La plante parle aux systèmes environnementaux et dit ce dont elle a besoin », illustre M. Daoust. Il faut d’abord élaborer ce qu’il appelle « une ombre numérique », soit un simulateur permettant de comprendre les conséquences des variations des paramètres dans l’environnement de la serre.

Remplacer les importations 

Bien qu’en développement, Ferme d’Hiver a réalisé sa première récolte en 2021. Exploitée par une famille de maraîchers de Vaudreuil, la serre a doublé de capacité, cette année, pour un total de 1150 mètres carrés. La production devrait atteindre 180 000 kilos de fraises en 2022. 

Les fraises sont en vente en petites quantités dans plusieurs épiceries IGA, le partenaire commercial de l’entreprise. Le nombre d’épiceries desservies devrait augmenter à l’approche des Fêtes. 

D’ici 2025, Ferme d’Hiver vise à remplacer 10 % des importations de fraises qui représenteraient, selon ses chiffres, 13 millions de kilos, en étant en activité d’octobre à juin. 

Le choix de la fraise n’est d’ailleurs pas anodin, car il est le fruit le plus vendu dans la section des fruits et légumes, tout en étant le plus contaminé lorsqu’exploité à l’extérieur.

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