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Procès d’Harold LeBel: la plaignante participe à un documentaire sur le processus

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Rebondissement majeur au procès d’Harold LeBel alors que la présumée victime est revenue à la barre lundi matin pour être interrogée par la défense sur un projet de documentaire auquel elle participe, une information qui a fuité au cours des derniers jours.

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C’est l’avocat de la défense Me Maxime Roy qui a déposé cette requête après avoir appris mercredi soir dernier ces faits nouveaux et pertinents en lien avec l’affaire. 

Selon les informations dévoilées devant le juge Serge Francoeur lundi matin, la présumée victime participe depuis le début des procédures à l’élaboration d’un documentaire sur son expérience face au processus judiciaire.

Le juge a accordé cette requête à la défense, ce qui a permis à Me Roy d’interroger la plaignante devant les 14 jurés sur ce nouvel élément. Les procureurs de la couronne Manon Gaudreault et Jérôme Simard ont ensuite choisi de ne pas questionner la femme.

«Pas prévu»

D’entrée de jeu, Me Roy a demandé à la plaignante si elle était accompagnée d’une équipe de tournage à Rimouski lors de son témoignage.

«Je n’étais pas accompagnée d’une équipe de tournage durant mon témoignage. J’ai fait des entrevues avant mon témoignage et après», a expliqué la femme, qualifiant le documentaire «d’exercice rigoureux qui décrit les étapes du processus judiciaire».

Elle a expliqué n’avoir pas prévu au départ effectuer une telle démarche, mentionnant que l’idée de voir son identité protégée par une ordonnance de non-publication était ce qui l’avait initialement convaincue de porter plainte.

Or, la journée de l’arrestation du député LeBel l’a fait basculer, expliquant que certains détails mentionnés cette journée-là avaient permis de l’identifier.

«J’ai jamais autant pleuré de ma vie que dans les journées d’après», a témoigné avec émotion la jeune femme, précisant qu’elle avait choisi de faire confiance au système de justice et qu’elle tenait à maintenir l’ordonnance malgré tout.

L’idée d’un documentaire lui a alors été proposée dans les mois suivants par une équipe du Bureau d’enquête de Québécor.

«La seule chose que j’accepterais, c’est si ça démystifie les étapes du processus judiciaire», a expliqué la plaignante. «Je veux que ça serve à ce qu’il y ait moins d’inconnu.

Questionnée par la défense, la femme a souligné n’avoir pas cru bon d’informer les enquêteurs et les procureurs de sa démarche médiatique puisque le projet, prévu pour «le début de 2023», n’interférait pas avec la cause selon elle.

«Je n’ai jamais parlé de la démarche avec l’enquêteur parce que ce n’est pas ma démarche à moi, c’est celle [des journalistes]. [...] Je n’en ai pas parlé parce que ça venait après le procès et que ça n’a rien à voir avec la cause.»

Plaidoiries des deux parties

Pour l’avocat de la défense, ce fait nouveau met en doute la crédibilité de la présumée victime. Devant les membres du jury, Me Roy a plaidé que malgré les efforts constants du tribunal pour protéger l’identité de la plaignante à sa demande, cette dernière acceptait de s’ouvrir dans un documentaire.

«Elle a le droit de participer à un documentaire, ce n’est pas ça le point. Le point, c’est pourquoi ne pas vous l’avoir dit», a soumis Me Roy aux 14 jurés.

«Pourquoi ne pas l’avoir dit aux enquêteurs qui l’accompagnent dans son dossier depuis deux ans et demi ou aux procureurs qui travaillent son dossier soirs et fins de semaine», a ajouté l’avocat, invitant le jury à s’en rappeler «quand vous apprécierez la crédibilité de son témoignage».

En contrepartie, la couronne estime quant à elle que les révélations de lundi matin n’ont que peu à voir avec le fond de l’affaire que les jurés doivent trancher. Me Manon Gaudreault les a invités à se questionner sur «l’impact véritable» qu’ils doivent donner à cette information.

«Regardez la démarche personnelle de cette personne-là depuis le début», a insisté la procureure, citant le refus initial de porter plainte, suivi de démarche avec Juripop, puis de questionnements auprès d’avocats, d’une dénonciation aux policiers et du procès en cours.

«D’autres éléments ont fait en sorte qu’elle a choisi de collaborer à un documentaire dans un objectif précis : démystifier le système de justice et permettre à d’autres de comprendre comment ça marche. Ne trouvez-vous pas que c’est conséquent avec ce qu’elle vous a dit sur ses motivations à finalement porter plainte», a expliqué Me Gaudreault, soulevant que ce fait s’inscrivait dans la «démarche» que la jeune femme fait «depuis le début».

Délibérations repoussées

Ce rebondissement repoussera la séquestration du jury, qui devait initialement recevoir lundi matin les directives finales du juge Francoeur avant de prendre sa décision. Le magistrat doit présenter ses directives en début d’après-midi, après quoi le jury entrera en délibérations.

Rappelons qu’Harold LeBel est accusé d’agression sexuelle sur une femme qui était en visite à Rimouski pour le travail et qui a été hébergée chez l’accusé, qui était un ami.

 

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