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Qui a peur d’un simple masque?

Quebec
Photo Stevens Leblanc Qui regarde encore les rares points de presse du Dr Luc Boileau ? Poser la question…

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En Occident, l’hyper individualisme a la couenne dure. Prenez le masque. La pandémie nous a montré que s’il est porté dans les lieux publics clos, sans être un bouclier parfait, il peut aider à limiter la propagation d’un virus respiratoire contagieux.

Il le fait cependant à la seule condition que la plupart des gens dans un même lieu le portent. Le masque n’étant pas un scaphandre, si la presque totalité des gens ne le portent pas, même ceux qui le portent sont moins bien protégés.

Or, sans surprise, dès que les gouvernements ont levé l’obligation du masque, la plupart des gens ont cessé de le porter. C’est que nous, les Occidentaux, sommes profondément individualistes.

Nous le sommes au point même où l’inconfort relatif d’un masque peut virer à l’écœurement, ou pis encore, mener à des théories délirantes de complot présentant le masque comme un outil diabolique anti-liberté.

Résultat : cette année, tous en chœur, les gouvernements occidentaux ont levé l’obligation du masque dans les lieux publics clos. Une décision clairement politique. Leur peur étant de perdre des électeurs pressés de faire semblant que la COVID était terminée.

Quelques mois plus tard, nous voilà plongés dans une tempête parfaite. En plus de la COVID et de l’influenza, d’autres méchants virus respiratoires rejoignent le bal.

Ce cocktail viral sans précédent fait déborder des urgences déjà bondées, force des reports de chirurgies et fait même craindre l’apparition d’une épidémie.

Principe de précaution

Dans un tel contexte, on croirait les gouvernements capables de ramener quelques principes de précaution, dont l’imposition temporaire du masque dans les lieux publics clos.

Depuis quelques semaines, ils se limitent toutefois à nous « recommander fortement » de porter le masque en cas de symptômes. Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario le conseille lui aussi « fortement » et plus largement qu’ici, mais sans obligation.

C’est la fameuse approche dite « syndromique » ou du « gros bon sens », dont parle le Dr Luc Boileau, directeur national de santé publique. Or, au royaume occidental du « moi », ce qui est exigeant se fait rarement tout seul.

Dans nos lieux publics – commerces, transports, écoles, etc. –, presque plus personne ne porte le masque. Adultes et enfants, les gens malades font comme si de rien n’était. Ça tousse ou éternue leur vie, sans hésiter et sans masque.

Pas de la torture

Inutile donc de sermonner les gens parce qu’ils font ce qu’ils ont le droit de faire. Si elle n’est pas obligée, l’« étiquette respiratoire » dont le Dr Boileau dit vouloir faire une nouvelle « norme sociale », comme le Dr Arruda bien avant lui, c’est de la politique-fiction.

En santé publique, parce qu’on ne changera pas l’individualisme occidental de sitôt, les autorités doivent imposer certaines mesures lorsque nécessaire. Pour le moment, elles s’y refusent.

Avec la vaccination, le masque est pourtant un outil de protection mutuelle. Il est imparfait, mais quand la plupart des gens le portent, son efficacité augmente. Encore faut-il toutefois l’imposer.

D’autant plus qu’après trois ans de pandémie, nous sommes tous très fatigués. Ce qui contribue aussi au refus de porter le masque volontairement.

Et les rares points de presse du Dr Boileau ? Qui les regarde encore ?

Le temps de passer la tempête, dont le magasinage des Fêtes, tous cordés dans les commerces, le vrai « gros bon sens » ne serait-il pas le retour temporaire du masque obligatoire dans les lieux publics clos ? Poser la question...

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