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«Elle a dit» : L’enquête qui a fait tomber Harvey Weinstein

«Elle a dit» : L’enquête qui a fait tomber Harvey Weinstein
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Jodi Kantor et Megan Twohey, incarnées par Zoe Kazan et Carey Mulligan, sont les journalistes du «New York Times» qui ont mené l’enquête sur Harvey Weinstein, leur article permettant le début des poursuites judiciaires contre le producteur américain. 

Le 5 octobre 2017, le «New York Times» publie, en une, les révélations de Jodi Kantor (Zoe Kazan) et Megan Twohey (Carey Mulligan). L’article, «Harvey Weinstein Paid Off Sexual Harassment Accusers for Decades» («Harvey Weinstein a payé des femmes qui l’accusent de harcèlement sexuel pendant des décennies»), crée un séisme dans l’industrie du cinéma. Ashley Judd, notamment, y témoigne du harcèlement dont elle a été victime. Le producteur maintes fois oscarisé est remercié de sa compagnie trois jours plus tard. Et de nombreuses autres actrices le dénoncent alors. Aujourd’hui, après avoir été condamné à 23 ans de prison dans l’État de New York, Weinstein fait face à la justice de Californie alors que 11 chefs d’accusation de viol et d’agressions sexuelles ont été retenus contre lui.

C’est lors du New York Film Festival en octobre dernier que le film «Elle a dit» a été présenté pour la première fois. Le festival ayant été abondamment fréquenté par le producteur déchu qui aurait dit, lorsque des rumeurs sur l’imminence de la publication de l’article du «New York Times» ont été rapportées par «Variety»: «L’histoire a l’air tellement bonne que je veux en acheter les droits». Le producteur, et c’est une volonté claire de la production, n’apparaît que très brièvement de dos, en silhouette, et le nom de l’acteur qui le joue n’est pas dévoilé.

Devant une salle comble, Ashley Judd, qui tient son propre rôle dans le long métrage, s’est souvenue que son père l’attendait à sa sortie de sa rencontre avec le producteur en 1996. «Quand je suis descendue de la chambre, il savait que quelque chose de dévastateur venait de se produire, il pouvait le lire sur mon visage.» La mère de l’actrice, décédée il y a quelques mois, avait encouragé sa fille à témoigner, tant pour l’article des deux journalistes, qu’au moment du procès. Pour elle, «c’était une validation importante que quelqu’un veuille enfin écouter et faire quelque chose. Et ce film est la prochaine étape.»

Quels changements?

Le film chronique les détails de l’enquête des deux journalistes récipiendaires du prix Pulitzer et n’est pas sans rappeler «Tous les hommes du président» ou, plus récemment, «Le Post». Le scénario de Rebecca Lenkiewicz, adapté du livre des journalistes, a été mis en images par Maria Schrader («Unorthodox») colle d’aussi près que possible aux événements réels, quelques détails ayant été modifiés pour des besoins de passage au grand écran. «Je savais que cette histoire pouvait être à la fois “empowering” et inspirante», a-t-elle indiqué au moment du tournage.

Zoe Kazan et Carey Mulligan se sont plongées dans leurs personnages, sont devenues amies avec leurs alter ego dans la «vraie» vie, ont pu les interroger et revivre, d’une certaine manière, les situations décrites dans «Elle a dit», le film ayant également été tourné dans les locaux du «New York Times», vidés par la pandémie.

«Le film illustre la manière dont un individu peut changer une situation alors que cela semble impossible», a indiqué Zoe Kazan sur le tapis rouge. Pour Carey Mulligan, le film n’est pas noir. «J’espère que le public va en tirer un espoir, celui que le courage est récompensé», a-t-elle dit, faisant allusion au fait que les journalistes ont été intimidées et menacées lors de leur enquête.

Et si Ashley Judd a salué les changements effectués dans l’industrie du cinéma – les coordonnateurs d’intimité sur les plateaux ou encore le fait que les auditions ne peuvent plus se tenir dans des chambres d’hôtel -, il reste encore beaucoup à faire.

Ainsi, Zoe Kazan a effectué le parallèle avec la décision de la Cour Suprême américaine de ne plus garantir le droit à l’avortement lors d’un panel de discussion organisé par le «Hollywood Reporter» que «toutes les personnes qui lisent les gros titres des journaux depuis, disons le mois de mai, savent que nous vivons dans un système patriarcal oppressant».

  • «Elle a dit» prend l’affiche dès le 18 novembre.
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