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Mort du pompier Pierre Lacroix: manque d’équipements et de formations au SIM, plaident deux pompiers

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Deux pompiers de Montréal qui ont participé du rivage aux recherches de leur collègue mort noyé lors d’un sauvetage nautique l’an dernier ont déploré manquer d’équipements et de formations pour effectuer ce type d’opérations. 

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« On ne va pas pratiquer dans les zones dangereuses. Ça prend une formation spécifique en eaux vives », a laissé tomber Sylvain Dominique, lieutenant du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM).

Ce matin, les audiences publiques du Bureau du coroner concernant le décès du pompier Pierre Lacroix se poursuivaient au palais de justice de Joliette.

L’homme de 58 ans a péri le soir du 17 octobre 2021, quand trois de ses collègues et lui ont tenté d’aller secourir un duo de plaisanciers qui s’étaient aventurés insoucieusement sur le fleuve Saint-Laurent, alors que le soleil se couchait.

Près des rapides de Lachine où le courant se veut intense, l’embarcation des sauveteurs a chaviré aux alentours de 20 h, piégeant par le fait même le pompier qui approchait de la retraite.

Appel au 911 - les plaisanciers en panique

Des caméras sous-marines

Les trois autres sapeurs et les plaisanciers s’en sont heureusement tirés. Cependant, le corps de M. Lacroix n’a été repêché que des heures plus tard, vers 3h du matin, à l’aide de caméras du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui permettent d’observer sous les bateaux.

« Je n’étais pas au courant que le SPVM avait cet équipement-là. Sinon, on l’aurait demandé le plus tôt possible », a déploré le lieutenant Dominique, qui a confié avec émotions avoir été excessivement bouleversé par la perte de son collègue.

Le pompier a aussi soulevé le fait de ne pas s’être senti « assez équipé » pour effectuer ce type de missions périlleuses.

« Il nous manquait du matériel, une carte nautique. On n’a pas de carte du plan d’eau, on n’a pas de carte de non-navigabilité », a-t-il énuméré, entre autres choses.

Son collègue, le chef aux opérations Érick Chaput, qui a aussi témoigné ce matin, a également fait savoir qu’il y avait un manque au chapitre des cartes nautiques.

« Ça prend des radios qui fonctionnent dans l’eau. Des balises personnelles. Des radios qui sont dans les vestes de sécurité », a poursuivi le lieutenant Dominique.

Plan brouillon

Ce soir-là, celui qui faisait partie du poste de commandement dit avoir lancé « plein de demandes » aux divers intervenants, sans obtenir de retour d’appel.

La coroner Géhane Kamel a d’ailleurs évoqué ce matin qu’elle attendait avec impatience qu’un témoin lui explique qui était en charge du plan de recherches.

Ses nombreux questionnements jusqu’à maintenant démontrent qu’elle semble le trouver brouillon, avec de multiples lacunes au chapitre des communications.

« Pour moi, ce plan de recherches, il est crucial. Il faut que quelqu’un soit capable de répondre à ‘’qui fait des recherches où?’’ », s’est inquiétée Me Kamel.

Métier à risques

Le lieutenant Dominique a souligné qu’il est « facile, aujourd’hui » de constater ce qui aurait pu être fait différemment, ou mieux, lors de l’opération.

Il a voulu rappeler que le métier de pompier comporte ses risques, et qu’il serait pratiquement impossible de retenir l’un d’entre eux lors d’un sauvetage nautique, et ce, quels que soient les dangers ou les problèmes de communication.

« Un sauvetage, c’est rarement fait dans les règles. C’est fait sur la ligne. On prend une chance, on y va. Des fois, on est chanceux, des fois, on n’est pas chanceux. Je ne connais pas un pompier qui dirait non », a-t-il lancé, à la défense de sa profession.

Ce dernier a toutefois ajouté qu’il devrait y avoir des formations pour les membres de postes de commandement. Il a précisé n’avoir été convoqué à aucune réunion post-mortem du SIM depuis les évènements.

  • Par ailleurs, le parti Ensemble Montréal a déposé une motion à la séance du conseil municipal de ce matin afin de demander à l’administration de la Ville de mettre en place des mesures de prévention dans les rapides de Lachine, à la suite du décès de M. Lacroix.
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