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Renouer avec le masque? Oui, mais...

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Reprise d’un vieux rituel. Le directeur de santé publique et le ministre de la Santé, solennels, nous demanderont de renouer avec le masque dans les espaces publics.

On nous dira que c’est un acte de civisme, que c’est pour protéger les aînés et les tout petits. C’est vrai. On nous dira que cette vague de virus respiratoire frappe d’un océan à l’autre. C’est vrai aussi.

Mais on nous dira aussi que c’est pour protéger le réseau de la santé.

Et c’est là que plusieurs décrocheront. Pas par manque de solidarité, mais parce que gérer le réseau de la santé, le protéger, le sauver même, c’est la job du gouvernement.

Et à ce chapitre, malgré ses efforts et sa bonne foi, le bilan est bien mitigé.

Dans le rouge 

Lorsqu’il a dévoilé son Plan santé, le ministre Christian Dubé a promis un tableau de bord contenant toutes les données sur l’état du réseau. Un geste de transparence qu’il avait comparé à la blague à un bulletin en temps réel.

Personne ne s’est jamais imaginé que sa réforme porterait fruit immédiatement. Comme pendant la COVID, on ne passerait pas du rouge au vert en criant « ciseau » !

N’empêche, 6 mois plus tard, on se serait au moins attendu à ce que les choses se soient stabilisées.

Mais non, depuis septembre dernier, il y a moins d’employés dans le réseau, les heures supplémentaires ont augmenté, l’usage des agences de placement aussi, tout comme la liste d’attente pour les soins à domicile.

Seule embellie, le Guichet d’accès à la première ligne semble commencer à porter ses fruits. Quatre-vingt-neuf pour cent des patients ont eu accès à un service en 36 heures.

La 6/49

Loto-Québec nous a longtemps répété que l’argent, ça ne change pas le monde, sauf que.... Sauf que rien.

Depuis un an, le gouvernement du Québec a mis plus de 2 milliards $ sur la table pour renchausser le réseau.

Il y a eu l’offensive pour recruter des infirmières à temps plein. Puis 904 M$ pour « rétablir le système de santé », lire ici changer la gestion dans les hôpitaux, mettre fin aux heures supplémentaires obligatoires, décentraliser, moderniser. Et enfin, un autre 394 M$ pour améliorer l’accès aux soins et services.

Un an après la campagne de recrutement, 6 mois après le budget, ça va aussi mal qu’avant.

Le mot en E

On peut bien critiquer l’ingérence d’Ottawa dans la santé avec ses objectifs et ses conditions. N’empêche, on a tous compris que le problème dépasse largement la question du financement.

Car il y a un mot qui manque cruellement dans tout le débat sur la santé, le mot efficacité. 

Efficacité, comme dans mettre les bonnes ressources aux bons endroits, cesser de faire perdre du temps aux médecins avec des formulaires bidons. Efficacité, comme dans faire mieux sans plus d’argent.

On voit bien que le ministre Dubé y rêve. Son tableau de bord contient même une section « Innovation ». Elle demeure « en développement », le temps qu’il réussisse à dompter le dragon de l’inertie qui règne sur son mammouth. 

  • Écoutez la rencontre Latraverse-Dumont diffusée chaque jour en direct 17 h via QUB radio :

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