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Les immigrants réclamés comme solution à la pénurie de main-d'oeuvre

Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec
Photo d'archives, AGENCE QMI Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec

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L’urgence d’intégrer les immigrants pour combler les 1,4 million de postes à pourvoir d’ici 10 ans sévit comme jamais, particulièrement dans les régions du Québec, a-t-il été dit, mercredi, lors du troisième Sommet sur l’immigration au Québec tenu à Drummondville.

«On doit absolument élargir le bassin de travailleurs», a fait valoir Karl Blackburn, président et chef de la direction du Conseil du patronat du Québec, en plénière, durant la rencontre à laquelle ont participé des intervenants de divers secteurs intéressés par la question de l’immigration.

Selon M. Blackburn, 1,4 million de postes seront disponibles à la suite des départs à la retraite au cours des 10 prochaines années au Québec. De ce nombre, 22 % devront être comblés par l’immigration.

Le portrait statistique plutôt alarmant présenté lors de l’événement indique que le Québec perd chaque année environ 120 000 travailleurs en raison de départs à la retraite. Et la situation se dégrade.

«Actuellement il y a 0,8 chômeur pour un poste vacant. On vit ça pour la première fois au Québec», a exposé pour sa part Roger Tremblay, sous-ministre associé d’Emploi-Québec, au cours du sommet.

Roger Tremblay, sous-ministre associé d’Emploi-Québec
CAROLINE LEPAGE/AGENCE QMI
Roger Tremblay, sous-ministre associé d’Emploi-Québec

À titre de comparaison, pour un seul poste vacant, il y avait 12 chômeurs en 2010 et 3875 vers la fin des années 1980.

«C’est une situation qui est extrêmement préoccupante pour l’ensemble des employeurs du Québec», a commenté M. Blackburn.

Le «clash» des régions

Puis, malgré les efforts pour attirer les nouveaux arrivants en région, 86 % d’entre eux s’établissent toujours à Montréal. Cette tendance, qui est stable depuis 10 ans, représente une mauvaise nouvelle pour les entreprises aux quatre coins du Québec, qui affichent la plupart des postes à combler.

«Il y a un clash qu’on vit actuellement et c’est sûr que ça met de la pression très forte sur la régionalisation de l’immigration», a mentionné Roger Tremblay.

En région, ce sont bien souvent des PME qui effectuent le travail de recrutement et d’intégration des immigrants, avec peu de ressources. Elles doivent leur trouver un logement, s’assurer qu’ils ont du transport, une garderie, etc.

«C’est un travail herculéen!», s’est exclamé Jean Lortie, président par intérim à la Commission des partenaires du marché du travail.

Pas seuls sur la patinoire

Les provinces canadiennes se livrent aussi une compétition féroce pour attirer ces immigrants.

Selon les panélistes, une entreprise de Chibougamau qui a recruté 60 travailleurs des Philippines craint de se les faire voler maintenant qu’ils sont formés et intégrés.

«Ils arrivent au Québec et s’en vont Ontario et Colombie-Britannique qui leur promettent mers et mondes», déplore M. Lortie.

En guise de solution, des acteurs implorent le gouvernement du Québec de rehausser sa capacité d’accueil de 50 000 à 80 000 immigrants par an.

Depuis 2017, le nombre de travailleurs étrangers est passé de 7000 à 23 000 au Québec.

«C’est une progression quand même très significative», a souligné Karine Dumont, sous-ministre au ministère de l’Immigration.

Les immigrants francophones priorisés

Pas moins de 80 % des nouveaux arrivants issus de l’immigration économique au Québec parlent français et les démarches de recrutement continueront de les prioriser, a assuré la ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, lors du troisième Sommet sur l’immigration, mercredi, à Drummondville.

Christine Fréchette, ministre de l’Immigration
CAROLINE LEPAGE/AGENCE QMI
Christine Fréchette, ministre de l’Immigration

«On va bien sûr mettre l’accent sur les pays francophones de telle sorte qu’on puisse avoir plus d’immigrants qui connaissent déjà le français ou qui sont en mesure de faire des transferts linguistiques assez aisément», a déclaré la ministre.

Les dossiers des immigrants francophones de l’Europe, l’Afrique du Nord et de l’Amérique latine seront ainsi traités prioritairement.

Contrairement à son prédécesseur qui avait semé un tollé avec ses propos controversés durant la récente campagne électorale, la ministre affirme qu’il n’y a pas nécessairement de problèmes liés à la francisation des immigrants au Québec. Elle promet surtout des développements avec le lancement de Francisation Québec en juin 2023.

Cette porte d'entrée unique pour l'apprentissage du français découle de la loi 96.

«C’est une loi vraiment importante qui accorde un droit à l’apprentissage du français pour tous», a avancé pour sa part le sous-ministre adjoint Frederico Fonseca.

Ce dernier a présenté les «grands gestes» posés par l’administration Legault en matière de francisation.

«Il y a eu de grandes avancées au cours des dernières années », a-t-il dit, précisant que la francisation compte actuellement sur un réseau de 120 partenaires et plus de 550 enseignants.

Actuellement, 4000 élèves répartis dans 216 groupes suivent des cours de francisation à temps complet. Plus de 10 000 élèves répartis dans 542 groupes sont inscrits à temps partiel, à raison de 4 à 15 heures par semaine.

Des cours de francisation en ligne seront disponibles pour ceux qui préfèrent l’autoformation. La ministre Fréchette compte aussi pouvoir enseigner le français aux immigrants dans leur pays d’origine, avant leur arrivée au Québec.

«On va continuer d’asseoir et de consolider le modèle et de rendre ça plus sexy», a conclu M. Fonseca.

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