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Piratage d’appareils informatiques: début des témoignages des victimes au procès de l’«espion des vedettes»

Pascal Desgagnés
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés Pascal Desgagnés

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Les premières victimes présumées de l’espion du web Pascal Desgagnés ont témoigné jeudi, insistant sur le stress que leur a causé le vol de leurs données personnelles en plus de photos et de vidéos privées.

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La première plaignante, une professionnelle de la santé dans la mi-vingtaine, n’a pris aucun détour pour décrire la peur qui l’a habité au cours des dernières années. Rappelons que Pascal Desgagnés, un informaticien, est accusé d’avoir obtenu illégalement des données personnelles provenant d’appareils de plusieurs personnalités publiques et d’autres personnes qui ne sont pas connues.

«De savoir que quelqu’un avait mon adresse alors que je vivais toute seule en appartement, j’étais très craintive», a confié la jeune femme qui s’est fait dérober l’ensemble de ses données personnelles, allant de son adresse et ses mots de passe jusqu’à une photo de son passeport.

Elle a décrit à la juge Rachel Gagnon le sentiment de vertige qu’elle a ressenti lorsque les enquêteurs lui ont présenté le dossier à son nom retrouvé dans l’ordinateur de l’accusé.

«J’ai été très frappée par la fiche qui contenait toutes mes informations. Je me suis dit à ce moment-là : ‘’Il peut m’arriver quelque chose’’», a raconté la jeune femme qui a répondu avec aplomb aux questions du procureur de la couronne Michel Green.

À chacune des photos présentées, la plaignante a décrit l’image, ajoutant systématiquement que «c’était privé».

Grand stress

Copier-coller pour les deux autres témoignages entendus en matinée jeudi. Deux autres jeunes femmes dans la vingtaine, contactées par des policiers à l’automne 2018 pour les informer d’un vol d’identité.

À la première rencontre avec les enquêteurs, le choc.

Identifiants de réseaux sociaux, mots de passe, photos et vidéos jamais partagées, échange de textos ou courriels avec des proches, leur vie se trouvait dans les fichiers saisis dans l’ordinateur de l’espion.

«Il y a vraiment un stress qui m’est venu. On fait confiance, on met nos choses dans notre cellulaire pour ne pas laisser trainer ça sur des papiers. [...] De savoir que quelqu’un avait accès à toutes mes choses, je ne suis vraiment pas à l’aise», a raconté la deuxième plaignante, rappelant que l’on met tous des informations sensibles dans nos cellulaires. «On peut utiliser le calendrier pour dire à quel endroit on est, à quelle heure. C’est très confidentiel.»

Stress et peur ont aussi été les conclusions du témoignage de la troisième présumée victime. «C’était beaucoup d’anxiété», a-t-elle admis à la juge.

L’entourage aussi impacté

Et les conséquences ne se sont pas fait seulement sentir pour ces jeunes femmes. Leurs proches ont aussi été impactés a rappelé la jeune professionnelle de la santé qui lancé le bal des témoignages jeudi matin.

«Il y a aussi le fait que ça ne touchait pas juste moi, mais aussi beaucoup de mes proches et de mes amies», a-t-elle souligné.

Des photos de certaines de ses amies en maillots de bain se trouvaient dans les fichiers récupérés. Une photo de son père et elle, prise dans le cadre d’une consultation à son travail également.

La deuxième témoin a quant à elle expliqué à la cour que des informations sur un ancien employeur se trouvaient dans son téléphone et donc par le fait même, dans le iCloud qu’on lui a dérobé. On y trouvait notamment le code du système d’alarme de l’endroit ou des procédures pour accomplir certaines tâches. Le numéro de carte de crédit de son conjoint a aussi été retrouvé dans les fichiers.

Les témoignages doivent se poursuivre en après-midi jeudi.

Plus de 500 autres noms cités

D’autre part, comme le révélait Radio-Canada mercredi, des traces de fichiers identifiés au nom de plus de 500 autres personnes ont été découvertes dans les ordinateurs de Desgagnés.

Parmi ceux-ci, des noms bien connus tels que des joueurs et anciens des Canadiens comme Carey Price, Brendan Gallagher, Philip Danault et Josh Gorges, des personnalités du monde du spectacle comme Charlotte Cardin, Louis-José Houde et Maripier Morin ou des influenceuses, notamment les anciennes participantes d’Occupation Double Trudy Simoneau et Jessika Dénommée.

Or, ces fichiers avaient été supprimés et c’est une liste récupérée par l’enquêteur au dossier qui a permis d’établir leur existence, sans toutefois permettre d’affirmer que des données personnelles y ont déjà été jointes.

C’est pourquoi l’identité de ces 500 personnes supplémentaires n’est pas protégée par l’ordonnance de non-publication, puisqu’elles ne sont pas considérées comme des victimes.

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