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Le miracle des projets pédagogiques particuliers

Le nouveau ministre de l'Éducation, Bernard Drainville
Photo Didier Debusschere Le nouveau ministre de l'Éducation, Bernard Drainville

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Lors des dernières années, j’ai enseigné les mathématiques en première secondaire au régulier et la chimie en cinquième secondaire.

Pendant cette période de ma carrière, j’ai été un témoin privilégié de ce qu’on appelle la transition primaire-secondaire. Selon les chiffres de mon CSS, les jeunes ayant une moyenne inférieure à 72% en maths de sixième année risquent un échec dans leur passage au secondaire. 

Par contre, en ce qui concerne les finissants, il est plutôt rare d’entendre parler de leur transition secondaire-collégial. Pourtant, le phénomène est tout aussi important et préoccupant.

Intégration au cégep

Le Réseau réussite Montréal (RRM) vient de publier un dossier très intéressant à propos de la transition secondaire-collégial (ici). Le parallèle à faire avec la transition primaire-secondaire est fascinant.

«Les élèves qui se préparent aux études postsecondaires font face à d’importants changements sur les plans scolaire, personnel, social et professionnel. Les recherches sur cette transition suggèrent fortement que l’adaptation des jeunes à ces changements est facilitée à la fois par des actions préventives au secondaire et par des actions en cours d’intégration au collégial.»

Selon le RRM, les étudiants qui vivent une intégration positive au cégep sont plus susceptibles de réussir leur première session, reconnue comme déterminante pour favoriser la persévérance. Ils ont également plus de chances d’obtenir un diplôme d’études collégiales et donc d’avoir accès à de meilleures conditions de travail et à une meilleure santé physique et mentale à l’âge adulte.

Facteurs de risque

Le RRM établit cinq facteurs augmentant le risque de vivre une intégration difficile. Certains facteurs, comme les troubles d’apprentissage et de santé mentale, l’appartenance à un milieu défavorisé ou encore le genre, sont peut-être des évidences, mais d’autres peuvent surprendre:

  • Les jeunes qui entrent plus tardivement (à partir de 19 ans) sont plus enclins à abandonner leurs études;
  • Les jeunes dont la moyenne au secondaire était inférieure à 75% et ceux admis sous condition font partie des sous-groupes considérés comme les plus susceptibles d'échouer ou de décrocher.

Les inégalités d’accès

Les jeunes ayant été scolarisés dans les programmes réguliers des établissements scolaires publics sont considérablement moins nombreux à entreprendre des études collégiales que ceux ayant suivi un programme pédagogique particulier (37% c. 68%).

L’élément indispensable à la suite de la découverte d’un tel lien s’avère sa causalité. S’il existe une corrélation entre le programme suivi au secondaire et la poursuite des études collégiales, il faut savoir pourquoi.

La réponse facile dans le cas présent est la suivante: «Parce que les PPP favorisent la réussite».

De fait, les chantres des PPP pensent que la solution évidente à tous les problèmes vécus dans nos classes régulières consiste à offrir des PPP à tous les élèves. La simple présence d’un lien quelconque leur suffit à croire qu’il s’agit d’un remède miracle pour notre système d’éducation.

Ils font fausse route. Le lien de cause à effet s’explique autrement. 

Mais ça, on ne veut pas le reconnaître ni même l’entendre.

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