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Des enfants malades transférés d'urgence à 150 km de chez eux

Little Asian girl is sick in a bed with an oxygen mask in hospital
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Des petits malades de la Rive-Sud ont dû être conduits aussi loin qu’à Sherbrooke pour se faire soigner dans le dernier mois vu l’achalandage sans précédent des deux urgences pédiatriques de Montréal.

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Un bébé de Châteauguay a ainsi récemment été transporté sur 175 kilomètres, gyrophares activés, jusqu’à l’hôpital de Fleurimont, en Estrie. 

L’Hôpital de Montréal pour enfants, pourtant situé à environ 20 kilomètres de chez lui, et le CHU Sainte-Justine, à 25 kilomètres, étaient à pleine capacité. 

«L’enfant était assez instable, on a dû vérifier vraiment souvent ses signes vitaux, c’était loin d’être idéal», témoigne un soignant qui l’a accompagné et qui souhaite garder l’anonymat.

Le cas de trop

Si les transferts sur de longues distances sont monnaie courante dans des régions éloignées en raison de l’éloignement des soins intensifs spécialisés en pédiatrie, ils sont de plus en plus fréquents dans la couronne montréalaise, constate le Dr Marc Girard, du CHU Sainte-Justine. 

«Dans le contexte actuel, on ne peut plus juger [d’où envoyer le patient] en fonction de la proximité du centre où il se trouve», explique le directeur des services professionnels de l’établissement. 

«Si Sainte-Justine reçoit trois bronchiolites dans la même heure, je ne peux pas en recevoir une quatrième. Ma salle de réanimation ne contient que trois places», illustre-t-il.

Dans ces cas, c’est le Centre de coordination en périnatalogie et pédiatrie du Québec qui orchestre les transferts afin de mieux répartir les enfants malades entre les quatre urgences pédiatriques du Québec.

Sur les 80 transferts du dernier mois, 8 en provenance de la Rive-Sud ont été redirigés à Sherbrooke et 5 de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont été à Québec, selon les données du Dr Girard.

Même des enfants habituellement évacués par avion de l’Abitibi-Téminscamingue jusqu’à Montréal ont été redirigés vers Québec par manque de place dans le dernier mois, témoigne un autre paramédic de Québec. 

«C’est difficile actuellement. Mais quand une unité est pleine, c’est sûr qu’on s’entraide [entre hôpitaux]», glisse le chef du département de pédiatrie du CHUS Fleurimont Jean-Sébastien Tremblay-Roy. 

Des kilomètres d’angoisse

Quand ce genre de transfert est nécessaire, une infirmière et une inhalothérapeute accompagnent l’enfant et l’équipe de paramédics.

«Mais on a beau avoir le personnel à bord, si l’état d’un petit se dégrade, une ambulance ne sera jamais une salle de réanimation. L’espace et les moyens sont limités», s’inquiète une paramédic de la Rive-Nord qui a reconduit un enfant de Saint-Jérôme, dans les Laurentides, à Sherbrooke cette année. 

Sans compter que, pour les parents, la logistique d’un séjour loin de la maison s’ajoute à l’angoisse de voir leur enfant hospitalisé, souligne-t-elle. 

Chirurgies reportées

Pour le Dr Marc Girard, la flambée actuelle d’infections respiratoires qui entraîne ces transferts laisse aussi présager des retards qui affecteront les soins pédiatriques à plus long terme.

«Cette vague de bronchiolite est tellement importante [...] qu’on est obligés de couper à quelque part pour y répondre. C’est ça ce qui est le plus troublant», laisse-t-il tomber. 

Déjà, des chirurgies électives ont dû être reportées par manque de lits aux soins intensifs, avancent les deux docteurs, une situation qui n’est pas sans rappeler la COVID.  

«Est ce que la vague sera telle qu’on va manquer de lits? Je ne pense pas. Mais on a des rencontres tous les jours avec le ministère pour se préparer au pire», conclut Dr Girard. 

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