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On achève bien les péquistes (suite)

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Photo d'archives, Agence QMI Malgré l’excellente campagne de Paul St-Pierre Plamondon, sans réforme du mode de scrutin, le PQ semble être condamné à une quasi-invisibilité.

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Le 3 octobre, le Parti Québécois s’est acheté la possibilité de survivre. Exister pleinement à l’Assemblée nationale comme formation politique s’annonce toutefois nettement plus ardu.

Réduit à trois députés et à 14,61 % des voix, avec 600 708 votes, le PQ a pourtant réussi à dépasser le score des libéraux en nombre de voix. À cause du mode de scrutin, le PLQ conserve néanmoins son précieux titre d’opposition officielle.

À vrai dire, le sort qui attend le PQ durant le prochain mandat s’annonce pénible. 

À six jours du retour des élus au Salon bleu, la dure bataille qu’il doit mener pour convaincre les autres partis de lui accorder les ressources nécessaires pour faire son boulot correctement le confirme.

Pour les péquistes, la réalité est brutale. Malgré l’excellente campagne menée par son chef, Paul St-Pierre Plamondon, sans réforme du mode de scrutin, le PQ semble être condamné à une quasi-invisibilité.

Pour exister dans l’arène, il lui faudra donc ramer fort. Face à la domination de la Coalition Avenir Québec et l’impatience de Québec solidaire, c’est une vaste commande.

Électeurs souverainistes déçus

Surtout que la situation actuelle n’est pas de génération spontanée. 

Depuis le référendum de 1995, le déclin du PQ est une tendance lourde. La première victoire de la CAQ en 2018 l’aura même accéléré.

Puisque la CAQ « nationaliste » s’était tout d’abord nourrie d’électeurs souverainistes déçus du PQ, cela n’a rien de surprenant. 

Le rêve d’un Québec indépendant devenant une impossibilité mathématique et politique, leur mouvement de bascule vers la CAQ s’est d’autant plus accentué.

Avec la création de la CAQ, François Legault a donc atteint son but initial. Lequel était de déloger le PQ, son ancien parti, comme solution de rechange au PLQ. 

Mieux encore pour la CAQ, elle a même fini par rafler l’appui de nombreux francophones fédéralistes, déçus à leur tour du PLQ. Tout un doublé.

Le flirt avorté

Les difficultés du PQ ne s’arrêtent pas là. Québec solidaire veut aussi sa peau. Après le bref flirt avorté en 2017 visant une alliance stratégique avec le PQ, QS mise tout autant que la CAQ sur sa marginalisation croissante.

Au lendemain de ce rejet par les membres de QS du projet de « convergence » avec le PQ, j’avais expliqué qu’en politique, face à un adversaire affaibli, il existe deux approches possibles.

Soit qu’on ne tire pas sur l’ambulance. Soit qu’on en profite pour l’achever. En refusant tout pacte électoral avec le PQ, les solidaires ont choisi la deuxième. Le titre de ma chronique ? « On achève bien les péquistes »...

À l’époque, des sondages indiquaient pourtant qu’une alliance PQ-QS, sans qu’il y ait fusion, obtenait un appui substantiel dans l’électorat. Le même phénomène perdure aujourd’hui.

Or, la mort en 2017 du projet de convergence a laissé derrière elle de profondes inimitiés entre les deux partis. Même la proximité de Paul St-Pierre Plamondon et Gabriel Nadeau-Dubois sur plusieurs enjeux n’y fait rien.

La chute vertigineuse du PLQ au sein de l’électorat francophone risque aussi de convaincre les solidaires qu’aux élections de 2026, ils pourraient ravir seuls au PLQ son statut d’opposition officielle.

En attendant ? La CAQ, le PLQ et QS s’entêteront-ils en plus à priver le PQ des ressources dont il a besoin pour bien représenter ses électeurs ?

Si oui, ils prendraient peut-être plaisir à continuer d’achever le PQ. La démocratie québécoise en sortirait toutefois la plus durement amochée.

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