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Victor-Lévy Beaulieu se voit refuser le Grand prix de la langue française en raison de son état de santé

Victor-Lévy Beaulieu
Photo d'archives Victor-Lévy Beaulieu

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Victor-Lévy Beaulieu a failli devenir le premier Québécois à remporter le Grand Prix de la langue française remis par les Académies française et Goncourt. On a refusé de lui remettre cette distinction associée à une bourse de 10 000 euros, parce qu’il était dans l’impossibilité, en raison d’ennuis de santé, de se rendre en France.

Diminué physiquement depuis quelques années, en raison du syndrome post-poliomyélite, l’auteur et dramaturge, qui se déplace en fauteuil roulant, était incapable d’assister à la 40e édition de la Foire du livre de Brive pour recevoir ce prix.

« C’était une condition sine qua non. J’ai dû refuser. Je suis en fauteuil roulant et je ne sors pas souvent », a-t-il fait savoir, lors d’un entretien téléphonique.

Les organisateurs n’ont pas voulu faire une exception pour l’homme de 77 ans qui souffre d’un syndrome qui attaque son système musculaire et sa mobilité.

« J’ai tenté de leur expliquer, mais ils n’ont pas eu l’air de comprendre. C’est fâchant. C’est une décision un peu imbécile », a-t-il laissé tomber. 

Court délai

Victor-Lévy Beaulieu a appris le 30 octobre qu’il remportait cette distinction pour l’ensemble de sa carrière. Ce prix est remis à une personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique, dont l’œuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française.

« Je devais absolument être sur place entre le 4 et le 6 novembre. Il aurait fallu aussi que je me fasse faire un passeport. C’était très serré », a-t-il mentionné. 

Le prix, remis par un jury de 10 personnes, constitué d’écrivains et de journalistes, dont Dany Laferrière, a été remis à l’auteure Nathacha Appanah, originaire de l’île Maurice. 

Victoire morale

Au bout du fil, l’auteur de Trois-Pistoles n’est pas en furie. La voix est calme. 

« Ce sont de vieilles conditions qui s’apparentent à du colonialisme culturel. Je ne sais pas d’où ça vient. Ils ne sont pas très rapides à changer les choses. Si tu donnes un prix, tu le donnes », a-t-il fait savoir.

Victor-Lévy Beaulieu serait devenu le premier Québécois à remporter ce prix créé en 1986. Bernard Pivot, Annie Ernaux, Jean-Paul Kauffmann et Emmanuel Carrère ont déjà reçu cette distinction. 

« C’est très frustrant parce que c’était une première pour un écrivain québécois. Ça démontrait une ouverture envers la culture québécoise, ce qui n’arrive pas souvent, malgré ce qu’ils disent », a-t-il dit. 

Au-delà de cette déception, Victor-Lévy Beaulieu accepte la chose comme une victoire morale. Ce prix lui a tout de même été décerné avant qu’on le lui retire. 

« Je suis content de cette reconnaissance. C’est une grande victoire pour l’apport des auteurs québécois à la langue française », a-t-il précisé. 

Sans cette sortie de l’écrivain québécois, la chose serait demeurée sous silence. 

« J’espère que ma sortie va contribuer à changer les choses », a dit l’auteur qui lancera, dans quelques semaines, un 97e ouvrage intitulé Poisson d’octobre en maraude chez les francs Gaulois

Le Journal a tenté, sans succès, d’obtenir une réaction de Dany Laferrière, qui faisait partie du jury et qui est membre de l’Académie française.

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