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Trudeau joue un jeu dangereux face à la Chine

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Nous devrions tous être rassurés. L’intégrité des élections fédérales de 2019 n’a pas été entachée par les tentatives d’ingérence de la Chine.

C’est du moins ce que promet Justin Trudeau. 

Voilà. Dossier clos. Il faudrait le croire sur parole.

Le premier ministre persiste et signe. Jamais il n’a été informé d’allégations, mises au jour par Global News, selon lesquelles la Chine aurait financé de manière occulte 11 candidats lors de la campagne de 2019.

À ceux qui osent poser des questions, et elles sont nombreuses, il leur reproche de jouer le jeu du géant chinois. 

Si seulement c’était si simple.

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Grand brouillard

Le gouvernement Trudeau a fait le pari de pelleter cette histoire d’ingérence électorale chinoise dans la cour d’un comité parlementaire. 

Défileront hauts fonctionnaires et espions qui seront tous liés par le secret afin de préserver la sécurité nationale. Les rapports seront fortement caviardés. On a déjà joué dans ce film-là.

Or c’est la responsabilité du premier ministre de rassurer les Canadiens. 

Pour commencer, pourquoi s’être vanté d’avoir affronté le président Xi Jinping sur les tentatives d’ingérence de la Chine, la semaine dernière, si celles-ci ne posent pas une menace sérieuse ?

S’il n’a pas été informé du financement clandestin de 11 candidats, a-t-il été mis au parfum d’autres efforts de la Chine ? Et qu’en est-il des élections de 2021 ?

Surtout, Justin Trudeau a le devoir d’expliquer aux Canadiens pourquoi il est convaincu que notre processus électoral a résisté aux efforts d’États étrangers pour le déstabiliser.

De marteler que « l’intégrité de nos élections n’a pas été compromise » ne suffit pas. Les Canadiens sont en droit de savoir comment et pourquoi.

Or, en refusant de faire preuve d’un minimum de transparence, il joue un jeu dangereux. Ses réponses incomplètes ne font qu’alimenter les soupçons. 

Pire, en accusant l’opposition de céder aux tentations du négationnisme électoral à la Donald Trump, il ne fait que mettre de l’huile sur le feu.

Prévenir

Les conservateurs ont longtemps blâmé les efforts de désinformation de la Chine auprès de la diaspora pour la défaite de leur député Kenny Chiu en Colombie-Britannique aux dernières élections.

Pourquoi lui ? Il avait déposé un projet de loi pour doter le Canada d’un registre des agents étrangers, forçant toutes les personnes agissant pour le compte d’un pays tiers de s’enregistrer. 

Les États-Unis ont une loi semblable depuis les années 1930. L’Australie leur a emboîté le pas en 2018 justement en réponse aux tactiques illicites de la Chine.

Ne serait-il pas temps pour le Canada de faire de même ?

Surtout, n’est-il pas grand temps de mettre enfin à jour la Loi sur le Service canadien de renseignement de sécurité, qui date de la guerre froide ?

Les signaux d’alarme sont assez nombreux. Le Canada n’a plus le luxe de lutter contre les menaces du 21e siècle avec des outils d’une autre époque. 

Escamoter ce débat sous prétexte de protéger la sécurité nationale comme le fait le gouvernement équivaut à se mettre la tête dans le sable.

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