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Félix Auger-Aliassime et Alexis Galarneau: une partie de cachette qui avait mal tourné

L’amitié qui unit certains joueurs canadiens à Malaga, en Espagne, date d’aussi loin que leur enfance

Félix et Alexis
Photo courtoisie Les carrières d'Alexis Galarneau (à gauche) et de Félix Auger-Aliassime ont pris des chemins différents, mais ils ne se sont jamais perdus de vue. Les voici à Roquebrune, sur la Côte d'Azur, à Noël 2021.

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MALAGA, Espagne | Une fois, lors d’un tournoi en Autriche, Félix Auger-Aliassime et Alexis Galarneau jouaient à la cachette avec d’autres joueurs. Ils avaient 13 ou 14 ans. Pour s’assurer de ne pas être repérés, ils s’étaient terrés dans la salle d’électricité de l’hôtel. Le personnel n’avait pas apprécié. Si bien que l’un des employés avait... appelé la police. 

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« Il n’était rien arrivé de grave finalement. J’étais plus le tannant et Félix était le plus calme. J’essayais quand même de donner l’exemple, car j’étais un peu plus vieux, mais Félix a toujours été plus discipliné », se souvient Galarneau, 23 ans et l’aîné du duo par un an, un sourire dans la voix. 

Alexis Galarneau (à gauche) et Félix Auger-Aliassime sont rapidement devenus amis, mais ils étaient aussi des rivaux sur le terrain à un très jeune âge. Les voici se serrant la main au filet, au terme d'un match.
Photo courtoisie
Alexis Galarneau (à gauche) et Félix Auger-Aliassime sont rapidement devenus amis, mais ils étaient aussi des rivaux sur le terrain à un très jeune âge. Les voici se serrant la main au filet, au terme d'un match.

«Ce sont de bons souvenirs! On partait en tournois ensemble à travers le monde. On a fait quelques trucs du genre... On a testé les limites de nos entraîneurs aussi, ce qui, je pense, est normal à cet âge», ajoute en riant Auger-Aliassime. 

Elle remonte donc à loin cette amitié entre les deux joueurs québécois. Mais aussi celle qui lie tous les joueurs du Canada présents à cette phase finale de la Coupe Davis, dans la magnifique Malaga. 

Il y a Auger-Aliassime, Denis Shapovalov, Vasek Pospisil, ainsi que Galarneau et Gabriel Diallo, tous deux classés hors du top 200 et qui, à moins d’une blessure ou d’une surprise, ont fait le déplacement à titre de substituts et de partenaires d’entraînements. 

Comme des frères

Si Félix et Alexis se connaissent depuis qu’ils ont 8 et 9 ans, Auger-Aliassime est aussi un bon copain de Diallo. Son père l’a pris sous son aile quand il a été retranché du Centre national de Tennis Canada au début de l’adolescence. 

Diallo considère le sixième mondial «comme un frère», avait dit Sam Aliassime au Journal, lors des Internationaux des États-Unis. 

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Et Félix, lui, a déjà qualifié Pospisil de « grand frère ». Puis, bien sûr, il y a ce lien qui l’unit à Shapovalov, qui a commencé à grimper au palmarès de l’ATP sensiblement en même temps que lui, et avec qui il a gagné le US Open en double chez les juniors, il y a sept ans. 

Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime ont profité d'un peu de temps libre à New York avant leur finale du double junior au US Open 2015. Une finale qu'ils ont remportées.
Photo tirée d’Instagram
Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime ont profité d'un peu de temps libre à New York avant leur finale du double junior au US Open 2015. Une finale qu'ils ont remportées.

« Le meilleur esprit d’équipe »

Cette dernière ronde de la Coupe Davis, qui s’amorcera jeudi pour le Canada, contre l’Allemagne, c’est donc l’histoire d’une gang de « chums » qui sont venus en Espagne pour avoir du plaisir. Et pour gagner, bien sûr. 

Bref, pour gagner en ayant du plaisir. 

« Je pense qu’on a probablement le meilleur esprit d’équipe parmi les huit équipes qui sont là, souligne Galarneau. Je connais moins les autres formations, mais c’est difficile de battre le lien qui unit une équipe qui est composée de gars qui se connaissent depuis qu’ils ont 8 ans. »

Alexis Galarneau, Nicaise Muamba, un autre espoir du tennis canadien, et Félix Auger-Aliassime, en Autriche, en 2013. Est-ce à ce fameux tournoi qu'Alexis et Félix se sont cachés dans la salle électrique d'un hôtel, forçant les employés à appeler la police? « Je ne me souviens pas de cette anecdote dont Félix ne s'est sûrement pas vanté! » a répondu sa mère, Marie Auger.
Photo courtoisie
Alexis Galarneau, Nicaise Muamba, un autre espoir du tennis canadien, et Félix Auger-Aliassime, en Autriche, en 2013. Est-ce à ce fameux tournoi qu'Alexis et Félix se sont cachés dans la salle électrique d'un hôtel, forçant les employés à appeler la police? « Je ne me souviens pas de cette anecdote dont Félix ne s'est sûrement pas vanté! » a répondu sa mère, Marie Auger.

