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Redonner au masque ses airs de noblesse

Plastique
Photo courtoisie, Eliot Laprise La troupe Théâtre du Portage se distingue en jouant ses pièces avec des masques. C’est le cas pour Plastique.

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La troupe Théâtre du Portage se distingue en jouant uniquement des personnages masqués, afin d’offrir une version contemporaine de la commedia dell’arte, née en Italie au 16e siècle.

Pour la première fois, cette jeune compagnie pourra présenter son savoir-faire dans un établissement reconnu, soit la petite salle du Théâtre Denise-Pelletier, avec la pièce Plastique.

« On veut réactualiser la pratique du masque qui est souvent vue comme vieillotte », explique un des fondateurs, Félix Emmanuel, qui a coécrit cette œuvre avec Zoé Girard et qui assure aussi la mise en scène.

« On désire que le masque retrouve ses airs de noblesse, poursuit-il. Cela fige les traits du visage, donc cela met la loupe sur le reste du corps. »

Comme dans la commedia dell’arte, cette troupe a créé des personnages qui reviennent de spectacle en spectacle. Il y a Gilles, le mononcle farceur et naïf ; le Cracheux, le ratoureux homme d’affaires qui aime l’argent et qui est un peu parvenu ; Madeleine, l’itinérante, celle qui porte une grande dimension poétique ; et finalement la Gercée, qui est une vieille femme obsédée par la jeunesse.

« On a créé des archétypes québécois et actuels, explique l’artiste. Notre force, c’est la spécialisation des interprètes sur leur unique personnage. »

Comme avec Marvel et Le seigneur des anneaux, il estime qu’avoir des personnages récurrents, qui reviennent à chaque production, suscite une sorte de « fidélisation du public ».

Fable écologique 

Plastique se déroule en 2122. Le pétrole et le plastique ont disparu et personne ne s’en souvient vraiment. Mais quelques zélés recherchent cette matière parce qu’ils pensent qu’elle permettrait la vie éternelle.

« On a voulu inverser notre logique d’aujourd’hui, mentionne Félix Emmanuel. Ce qui est jetable et sans valeur devient un objet de convoitise. » 

Il veut donner ainsi une autre perception du plastique, dont on se débarrasse, tandis que des métaux précieux sont conservés.

Il croit que cette histoire constitue une « fable écologique » même si ce thème n’est pas central.

« Pour nous, la matière première de notre création, ce sont les protagonistes, pas le message, explique-t-il. On crée à travers leurs failles et leurs sensibilités. On part d’improvisation pour construire le canevas. Étant donné que les comédiens connaissent tellement leurs personnages, beaucoup d’idées viennent d’eux. Leur imaginaire génère une histoire. »

Pour accoucher de cette satire de notre société, ces créateurs ont été inspirés de dessins animés pour adulte, comme Les Simpsons.

« C’est une esthétique qui est associée à la jeunesse, dit Félix Emmanuel. C’est ludique, mais les thèmes sont souvent lourds. Il y a un délire qui est permis dans le dessin animé et le masque ouvre la porte à ça au théâtre. »


Plastique est présentée du 22 novembre au 10 décembre à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier.

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