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Au fin fond du Mexique, un lieu sacré à travers les âges

Anna Hope
Photo courtoisie, Jonathan Greet

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Actrice de talent, écrivaine primée, la Britannique Anna Hope raconte une quête de sens et d’histoire lors d’un étonnant pèlerinage au Mexique en compagnie d’un chaman dans son nouveau roman, Le Rocher blanc. En compagnie de son mari et de sa fille, elle s’interrogera sur l’origine du monde, fascinée par l’aura de mystère entourant un lieu sacré.

Par une série de coïncidences, une dizaine d’individus du monde entier se retrouvent dans un minibus, au fin fond du Mexique, à parcourir des routes cabossées en compagnie d’un chaman. Qu’ont-ils tous en commun ? Une fascination pour un fameux rocher blanc auquel la nation Wixarikas attribue l’origine du monde.

L’une des passagères est écrivaine et tente de prendre soin de sa fille, tout en réfléchissant à la course du monde et à l’écriture de son prochain roman. Elle découvre qu’autour de ce fameux rocher, d’autres histoires se sont déroulées. Elles pourraient l’influencer.

En remontant le fil du temps, Anna Hope décrit en effet les rêves et les folies qui ont animé les hommes et leurs conquêtes. Elle montre les contradictions, les buts et les désirs de plusieurs personnages qui se sont retrouvés devant le rocher sacré : un lieutenant en 1775, une fille en 1907, un chanteur en 1969, une écrivaine en 2020. 

Cette audacieuse odyssée au cœur de quatre siècles d’histoire a passionné Anna Hope, une actrice et écrivaine qu’on reconnaîtra surtout pour son rôle de Novice Hame dans la série Doctor Who

Des passages vécus

Elle s’est inspirée de sa propre expé-dition au Mexique, raconte-t‐elle, en entrevue téléphonique. « La première partie du livre est beaucoup de l’autofiction. Les histoires que je raconte sont très semblables à ce que j’ai vécu. J’ai simplifié la ligne de temps, mais autrement, c’est très semblable à mon histoire, celle de mon mari et celle de ma fille. »

Anna Hope
Photo courtoisie

« Nous avons fait face à sept années d’infertilité. Pendant cette période, mon mari s’est impliqué auprès de la nation Wixarikas. Ils ont une lignée interrompue de chamans. Ils n’ont jamais été conquis par les Espagnols. Ils vivaient dans les hauteurs de la Sierra Madre, au Mexique. »

« Lorsqu’ils ont visité le Royaume-Uni, ils nous ont encouragés à participer à une cérémonie. Nous avons prié pour avoir un enfant. Notre fille est née 15 mois plus tard. Je ne dis pas que c’était la seule raison expliquant sa naissance, mais je trouvais ça intéressant, en termes de réciprocité. Pour les gens avec qui nous avons prié, c’était normal, dans l’ordre des choses. »

« Nous sommes allés au Mexique, dans le village de la Sierra Madre, et nous avons présenté notre fille aux gens de la nation Wixarikas. Je connaissais déjà le Mexique. Ce n’était pas un pays inconnu pour moi. Mais cette expérience a été profonde, nouvelle. »

Anna Hope et sa famille ont participé à une autre cérémonie de bénédiction et se sont rendues au fameux Rocher blanc, sur la côte, avec le chaman. 

« Nous étions vraiment dans un paysage mythique. C’était en quelque sorte une initiation dans l’animisme. Quand vous demandez quelque chose et que vous le recevez, vous devez donner quelque chose en retour. Quand nous avons visité San Blas, le village où se trouve le rocher, j’ai découvert toutes ces histoires incroyables. »

D’autres histoires, découvertes en fouillant les archives locales, se sont ajoutées. « Elles n’attendaient qu’à être racontées, je crois. » 

  • Anna Hope est née en 1974 à Manchester, au Royaume-Uni.
  • Après avoir fait des études en arts dramatiques entre Londres et Oxford, elle vit aujourd’hui dans le Sussex.
  • Elle a aussi publié trois autres romans chez Gallimard : Le chagrin des vivants, La salle de bal (Grand prix des lectrices ELLE en 2018) et Nos espérances.
  • Le Rocher blanc (The White rock) est publié simultanément en anglais chez Penguin Books, en Angleterre.

EXTRAIT

« La femme remue sur son siège, les miettes de biscuits salés sur ses genoux tombent par terre. Elle a le dos raide. Tout est raide. La peau tannée par le désert, les lèvres gercées. Elle a veillé toute la nuit dernière autour d’un feu, avec les onze autres passagers de ce minibus, à plus de mille mètres d’altitude dans les montagnes de la Sierra Madre occidentale. Avant l’aube, ils ont jeté de la terre sur les cendres à coups de pied, rassemblé leurs affaires, leurs duvets, leurs couvertures poussiéreuses, leurs chapeaux et leurs sacs, qu’ils ont ensuite descendus, avec les enfants, à flanc de montagne. »

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