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Le bilinguisme officiel en phase terminale au Canada

Le bilinguisme officiel en phase terminale au Canada
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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Notre entêtement collectif au Québec à vouloir nous souvenir à tout prix de notre identité francophone choque, dérange et enrage de nombreux néo-Québécois et néo-Canadiens. 

En fait, plus nous résistons en perpétuant l’expression «Québécois de souche», plus nous pervertissons l’esprit du Canada postnational.

Il faut l’admettre, Justin Trudeau, qui rêve maintenant d’un Canada de 100 millions d’habitants d’ici la fin du siècle, a même dépassé les propres rêves de son père.

Ce dernier, issu d’une mère anglophone et d’un père francophone de souche, a cru contrer l’élan souverainiste du PQ en instaurant un bilinguisme officiel au Canada. Or, ce bilinguisme a été une façade qui permettait au «French power» de survivre le temps que survivent les roses, lesquelles décoraient la veste de PET tout au long de son mandat. 

Infériorité

Son mandat s’est perpétué à travers les successeurs de Trudeau, en particulier avec Jean Chrétien, le «p’tit gars de Shawinigan» qui en a mené large en s’attribuant l’expression diminutive pour ne pas décevoir le Canada anglais, enclin, hier comme aujourd’hui, à diminuer «son peuple». Ce peuple québécois qui qualifiait leur chef charismatique René Lévesque de «Ti Poil». C’était un terme qui se voulait affectueux, mais qui révélait le complexe d’infériorité historique et psychologique des Canadiens français, même rebaptisés Québécois. 

Parlons sans ambages. Le bilinguisme officiel du Canada est en phase terminale. Cessons de nous étonner devant des hauts fonctionnaires fédéraux francophones qui choisissent de parler l’anglais au travail. 

Pensons-y. Un fonctionnaire qui oserait s’acharner à se servir du français dans une réunion de travail où les anglophones sont majoritaires et où la traduction n’existe pas est certainement conscient du fait qu’il peut nuire à son cheminement professionnel et à une promotion éventuelle. D’autant plus que les diktats actuels du gouvernement Trudeau en matière d’emplois jouent en faveur des racisés, des LGBTQ+, des autochtones et autres minorités culturelles.

Technologie

Les jeunes Québécois qui ont traversé le système d’éducation depuis 25 ans n’ont baigné ni dans l’eau bénite ni dans le nationalisme péquiste. Ce sont les chantres de la culture technologique. Les réseaux sociaux les ont façonnés, et l’individualisme auquel ils ont été biberonnés a effiloché peu à peu leur sentiment d’appartenance collective. 

Pourquoi valoriser la mémoire ancienne lorsqu’un clic sur le téléphone qualifié d’intelligent fait apparaître des pans d’histoire en une seconde? Une histoire au présent, souvent en anglais, et vite dépassée par le clic suivant. 

Pour trop de Québécois d’aujourd’hui, la langue française est une langue déclassée et désuète. La preuve en est que les nouveaux artistes québécois ont troqué leur nom de scène pour un nom en anglais ou même une formule chimique, en s’inspirant de leur idole Elon Musk.

Chaque jour, la nécrologie publiée dans les journaux indique que la mémoire de l’ancienne époque et de la langue française monte au ciel avec ceux qui s’éteignent. 

Selon Statistique Canada, en 2036, le Québec comptera moins de 20% de francophones alors que l’Ontario comptera le double de la population du Québec. 

Ainsi les Québécois de souche oublieront-ils même leur devise «Je me souviens»? 

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