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Procès d’Harold LeBel: le témoignage de la victime «invraisemblable», insiste la défense

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Demandant au jury l’acquittement de son client, l’avocat d’Harold LeBel a qualifié de «contradictoire» le témoignage de la plaignante durant ses plaidoiries mercredi matin. «On ne parle pas d’une petite invraisemblance sur la couleur des rideaux, on est au cœur, au noyau dur de ses affirmations», a insisté Me Maxime Roy.

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Pour l’avocat, le témoignage de la victime doit soulever le doute raisonnable chez les 14 jurés, qu’il a d’ailleurs longuement entretenus sur cette notion phare du système de justice.

«Au fond, la preuve, c’est M. LeBel et la plaignante. [...] Si au terme de vos délibérations, et ça arrive, on se dit: “Je ne sais pas qui croire”, ce sera un signe que vous entretenez un doute et vous devrez revenir avec un verdict de non-culpabilité», a rappelé Me Roy.

Plusieurs doutes pour la défense

Se lançant ensuite dans son analyse du dossier, l’avocat a affirmé avoir décelé de nombreuses contradictions dans le témoignage de la plaignante.

Parmi celles-ci:

  • Comment «un bon gars, qui n’avait jamais tenté de la séduire» s’est tout à coup «transformé en prédateur»?
  • Comment aurait-il pu dégrafer son soutien-gorge à une main du premier essai alors qu’elle portait une robe et une veste par-dessus?
  • Pourquoi, s’il l’avait agressée toute la nuit, «pendant cinq heures», LeBel aurait texté la victime le lendemain la remerciant de «l’avoir laissé la coller»?
  • Pourquoi elle aurait texté son amie couchée tout près, mais qu’elle n’est jamais allée la rejoindre en sortant de la salle de bain où elle «tremblait de peur»?
  • «Posez-vous la question: il est où le texto? Pourquoi elle ne l’a pas conservé? Êtes-vous convaincus par ses explications? [...] On est dans le cœur de l’agression», a questionné Me Roy.

Contacts après les faits présumés

Même constat pour la défense sur la relation que la présumée victime et Harold LeBel ont continué d’entretenir après les faits. Disant ne pas vouloir créer de remous vu la position de son présumé agresseur, la jeune femme a confirmé en contre-interrogatoire avoir eu certains échanges ou contacts avec le député après les faits allégués.

«Le week-end suivant, rappelez-vous qu’elle ne vous en a pas parlé dans son témoignage, elle est seule avec M. LeBel en auto et elle lui pointe l’endroit où elle a grandi. Est-ce que c’est cohérent avec quelqu’un qui dit qu’il y a un malaise ou un non-dit» a soulevé Me Roy.

«Il y a une distinction entre ne pas créer de remous et volontairement faire des gestes envers celui qui est maintenant l’accusé», estime l’avocat de la défense.

«Je vais aller droit au but, j’estime que le récit de la plaignante quant à l’agression qu’elle relate est invraisemblable», a plaidé Maxime Roy. «Certaines invraisemblances, à elles seules, j’estime, pourraient soulever un doute raisonnable. Mais le cumul de l’ensemble des invraisemblances est trop grand et devrait vous conduire à rejeter son témoignage.»

Client crédible

Me Roy a également soulevé au jury le contre-interrogatoire de son client par la poursuite, qu’il a décrit comme étant «réduit à des détails, des sujets très périphériques».

L’avocat de la défense estime qu’en questionnant Harold LeBel sur ses souvenirs de l’événement du Metropolis en 2012, l’heure du départ d’une activité qui avait lieu la veille de la présumée agression, la durée du moment où il a été seul durant son interrogatoire policier, la Couronne a «rehaussé la crédibilité» de son client.

«Je connais Me [Jérôme] Simard (le procureur de la Couronne), c’est un très bon avocat. Mais une chose que j’ai apprise avec les années, c’est que le meilleur des avocats ne peut pas mener un bon contre-interrogatoire quand on est face à un accusé qui dit la vérité», a exposé Me Roy, ajoutant qu’on ne peut pas «créer des contradictions sorties de nulle part».

Pas de décision avant lundi prochain

La procureure de la Couronne Manon Gaudreault livrera à son tour ses plaidoiries au jury en après-midi mercredi.

S’ensuivra une conférence entre le juge et les deux parties pour déterminer les directives finales qui seront présentées au jury lundi prochain. Après quoi les jurés seront séquestrés pour les délibérations qui mèneront au verdict.

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