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La pénurie de main-d'œuvre complique l'organisation des partys de bureau

Les entreprises devront encore s’ajuster pour organiser des fêtes de fin d’année à leurs employés

GEN - ÉRIC REYNAUD DE GISÈLE GAUTHIER TRAITEUR
Photo Martin Alarie Eric Reynaud, propriétaire de Gisèle Gauthier traiteur, manque de bras et ne peut pas répondre à toute les demandes qu’il reçoit pour les Fêtes de fin d’années, alors que son équipe s’active déjà en cuisine.

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La folie des partys de bureau après deux ans de pandémie est minée par la pénurie de main-d’œuvre qui oblige plusieurs traiteurs et locateurs de salles à refuser des clients ou à faire des compromis.

«C’est assez phénoménal, là on est dans une course contre la montre parce que les gens magasinent [leur party de bureau]. On a nos clients, il y en a aussi de nouveaux qui veulent faire affaire avec nous, mais on ne peut pas répondre à toute la demande. C’est ultra frustrant», explique Eric Reynaud, propriétaire de Gisèle Gauthier traiteur.

Le téléphone ne dérougit plus pour ce service de traiteur, dont le commerce a pignon sur rue Saint-Denis, à Montréal. 

GEN - ÉRIC REYNAUD DE GISÈLE GAUTHIER TRAITEUR
Photo Martin Alarie

Après deux ans de pandémie, les gens ont hâte de festoyer, mais l’entrepreneur manque de bras. Il se désole de ne pas être en mesure de fournir tous les clients qui le contactent.  

GEN - ÉRIC REYNAUD DE GISÈLE GAUTHIER TRAITEUR
Photo Martin Alarie

«Si j’étais à pleine capacité [en ce qui a trait au personnel], je pourrais facilement faire de 30 à 35 % plus de commandes», ajoute-t-il.

L’entrepreneur qui a pensé fermer boutique au plus fort de la pandémie se réjouit malgré tout de cet important engouement pour ses services. 

GEN - ÉRIC REYNAUD DE GISÈLE GAUTHIER TRAITEUR
Photo Martin Alarie

Complets

Pour servir toutes ces bouchées dûment préparées, il faut du personnel. 

Alors, pour pallier la pénurie, plusieurs traiteurs doivent faire affaire avec des agences qui louent les services de serveurs à l’heure.

GEN - ÉRIC REYNAUD DE GISÈLE GAUTHIER TRAITEUR
Photo Martin Alarie

L’agence Sacrée soirée en est une bien populaire à Montréal, mais elle non plus n’est pas épargnée par le manque de travailleurs.

«C’est vraiment une année particulière. Actuellement, nous sommes complets pour plusieurs dates», lance Florentin Lepoittevin, directeur du développement de l’agence.

Ce dernier manque lui aussi de serveurs et de cuisiniers.

Et les salles de réception sont, elles aussi, particulièrement sollicitées à l’approche des Fêtes, si bien que plusieurs affichent déjà complet.

L’Hôtel Mortagne offre 20 salles de réception pratiquement toutes réservées pour des partys de bureau en décembre.

Importante logistique

Pour répondre à un aussi grand nombre d’événements en simultané, une importante logistique doit être respectée. 

«Il faut jongler. Parfois, on parle aux clients, on regarde ce qu’on peut faire pour bien les accommoder», soutient Marc Paca, directeur des communications de l’hôtel, situé à Boucherville.

Selon M. Paca, les mêmes serveurs peuvent couvrir plusieurs salles lors d’une même soirée afin de rendre le service d’alcool et de nourriture le plus efficace possible. 

Les planificateurs d’événements devront aussi prévoir le coup pour égayer leur soirée en musique puisque plusieurs DJ affichent déjà complet. 

C’est le cas de Ridge Dadoun, propriétaire de RD Events.

«Presque tout réservé, je suis complet jusqu’à la fin du temps des Fêtes», lance-t-il entre deux appels. 

L’entrepreneur explique même que les clients ont réservé jusqu’à 4 mois en avance cette année. 

L’inflation perturbe aussi les célébrations 

La hausse des salaires et du coût de nombreux produits donne des maux de tête aux organisateurs de partys de bureau et autres célébrations du temps des Fêtes.

«Tout augmente, il n’y a pas une facture qui est identique de semaine en semaine, même les emballages, les cure-dents, tout», relate Eric Reynaud, propriétaire de Gisèle Gauthier traiteur à Montréal. 

Selon l’entrepreneur, les préoccupations pécuniaires de la part des clients sont plus présentes lorsqu’ils planifient leurs célébrations du temps des Fêtes. 

Le Journal s’est entretenu avec plusieurs traiteurs qui faisaient le même constat.

«Certaines personnes nous contactent pour connaître nos tarifs, mais ne font pas affaire avec nous parce que nos repas sont au-delà de leur budget», ajoute M. Reynaud.

Un service dispendieux

Pour réduire les tarifs qu’il propose, M. Reynaud suggère souvent l’option de buffet qui soustrait le coût lié au service.

«Les tarifs des agences pour avoir un serveur sont passés de 29 $ à 41 $ l’heure [...] Ça alourdit les dépenses», soutient-il. 

L’agence de placement de personnel spécialisé en restauration Sacrée Soirée relate aussi un changement chez sa clientèle.

«On sent qu’il y a des coupes [...] les budgets ne sont pas les mêmes», mentionne Florentin Lepoittevin, directeur du développement des affaires de l’entreprise montréalaise.

Hausse chez les DJ

Le prix des services offerts par les DJ a aussi dû augmenter pour demeurer viable. 

La hausse du prix de l’essence pèse sur les nombreux déplacements qui doivent être effectués.

Les salaires ont aussi été augmentés afin d’assurer une stabilité financière aux employés qui ne travaillent pas toujours dans des conditions idéales. 

«On a beaucoup de demandes, mais les gens me disent parfois que ça n’entre pas dans leur budget», explique Salvatore Randazzo, propriétaire de Divertissement Goldstar DJ, une entreprise montréalaise.

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