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L’absolution de Simon Houle est remise en question

Il est accusé d’un bris de probation pour un événement survenu à Cuba

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L’ingénieur de Trois-Rivières qui s’en était sorti sans casier judiciaire pour une agression sur une femme saoule risque de voir son absolution être annulée en raison d’une nouvelle accusation de bris de probation.

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« Le 4 juillet 2022 [...] il a omis ou refusé de se conformer à l’ordonnance de probation, soit ne pas troubler l’ordre public et avoir une bonne conduite », peut-on lire dans la sommation visant Simon Houle.

Houle, 31 ans, avait fait les manchettes cet été alors qu’il avait obtenu une absolution conditionnelle après avoir avoué une agression sexuelle sur une amie saoule, en plus d’avoir photographié les parties intimes de la femme.

L’absolution de Houle était toutefois conditionnelle au respect d’une probation

Simon Houle, lors de son voyage à Cuba, après avoir obtenu l’absolution pour une agression sexuelle.
Photo courtoisie
Simon Houle, lors de son voyage à Cuba, après avoir obtenu l’absolution pour une agression sexuelle.

Or, juste après s’en être tiré, l’agresseur sexuel s’est envolé à Cayo Coco, à Cuba, dans un tout-inclus. Et là-bas, il aurait récidivé sur une Québécoise en vacances. 

Pendant qu’elle marchait avec des amis, Houle lui aurait empoigné une fesse sans raison.

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À son retour au pays, Vickie Vachon avait porté plainte à la police, ce qui a mené à l’accusation de bris de probation.

« Je suis soulagée de la décision prise par le DPCP », a dit la femme au Journal, sans pouvoir commenter davantage pour des raisons légales.

Houle devra se présenter à la cour le mois prochain pour répondre de cette nouvelle accusation. 

Décision discutable

Dans sa décision d’absolution, le juge Matthieu Poliquin avait noté que l’agression s’était déroulée « somme toute rapidement », et que l’état d’intoxication par l’alcool de l’accusé « peut permettre d’expliquer un comportement ».

Le juge avait ensuite décrit Houle comme une « personne de bonne moralité » tout en portant une attention particulière à l’impact qu’un casier criminel pourrait avoir sur sa carrière d’ingénieur.

Ces commentaires avaient créé un tollé auprès de la population. Des citoyens avaient porté plainte au Conseil de la magistrature, tandis que le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait porté la cause en appel. 

La Couronne reprochait entre autres au juge d’avoir tenu des propos qui « tendent à excuser ou déresponsabiliser » Houle, en plus d’avoir mal évalué les facteurs à prendre en compte dans une sentence.

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Le juge s’en tire

De son côté, le juge Poliquin n’aura pas de répercussions pour sa décision, puisque le Conseil de la magistrature a déterminé que les plaintes à son égard étaient « non fondées » et qu’il n’avait ainsi commis aucune faute déontologique.

« Les propos tenus par le juge dans son jugement sont abjects, pouvait-on lire dans une des plaintes. Dans un contexte social où on tente de faire regagner la confiance des victimes d’agressions sexuelles envers la justice et le système, les mots employés sont insensibles, misogynes et donnent froid dans le dos. »

Une autre citoyenne s’était dite « sidérée » par les propos du juge, dénonçant des arguments « qui n’ont aucun sens ».

Mais si le Conseil de la magistrature reconnaît que « chacun est libre d’exprimer des opinions et des critiques sur les décisions des tribunaux », il ne pouvait répondre à ces griefs.

« Le Conseil de la magistrature n’est pas un organisme d’appel ou de révision, il ne peut d’ailleurs exprimer quelque commentaire approbateur ou désapprobateur sur la justesse d’une décision rendue », peut-on lire dans la décision.

– Avec Frédérique Giguère

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