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Procès pour agression sexuelle: la Couronne remet en doute la «mémoire sélective» d'Harold LeBel

Les plaidoiries se sont complétées mercredi au procès de l’ex-député

L’ex-député Harold LeBel
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES L’ex-député Harold LeBel

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La procureure de la Couronne a invité les jurés à remettre en doute la version d’Harold LeBel dans son dossier d’agression sexuelle : «Est-ce que sa mémoire est sélective? Posez-vous cette question», a-t-elle insisté.

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Me Manon Gaudreault présentait mercredi après-midi ses plaidoiries dans le dossier de l’ex-député péquiste de Rimouski. La défense avait présenté son argumentaire en matinée.

Rapidement, elle a invité le jury à se questionner sur les divergences entre le témoignage de l’accusé et divers éléments qui ont été présentés en preuve, comme son interrogatoire de police ou bien les échanges qu’il a eus avec la plaignante après les faits présumés.

Rappelant qu’Harold LeBel avait dit «être désolé de tout ça» et avoir indiqué «être désolé pour cette soirée» à la victime dans un échange courriel en 2020, la procureure a demandé au jury de bien réfléchir.

«La version de l’accusé qui nie les contacts sexuels, est-ce que c’est compatible avec ses propres regrets et ses propres excuses? [...] Est-ce que c’est logique? Vous, est-ce que vous vous excusez de choses que vous n’avez pas faites? Est-ce que vous demandez pardon à ceux qui vous font des reproches injustifiés», a questionné Me Gaudreault.

Éviter les idées préconçues

En réponse aux questions que pourraient avoir les jurés sur certaines décisions prises par la présumée victime ce soir d’automne 2017, la procureure a été directive : il n’existe pas de bonne manière de réagir à une agression sexuelle.

«On ne doit pas tomber dans les idées préconçues en disant qu’une personne agressée doit réagir de telle ou de telle manière», a-t-elle souligné au jury, les invitant plutôt à se mettre à la place de la femme.

«Elle fige, elle a peur. Elle a peur que ça soit pire si elle montre qu’elle ne dort pas. Elle se sait vulnérable face à cet homme qu’elle ne reconnait pas. Oui elle aurait pu aller dormir à l’hôtel, elle aurait pu réveiller son amie [...] mais ce n’est pas ça la question», a insisté la procureure de la couronne, invitant les jurés, les «gardiens des faits», à justement s’en tenir aux faits.

Se concentrer sur le fond

Aux prétentions de la défense qui remettait notamment en doute le fait qu’Harold LeBel ait pu enlever le soutien-gorge de la femme «à une main, du premier essai, alors qu’elle portait une robe et une veste par-dessus», Manon Gaudreault tenait à recadrer le jury.

«Peut-être êtes-vous surpris d’apprendre qu’il a détaché son soutien-gorge d’un seul geste, d’une seule main. Mais est-ce que ça se peut? Est-ce que c’est impossible? Impossible et difficile n’est pas la même chose», a rappelé la procureure.

Ce fait et d’autres qui ont été soulevés par la défense ont été minimisés par la couronne, qui a cherché mercredi à ramener le jury sur le fond de l’affaire et sur l’ensemble du témoignage de la victime.

«Qu’est-ce qui est important? [...] Est-ce que le fait de ne pas avoir réponse à ces questions vous ébranle sur la véracité de cette agression? Qu’est-ce qui est important, vraiment», a demandé l’avocate aux membres du jury.

«Je vous invite à prendre un pas de recul et regarder l’ensemble de la preuve», a réclamé la représentante du ministère public. «Regardez bien l’image, vous ne pourrez pas y voir autre chose qu’une agression sexuelle.»

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