« On a tous joué contre, on a voyagé ensemble, Félix, c’est mon meilleur ami depuis que j’ai 9 ans. Ça se ressent dans le vestiaire et on s’amuse vraiment », précise le joueur de 23 ans, actuel 204e mondial. 

« J’ai moins grandi avec Denis, raconte pour sa part Auger-Aliassime. Mes amis d’enfance, ce sont plus Alexis et Gabriel. Mais avec [Shapovalov], j’ai vécu plusieurs bons moments sur le terrain, depuis qu’on a 15 ans. Donc, c’est bon de se retrouver tous ensemble, ici. »

La victoire, rien de moins

Dans un nouveau format mis en place cette année, la phase finale de la Coupe Davis s’est amorcée mardi, avec un quart de finale entre les Néerlandais et les Australiens. Ce sont ces derniers qui ont atteint le carré d’as, grâce à des victoires en trois manches de Jordan Thompson, 84e mondial, et d’Alex de Minaur, 24e. 

Outre ces nations, ainsi que le Canada et l’Allemagne, les autres pays participants sont les États-Unis, l’Italie, la Croatie et l’Espagne. Tous se sont qualifiés en septembre.

Dans chacune des confrontations, il y aura deux matchs de simple et un double décisif, en cas d’égalité. 

Avec la blessure qui forcé le forfait du numéro 1 mondial Carlos Alcaraz, au grand dam des hôtes, les représentants de l’unifolié comptent sur le joueur le mieux classé du tournoi en Félix. 

Un Félix qui ne vise rien de moins que la victoire, après avoir perdu en finale il y a trois ans, devant les Espagnols. 

Les Canadiens devront toutefois se méfier d’une autre puissance, les Américains, représentés notamment par Taylor Fritz, neuvième, et Frances Tiafoe, 19e. Le seul autre pays qui mise sur deux tops 20 – Shapovalov est 18e –, qu’ils pourraient croiser dès les demi-finales, samedi.

« Oui, évidemment, l’objectif c’est de gagner! lance Auger-Aliassime. Il faut être bon pendant trois jours et le trophée sera à nous. Mais on a vraiment envie de l’emporter. »

Alexis Galarneau vise le top 30

Félix et Alexis
Photo Martin Chevalier

MALAGA, Espagne | Ceux qui étaient assis dans les gradins du stade IGA au mois d’août dernier n’ont pas oublié la chaude lutte qu’a offert Alexis Galarneau au Bulgare Grigor Dimitrov, alors le 19e mondial.

Après cinq saisons dans la NCAA, le Lavallois profitait d’une invitation des l’organisation. Et il l’avait utilisée à bon escient : à sa première présence sur le central, Galarneau avait failli mettre la main sur le deuxième set. Il a craqué au mauvais moment. 

Trois mois plus tard, voilà l’athlète de 23 ans au 204e rang mondial, grâce à ses performances sur le circuit Challenger. Mais Galarneau a dans sa mire des objectifs beaucoup plus élevés. 

« Ce match à Montréal, il m’a donné un gros “boost” de motivation. Cette année, mon but était d’avoir le classement nécessaire pour participer aux qualifications des tournois du Grand Chelem, et ça, je l’ai réussi, souligne-t-il. Pour la saison prochaine, je vise le top 100. Je pense que c’est réalisable. »

Félix et Alexis
Photo AFP

« Mais à long terme, j’aimerais être dans le top 30 », ajoute-t-il. 

Un entraîneur en Europe

Le Québécois s’entraîne maintenant avec un Français basé à Milan, Yannick Dumais, qui voyage avec lui pendant par tranches de quelques semaines. Le reste du temps, le travail se fait à distance. Une formule qui fonctionne bien, se réjouit Galarneau. 

Il profite aussi des occasions comme la Coupe Davis, où il a été invité à titre de substitut pour poursuivre son apprentissage. 

Car à moins d’une blessure chez l’un des trois titulaires – Félix Auger-Aliassime, Denis Shapovalov et Vasek Pospisil, tous dans le top 100 –, ni Galarneau ni Gabriel Diallo ne devraient voir d’action à Malaga.

Plus stressant que de jouer

Ils sont là comme partenaires d’entraînements et également, pour être « les meilleurs coéquipiers possible », explique Alexis. La Coupe Davis a cette particularité de permettre aux athlètes d’être sur le banc pour encourager les joueurs sur le terrain.

Ce qui, reconnaît Galarneau, « est presque aussi stressant que de jouer! »

Félix et Alexis
Photo Martin Chevalier

« Côtoyer Félix et Vasek, qui sont de bons exemples, voir leur routine, la manière dont ils jouent les points importants, c’est un bon apprentissage », pointe-t-il. 

Mais s’il peut voir Auger-Aliassime davantage cette semaine, les deux grands amis n’ont jamais perdu le contact.

« On essaye de regarder nos matchs respectifs. Parfois, je profite du moment où il reçoit ses soins après une rencontre pour lui écrire », dit Galarneau. 

« On comprend tous les deux qu’on est occupés, alors des semaines comme celles-ci, ça nous sert un peu de retrouvailles. »

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